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Assurance maladie: les laboratoires devront rembourser les traitements inefficaces

En médecine, l'efficacité menace aujourd'hui l'équité entre les patients


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Le prix élevé des nouvelles molécules menace l’équilibre financier des organismes d’assurance maladie. Pour limiter le risque, les laboratoires acceptent de mieux en mieux un principe nouveau, celui du « satisfait ou remboursé ».

Depuis 2014, le laboratoire Gilead, inventeur du Sovaldi, un médicament miracle contre l’hépatite C ( 41 000 euros par patient) a accepté que la mise sur le marché de son produit soit accompagnée d’un accord « satisfait ou remboursé ». Si son traitement n’est pas efficace, le laboratoire devra rembourser l’assurance maladie. Les laboratoires suisses Roche et Novartis ont accepté aussi le principe du paiement au résultat pour certains produits très chers.

Ces contrats dits « de performance » sont un des outils qui se mettent progressivement en place pour empêcher que l’efficacité trop onéreuse de certains produits ne crée un déséquilibre financier préjudiciable au remboursement de patients atteints de maladies moins graves. 

L’Imnovid (laboratoire Celgene) contre certains cancers rares du sang est vendu à un prix élevé (60 000 euros pour un traitement complet). Le laboratoire devra rembourser l’Assurance-maladie en cas d’échec.

Cette évolution du financement du médicament à un avantage, il finance la recherche qui marche. Mais cette même évolution a un inconvénient, elle oblige à un suivi administratif serré du patient. Les médecins doivent remplir des fiches qui alimentent une base de données, laquelle permet de calculer le nombre de patients qui ont répondu au traitement. A la fin de l’année, le laboratoire doit faire un chèque à l’assurance maladie.

Les laboratoires qui innovent sont plutôt satisfaits de cette évolution. Les autres, habitués à produire des médicaments à faible service médical rendu sont pénalisés.

Les médecins hospitaliers eux aussi sont satisfaits. Ils auront accès à des bases de données où ils connaîtront les cas de réussite d’un produit sur une maladie donnée. La précision de leur prescription en sera améliorée. 

L’assurance maladie mobilise ses propres bases de données pour des médicaments moins chers mais qui obligeraient à un suivi en vie réelle trop coûteux. Ainsi, le Cimzia (laboratoire UCB) pour les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde, donnera lieu à un calcul des interruptions de traitement. Le laboratoire remboursera toute prescription qui n’aura pas été menée à son terme par le patient.

Ce paiement à l’efficacité s’ajoute aux ristournes que les laboratoires consentent quand leur produit a été prescrit plus que prévu. En effet, le prix initial correspondait à une évaluation du marché par patient. Quand le marché s’avère plus important, le laboratoire rembourse.

Toutes ces techniques visent à réduire l’impact des produits innovants chers. Mais plus leur nombre s’accroit, plus l’équilibre deviendra difficile à respecter. 


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