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Les Français plus heureux à 70 ans qu'à 40, selon l'Insee

Le Portrait social annuel se penche sur les personnes âgées

Les Français se sentent plus heureux entre 65 et  70 ans qu'à la quarantaine ou plus jeunes, révèle l'Insee dans son "portrait  social" annuel de la France.

L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a  cherché à évaluer comment le sentiment de bonheur des 63,8 millions de Français  (chiffre au 1er janvier 2008) évoluait au cours d'une vie de plus en plus  longue, avec une espérance de vie à la naissance qui atteint 77,5 ans pour les  hommes et 84,4 ans pour les femmes.  Le sentiment de bien être décroît jusqu'à la quarantaine avant de "connaître  son apogée entre 65 et 70 ans", puis de décliner au-delà de 70 ans, indique  l'Insee, qui s'est s'appuyé sur les réponses à une question posée depuis 1975  dans les enquêtes d'opinion Eurobaromètres : "dans l'ensemble, êtes-vous  satisfaits de la vie que vous menez ?".

Le "pic" de bonheur entre 65 et 70 ans pourrait s'expliquer, indépendamment  des effets conjoncturels et de générations, par le fait qu'"à partir de 60 ans,  on a révisé ses attentes, acquis de l'expérience et de la sagesse", selon  l'auteur de l'étude, Vincent Marcus. Après 70 ans, les choses se dégradent du fait de la "perte du conjoint ou  d'un proche" ou de "problèmes de santé". 

"La courbe du bonheur n'est pas la courbe du revenu" qui, lui, est à son  maximum vers 45 ans, relève Vincent Marcus.  Ainsi, le revenu, "même s'il contribue au bonheur", ne peut pas expliquer à  lui seul son évolution, indique l'Insee pour qui "dans le contexte actuel des  doutes sur la croissance économique et sa capacité à être le moteur principal du  progrès social", le bonheur "(re-)devient un objet d'études privilégié pour les  économistes". 

Impôt

"La puissance publique peut créer ou assurer les conditions du bonheur",  mais l'Insee conclut que "sa recherche reste certainement une affaire  personnelle". Par ailleurs, note l'Insee, les inégalités de niveau de vie ont persisté en  2007. Les 20% des personnes les plus aisées disposent de 38,6% des revenus  disponibles par unité de consommation, soit plus de quatre fois plus que les 20%  les plus modestes. 

Selon l'Insee, la réforme 2007 du barème de l'impôt sur le revenu a atténué  le pouvoir redistributif de cet impôt, avec un "gain plus sensible" pour les  plus aisés. Les services publics de santé, éducation et logement contribuent  deux fois plus que les transferts monétaires (impôt sur le revenu, cotisations  redistributives, etc.) à la réduction des inégalités. 

Le pouvoir d'achat de l'ensemble des ménages a progressé de 3,3% en 2007  (+2,6% en 2006). Mais les logements, certes plus confortables, ont pesé  davantage sur leur revenu.  L'inflation s'est accélérée, touchant davantage les ménages modestes ou  ruraux. Entre juin 2006 et juin 2007, l'indice des prix à la consommation (IPC)  a monté de +3,6%, une augmentation jamais vue depuis 1991.

L'Insee note toutefois une divergence entre l'inflation mesurée par l'IPC et  la perception par le public d'une vive hausse du "coût de la vie", mais réfute  l'idée d'une explosion du coût de la vie entre 2000 et 2005.  Enfin, rappelle l'Insee, l'année 2007, avant la dégradation actuelle, avait  montré une "bonne santé sur le marché du travail" et confirmé "la reprise  amorcée depuis 2004".  358.000 emplois ont été créés en 2007, après 184.000 en 2005 et 296.000 en  2006. Au dernier trimestre 2007, suite à une décrue entamée début 2006, le taux  de chômage a atteint 7,5% de la population active en moyenne.  jud/vdr/ei   AFP


JD
mis à jour le 09/11/2008

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