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L'absence de communication…

La conversation conjugale dans la maladie d’Alzheimer


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La conversation conjugale dans la maladie d’Alzheimer

Au fil des ans, les membres du couple âgé, confrontés à la perte d’autonomie, voient leur relation conjugale se transformer. Le couple conjugal disparait avec l’altération de l’état de santé de l’un et le rôle d’aidant conjugal imposé à l’autre. Le couple conjugal devient un couple aidant-aidé.

La maladie d'Alzheimer vient fragiliser le couple car l’altération de la communication impacte « La conversation conjugale » qui a été l’essence même de la vie du couple dans tout le cycle de la vie, et du temps vécu ensemble.

Confrontés au changement, les conjoints racontent que leur vie n’est plus ce qu’elle était avant la maladie.

Selon cette personne atteinte : « Je suis diagnostiqué Alzheimer. Depuis, mon épouse sait que je suis malléable. (…) (Pleure et murmure d’une voix nouée et chargée d’émotions)… Elle m’a délaissé, elle ne m’apprécie plus.»

Mais ce changement est aussi difficile pour le conjoint aidant :

« Que faire ? Nous sommes les proies de cette maladie, on essaie de s'y adapter comme on peut. On comprend bien que cette situation est sans solution (silence)... mais ce qui est triste et dur, c’est qu’il n’y a plus de conversation comme on n'en avait autrefois dès le matin.»

Effectivement, dans cette réalité conjugale, le quotidien devient insoutenable. Car les conjoints aidants-aidants font référence à leur passé conjugal et à l’histoire partagée à travers la conversation conjugale. Elle permettait aux partenaires d’être écoutés et entendus, de partager des idées, prendre des décisions, exprimer son désir, son affection et ses émotions.

Or, avec la perte cognitive, le temps de la discussion conjugale est inversé. D’un côté, la personne malade revit le temps passé. Elle  évoque les événements d’autrefois et des souvenirs anciens réactivés.

De l’autre, les moments partagés se restreignent, laissant place au seul rôle aidant conjugal. Il accompagne son partenaire dans l’évolution de sa pathologie avec un sentiment d’impuissance et de repli sur soi.

C’est dans ce contexte déstabilisant que le couple se fragilise. Certains couples aidants-aidés continuent leur vie conjugale et vivent les promesses de leur mariage : « L’indissolubilité du lien dans les épreuves de la maladie » et d’autres décident de rompre leur lien conjugal altéré par la pathologie.

On peut donc s'interroger sur la manière de prendre en considération la spécificité de l’aidant conjugal par rapport à l’ensemble des aidants familiaux ?


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