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Les maisons de retraite sont des lieux de dénutrition

Une enquête de l’UFC Que Choisir


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On le savait déjà mais l'UFC-Que Choisir confirme : les ehpad sont des lieux de dénutrition
 
Le numéro d'Avril 2015 de la revue Que Choisir confirme les quelques enquêtes déjà menées par certaines Agences régionales de santé : trop de résidents en ehpad souffrent de dénutrition, L’enquête diligentée par l’association de défense des consommateurs dans 88 établissements montre que « la dénutrition touche entre 15 et 38% des résidents, soit entre 100 000 et 200 000 personnes ». 
 
La dénutrition se définit comme une « pathologie résultant de la moindre capacité à extraire de l’alimentation les nutriments nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme. En effet, contrairement à ce que l’on pourrait penser intuitivement, les besoins des séniors en nutriments sont supérieurs à la population générale. Or si ces besoins ne sont pas couverts, ces carences peuvent causer l’apparition de problèmes de santé graves : perte d’autonomie, déficit immunitaire, infections, escarres, fractures … Ainsi, pour une personne dénutrie, le risque de mortalité se trouve multiplié par un facteur allant de 2 à 4 et le risque de maladies est multiplié par un facteur de 2 à 6 ».
 
L’UFC-Que Choisir a interrogé les résidents de 43 EHPAD et analysé les menus de 88 autres établissements répartis dans 48 départements de France. Les résultats de Que Choisir sont hétérogènes mais le constat d'ensemble est accablant : les menus des ehpad sont mal équilibrés, proches de la négligence alimentaire : pas assez de poisson, de viande non hachée, ni de fruits crus en dessert. 
 
Parmi les établissements analysés, plus d'un sur cinq sert des plats du type nuggets ou burgers, sans rapport avec les traditions culinaires des générations concernées. Dans un sur quatre, aucune alternative n'est proposée si le plat principal ne plait pas. 
 
Dans les Ehpad, "le budget consacré à l'achat des aliments (entre 330 euros et 400 euros par mois suivant le mode de gestion) n'est pas suffisant", assure Olivier Andrault, chargé de mission pour l'association. Selon plusieurs études, "il faudrait compter au moins 1,70 euro par repas. On est loin du compte".
 
Les causes de cette désorganisation nutritionnelle ne tiennent pas seulement  à une compression budgétaire. « Dans trop d’EHPAD l’organisation du personnel prime sur les horaires des repas. De fait, aucun des établissements étudiés n’est conforme à l’ensemble des recommandations horaires. Dans le but de limiter les heures de présence du personnel, les grilles horaires sont fortement contractées en fin de journée. Ainsi le dîner est servi à 18h25 en moyenne, le record étant 18h00 ! Mais en servant le dîner trop tôt, on rallonge la période de jeûne nocturne qui est trop longue pour 80 % des établissements ! »
 
Que Choisir relève aussi que le suivi nutritionnel est également insuffisant : seuls 7 établissements sur les 88 observés font intervenir chaque mois un diététicien. 
 
Le but de cette enquête est de tirer la sonnette d’alarme : « c'est aux pouvoirs publics de fixer un cap, un cadre réglementaire précis pour un équilibre alimentaire garanti, contrôlé chaque année par les Agences régionales de santé", affirme Que Choisir qui ajoute : « les Pouvoirs Publics sont, en théorie, censés s’intéresser à la qualité nutritionnelle des repas. En effet, ce type d’établissement doit obligatoirement signer une convention tripartite avec l’Agence Régionale de Santé et le Conseil Général, sur la base d’un modèle de cahier des charges qui inclut explicitement la qualité ‘nutritive’ des repas parmi les indicateurs à suivre. Mais le Conseil National de l’Alimentation (CNA) estime que le mode de facturation spécifique aux EHPAD limite cette incitation. En effet, les Pouvoirs Publics (Assurance maladie et Département) ne financent pas les frais d’alimentation et ne sont donc pas directement intéressés à la qualité de cette prestation ».


mis à jour le



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Vos réactions

isis

26/05/2015 21:05

J'adore le commentaire mimosa!


