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Surveiller une personne atteinte d'Alzheimer, alerter rapidement les secours pour une personne âgée en difficulté, guider un sourd ou un aveugle dans un incendie : le marché de la sécurité à distance s'intéresse de plus en plus aux personnes âgées ou dépendantes.
Alors que la télé assistance des personnes âgées a connu une hausse de 11% en 2007, Expoprotection, le "salon de la gestion globale des risques", qui se tient jusqu'à vendredi au Parc des exposition de Villepinte, abrite plusieurs entreprises spécialisées dans la géolocalisation et l'aide aux personnes âgées ou dépendantes.
La France compte 1,3 million de vieillards de plus de 85 ans et quelque 850.000 personnes atteintes d'Alzheimer, maladie incurable et très invalidante. Elle possède un retard dans ce type d'équipements par rapport à ses voisins britannique, espagnol, suisse ou allemand, explique Jacques Mallen, directeur de marché "santé" chez Siemens SAS.
Cette société a lancé cette année en France un système empêchant une personne, touchée par exemple par la maladie d'Alzheimer, de sortir d'un périmètre délimité. Des bornes encadrent ce périmètre et alertent le personnel soignant au cas ou une personne, portant un badge électronique au poignet, à la cheville ou cousu dans son vêtement, tente de le franchir.
Le prix moyen d'installation de ce système, qui peut "surveiller" plusieurs dizaines de personnes en même temps, est de 40.000 à 50.000 euros, selon M. Mallen, et permet ainsi, selon lui, au personnel soignant "de se concentrer sur son coeur de métier".
Céline Constantini d'Ascom, une société suisse travaillant depuis 50 ans en France, confirme que la géolocalisation électronique peut soulager le travail des personnels des quelque 10.000 maisons de retraite françaises où sont accueillis 800.000 vieillards.
Quant aux personnes âgées qui restent chez elles, la télé assistance peut leur permettre d'alerter rapidement les secours, souligne Pascal Bazenet, ingénieur chez Bosch. Cette société propose un boîtier muni d'un bouton d'appel d'urgence qui compose automatiquement l'un des dix numéros de téléphone mis en mémoire: récepteur d'appels d'urgence, proches ou voisins.
Ce boîtier est relié à un autre bouton d'alerte, contenu dans un médaillon ou une montre, permettant à une personne âgée en difficulté, dans le cas d'une chute, d'entrer en relation vocale, dans un rayon de dix mètres autour du boîtier, avec le centre de télé assistance. Selon M. Bazenet, 17.000 systèmes de ce type sont déjà en service en France, pour le coût d'un abonnement mensuel de 20 à 30 euros, dont une partie est souvent prise en charge par le Conseil général ou la municipalité.
Quant aux personnes malvoyantes ou malentendantes, elles se voient proposer des matériels de plus en plus sophistiqués. Phitech, une PME de Nancy, a ainsi installé en collaboration avec Siemens, à Nancy, Bordeaux, Amiens ou Strasbourg, le système Actitam, explique le directeur technique Gérard Feitler.
Un petit boîtier télécommandé, déclenché par un malvoyant ou un malentendant, relié à un centre de télé assistance par l'intermédiaire de bornes, peut l'aider en cas de sinistre. Lors d'une alarme incendie, Actitam permet tout à la fois aux services de secours de le localiser et de le guider vers les issues de secours, via un système audio pour le malvoyant ou un système de texte qui s'inscrit sur le boîtier pour le malentendant.
Retrouvez le rapport de Vincent Rialle sur les Gérontechnologies en mai 2007 et les enjeux éthiques associés.
P-M G
mis à jour le 09/11/2008
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