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Maltraitance
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Le gouvernement s'est engagé jeudi à augmenter les inspections surprises dans les maisons de retraite et améliorer la formation des personnels, dans l'espoir de réduire à néant les actes de maltraitance envers les personnes âgées.
La secrétaire d'Etat à la Solidarité, Valérie Létard, a présenté jeudi 16 octobre à la presse l'opération "Bientraitance des personnes âgées en établissements", un an et demi après le lancement, en mars 2007, d'un plan contre la maltraitance en maisons de retraite, qui prévoyait déjà de contrôler plus sévèrement les établissements. Cette annonce intervient à quelques jours de la diffusion (le 22 octobre) sur France 2 d'une nouvelle émission, "Les infiltrés", où la journaliste, se faisant passer pour aide-soignante en stage, a saisi en caméra cachée des faits de maltraitance passives envers les résidents d'une maison de retraite.
Tout en signalant "l'excellent travail de l'immense majorité des personnels et des responsables d'établissement", Valérie Létard a reconnu que "la maltraitance passive ou active dont souffrent encore trop souvent" les personnes âgées était "au coeur de l'actualité". "Ce sont des fait minoritaires", a-t-elle ajouté, souhaitant les voir "réduits à néant".
En 2005, 311 cas de maltraitance vis-à-vis de personnes âgées ou handicapées en établissements spécialisés ont été signalés aux Ddass (Directions départementales des affaires sanitaires et sociales). Valérie Létard a notamment annoncé que 80% des contrôles dans les maisons de retraite seront désormais des contrôles "surprise", contre 50% auparavant.
Elle a également promis de mobiliser sur trois ans, "132 millions d'euros pour former 250.000 professionnels" à des "techniques d'accompagnement personnalisé", pour s'occuper notamment des personnes atteintes de maladies type Alzheimer. Des questionnaires d'auto-évaluation seront aussi mis en place à partir de mai 2009.
Ils devront être remplis par le directeur, le médecin et l'infirmier coordonnateur, et le conseil de vie sociale où siègent les familles, et pourront entraîner des "enquêtes-flash" des Ddass. Une nouvelle campagne d'information sera lancée sur le "3977", numéro d'appel unique créé en février pour dénoncer des cas de maltraitance. Violence physique, humiliation, insultes, abus médicamenteux, escroqueries financières, négligence, abandon, les formes de maltraitances sont variées, et peuvent avoir lieu dans les maisons de retraites, les établissements pour personnes handicapées ou à domicile.
"Force est de reconnaître une sensibilité particulière à l'égard de la maltraitance en établissements pour personnes âgées", qui entraîne "un fort sentiment de défiance et de suspicion vis-à-vis des maisons de retraites médicalisées (EHPAD)", a souligné la secrétaire d'Etat.
L'association AD-PA regroupant les directeurs de maisons de retraite a estimé dans un communiqué que les maltraitances à domicile représentaient "70% de l'ensemble" des maltraitances aux personnes âgées, et regretté "les moyens ridiculement faibles" dans le projet de budget 2009 de la Sécurité sociale. La maltraitance des "vieux" est aussi régulièrement sanctionnée par les tribunaux.
"Chaque fois que je serai confrontée à des cas de maltraitance, je saisirai le procureur de la République et j'ouvrirai une enquête judiciaire et administrative", a assuré Mme Létard, qui avait fait fermer cet été "une partie d'un établissement dans les Yvelines". La justice avait par ailleurs été saisie à la suite d'une émission télévisée du 6 octobre sur France 3, qui revélait des cas de "maltraitance grave", a-t-elle indiqué.
Voir la vidéo de Valérie Létard revenant sur le plan bientraitance
lors de la journée du cinquième risque du 16 octobre 2008
CA
mis à jour le 20/10/2008
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