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Ultra-Trail : des quinquas se lancent sur cette course de 166 km autour du Mont-Blanc

Pour "explorer ses limites personnelles"

"Il me reste 116 kilomètres, j'espère pouvoir tenir le coup": à 54 ans, Eric Bouisset fait l'Ultra-Trail, une course de 166 km autour du Mont-Blanc pour "explorer ses limites personnelles", à l'image d'un grand nombre de coureurs quinquagénaires qui participent à l'aventure.

Samedi, 3H00 : après plus de huit heures d'épreuve sur des sentiers pentus et rocailleux, le franchissement de deux cols, dont l'un à près de 2.500 mètres d'altitude, cet ingénieur au CNRS, venu de la région parisienne, s'interroge néanmoins sur sa "capacité à supporter la douleur" jusqu'au bout. Depuis des mois, avec sa compagne Sylvie Apruzzese, 50 ans, secrétaire de direction, ils préparent l'Ultra-Trail Mont-Blanc (UTMB) au prix d'"un certain nombre de sacrifices" pour assouvir leur "passion pour la course".

"C'est devenu une obsession. On parle UTMB, on réfléchit UTMB", dit Eric, qui, lors de ses congés, est venu reconnaître le parcours de cette course en pleine nature ("trail"), considérée comme l'une des plus difficiles au monde. Les spécialistes mondiaux du trail, parmi lesquels l'Italien Marco Olmo, 59 ans, bouclent les 166 kilomètres, les 9.500 mètres de dénivelé positif (montée) en un peu plus de vingt heures.

Mais la grosse majorité des coureurs, à l'instar d'Eric, partis vendredi soir et qui achèveront le périple dans les temps impartis (46 heures), arriveront dimanche matin à Chamonix, au bout de deux nuits blanches. Parmi les 2.300 participants, entre 10 et 20% sont quinquagénaires, la moyenne d'âge étant de 43 ans.

"L'Ultra-Trail suscite un effort très long sans performance cardio-vasculaire particulière", souligne un docteur de la course, Jean-Pierre Herry. "On a pas mal de cadres qui, à 50 ans, éprouvent le besoin de se prouver des choses", poursuit-il. "C'est un âge où on se dit qu'on peut encore repousser le temps de la vieillesse", dit Philippe (1ère participation), cadre quinquagénaire dont l'objectif est de "passer la ligne d'arrivée sans être détruit" physiquement.

Eric parle d'un "voyage avec lui-même" lors duquel il découvre "des limites qu'il n'avait jamais franchies". L'Ultra-Trail satisfait aussi son goût pour "l'aventure": "on essaie de tout maîtriser, mais il peut se passer n'importe quoi", dit-il, citant les pépins physiques, mais aussi --plus inattendu-- les hallucinations liées à la fatigue.

"En 2005 (sa première UTMB), j'ai vu un port avec des bateaux en bas d'un col. Je me suis retenu de demander à mes compagnons de course si c'était vrai", raconte-t-il. Certains "parlent à leur sac, d'autres ont l'impression d'être suivis", confirme un médecin bénévole, qui ajoute: "on est sorti du cadre de l'activité physique qui fait du bien, je ne sais pas si d'ailleurs l'UTMB fait du bien physiquement".

L'ambiance conviviale aide cependant à oublier l'épreuve: des dizaines de milliers de spectateurs bravent le froid montagnard pour encourager les coureurs la nuit, des centaines de bénévoles sont à leurs soins sur les stands de ravitaillement. Dimanche, ceux qui boucleront l'UTMB dans les temps recevront un "maillot de +finisher+" et, surtout, dit Sylvie, ils auront la "satisfaction d'avoir terminé la course".


MK
mis à jour le 01/09/2008

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