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La Fédération Hospitalière de France (FHF) et l’ensemble des Conférences de CHU, de Centres Hospitaliers, des Etablissements hébergeant des personnes âgées dépendantes (EHPAD), de l’Association des Hôpitaux locaux, du syndicat de gérontologie clinique, des représentants des usagers dénoncent l'insuffisance de moyens accordés à ce secteur et soulevé le risque de réduction des personnels soigants, totamment d'aides à domicile.
Ces organisations demandent au gouvernement de financer les crédits du plan solidarité grand âge 2008, "soit 850 millions d'euros", de renforcer la prise en charge des personnels soignants en maisons de retraite en assurant leur financement (estimé à 400 millions d'euros), et de préciser les crédits attribués au plan Alzheimer, sachant que "les franchises médicales seront très insuffisantes".
"Le gouvernement annonce des mesures qu'il ne peut financer, c'est inacceptable" affirme, Gérard Vincent, délégué général de la FHF, évoquant le Plan solidarité grand âge et le plan Alzheimer, lors d'une conférence de presse organisée ce 28 novembre à la maison de retraite "Les Abondances", à Boulogne-Billancourt (92). "Alors que les annonces envers les personnes âgées se multiplient, les moyens réellement accordés ou surtout prévus en 2008 restent nettement insuffisants" signalent les professionnels.
Avec un objectif national de dépenses d'assurance maladie (ONDAM) "personnes âgées" fixé à 5,4 milliards d'euros et des besoins estimés par les organisations professionnelles à plus de 5,7 millions d'euros, ce sont près de 400 millions qui vont manquer pour la réalisation du plan solidarité grand âge (PSGA) et la poursuite de la revalorisation salariale des personnels les moins bien rémunérés (catégorie C) prévue par le protocole Bertrand-Jacob.
Ce déficit de moyens en 2008 risque d'entraîner, l'arrêt du renforcement des personnels soignants dans les maisons de retraite, alors que le niveau de perte d'autonomie et donc de prise en charge des résidents ne cesse d'augmenter affirment les représentants des directeurs d'établissements. "On commence à parler de non-remplacement d'aides-soignantes", a affirmé Jean-Marie Vatel, président du syndicat de Gérontologie. Or, actuellement le taux d'accompagnement des personnes dépendantes est en moyenne de 0,4 agent par résident, alors que l'objectif est de un pour un, rappelle-t-il. Cela va se traduire, par une diminution du temps de soins au lit, pour les repas, et par une accentuation de la pénibilité du travail pour les personnels.
La médicalisation de plus en plus importante des maisons de retraite, qui accueillent aujourd'hui une majorité de personnes très dépendantes, a alourdi la part du personnel soignant dans le budget des établissements. Un grand nombre de conventions tripartites n'ont pas été signées en cette fin d'année 2007, certains conseils généraux ayant des difficultés à acquitter les financements des aides-soignantes.
"La conséquence : des budgets bloqués en 2008 et des personnes âgées pénalisées", affirme Andrée Barreteau (FHF), qui estime à 50.000 le nombre de lits concernés en maisons de retraite rattachées aux hôpitaux (EPS), soit un sur deux. Le financement et la revalorisation du métier d'aide-soignant est un des enjeux importants des politiques de la dépendance, souligne-t-elle, sachant que "30 à 40% des effectifs partiront en retraite dans les 6 à 7 années à venir".
Le financement du plan Alzheimer est également insuffisant déclarent les participants, faisant référence aux 800 millions d'euros escomptés par le gouvernement grâce au produits des franchises médicales instaurées au 1er janvier 2008 pour financer les plans de lutte contre la maladie d'Alzheimer et le cancer et le développement des structures de soins palliatifs. Il est difficile de chiffrer le plan Alzheimer, mais il est clair que les franchises ne sont pas à la hauteur des enjeux et qu'à l'évidence ce plan n'est pas financé pour
l'instant, insiste Gérard Vincent.
Les sanctions tarifaires à l'encontre des maisons de retraites qui n'auront pas signé de convention tripartite (avec la DDASS et le conseil général) avant le 31 décembre 2007, comme le prévoit la loi de financement de la sécurité sociale pour 2008 est aussi une inquiétude pour les directeurs d'établissement qui affirment "les établissements sont rarement responsables des retards accumulés dans la conduite de la réforme de la tarification des établissements d'hégergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD).
"L'ingénierie du financement des convention tripartites est très complexe" précise Andrée Barreteau. Certaines DDASS reculent devant la difficulté tandis que nombre de conseils généraux traînent des pieds pour s'engager dans un processus qui pèse lourd dans leurs charges d'allocation personnalisée d'autonomie (APA).Elle donne l'exemple de la Loire-Atlantique où le conseil général devrait consentir dans ce cadre un effort de trois millions d'euros supplémentaire et demander en plus une rallonge de 180 euros par mois à chaque résident de ses maisons de retraite. "Ce sont les personnes âgées qui vont en payer le prix", craint la FHF.
FG
mis à jour le 03/12/2007
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