Allons chère amie! toutes les ehpads ne se ressemblent pas!
Le travail oui ,mais trés serré le budget ,avec toutes ces charges!
Où trouver les ressources?
ah je sais,le budget "économe",quel casse tête chinois,entre la nourriture ,la blanchisserie,ce personnel souvent non qualifié et sous payé(travail rendu non en qualité,quelle qualité,ce personnel alors tous des incompétents!) ah et puis ces intervenants extérieurs ! médecins(généralistes,kinés,psy),pharmaciens,curés,coiffeurs ,pédicures,animateurs,pompes funèbres,ambulanciers;
ah ceux là!
en plus on s'en sort plus avec cet administratif/medical(comptabilité/CPAM surtout) ça sonne et on n'a plus le temps de répondre!(courrier aussi! et puis ,on ne s'occupe que pas d'une ehpad ,il faut leur dire parfois 2 ou 3 ensembles, le planning déborde et on délègue à l'administratif ,qui parfois gère l'établissement à leur façon !
Comptable! alors je pense qu'à l'avenir a plus de 7000€ par mois ,la"personne" sera mieux servie, surtout qu'à ce prix là , il n'y aura plus 99 lits!
car ce sera l'hôpital qui se chargera du trop plein, le bon cher hôpital et ses "mouroirs à bon marché"! puis les soins à domicile ,c'est embêtant,on les récupéreras en "cas lourds ou en fin de vie "et là la comptabilité n'a pas prévu de tarifs!
Mince!les pompes funèbres ,oui! et puis il y a ceux qui feront 2 mois par ci ou par là!
Ah ces externes! tous riches ou prolos mais ils ne donneront pas un "meuble"! car les aides vont diminuer!
ah et puis les cas "de maltraitance, de procès, de fin de vie .....
On évite d'en parler, il faut pas CHUT!
Alors moi j'écris tout haut ce que pense bien des gens tout bas et vous dis: "Vous aimez les personnes âgées" Vous aimez votre travail, alors aimez lire ce qui ne vas pas"!
Merci de m'avoir lu



Padoma

03/04/2015 22:04

Repas ehpad


Je suis AS en ehpad , effectivement il y a des problèmes de dénutrition mais il y a un gros problème d'effectif dans les ehpad !!!! comment faire , quand vous devez faire manger 3 voir 4 Personnes âgées en même temps ? Vous donnez une cuillère a l'un, puis une cuillère a l'autre et etc... Car nous avons des horaires à respecter et que nous ne sommes pas assez nombreuses ! Cala me rend malade de devoir travailler comme ca !!! Mais Ca c.est la Réalité !!! Alors venez voir comment ça se passe au moment des repas comme au moment des soins ( à la chaîne !!!) c'est de pire en pire ! Je ne me suis jamais senti aussi mal dans mon travail que maintenant ! C'est LA qu'il faut réagir a la base ! Qu.on nous laisse le temps de les alimenter correctement ! Mais la ,je parle dans le vide ! Il vaut mieux faire des études sur la malnutrition et nous faire culpabiliser encore plus !!!!!!!!!!



antilope

01/04/2015 12:04

EHPAD


L'enquète de Que Choisir sur l'alimentation en ehpad est depuis le 23 mars sur Notre temps. Lisez les commentaires pour comprendre qu'il n'y a pas que celà qui fait peur aux familles !



mimosa

01/04/2015 10:04

Stop à cette campagne de désinformation contre les EHPAD !


Directrice d'un EHPAD public, avec des moyens limités, un peu moins de 1500 euros pour une chambre individuelle actuellement en cours de restructuration, j'en conviens mais avec un tarif mensuel à terme de moins de 2000 euros , j'ai fait le choix d'une cuisine familiale faite par mon équipe sur le site , les menus sont visés par une diététicienne , un suivi alimentaire est assuré pour nos résidents avec mise en œuvre de compléments alimentaires protéinés (si nécessaires) et on y arrive , alors stop à cette campagne qui ternit l'image des EHPAD et qui fait peur aux familles!
Du respect pour notre travail s'il vous plait !



michele77500

31/03/2015 10:03

Que de souvenirs douloureux !


Cet article me rappelle douloureusement la lutte que nous avons menée, ma sœur et moi, au sein de l'association CARPE DIEM Seine et Marne, contre l'EHPAD où résidait notre Maman à Couilly Pont aux Dames.
J'y retrouve tout : pas de goûter aux personnes alitées, au prétexte de "les inciter à descendre" (!), le "diner" à 18h, le "haché" systématique (bouillie infâme) pour ceux qui sont trop longs à manger, et parfois, on ne sait pourquoi, un croque-monsieur bien sec que la moitié ne peuvent que sucer. Jamais de fruits frais mais des compotes, des crèmes dessert industrielles et des yaourts (toujours les mêmes). Avec ça un personnel sous pression qui ne peut en toute logique aider tous ceux qui en ont besoin ! Ne parlons pas de ceux qui sont en chambre dont le plateau repas est posé à distance. Quant au passage du fauteuil roulant au fauteuil de salle à manger, vous n'y songez pas. Il faut déjà se battre pour qu'on les emmène aux toilettes quand ils réclament. Ils passent toute la journée dans la même protection, sans sortir une seule fois de leur fauteuil roulant. Et tout ça pour 3000 euros par mois. Si les familles ne sont pas attentives, leur parent décline très vite.




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