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Edito : Le tabou du suicide au grand âge


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Annie de Vivie

La 13eme journée mondiale de prévention du suicide ce 10 septembre, est l'occasion de revenir sur le premier rapport de l’Observatoire national du suicide fin 2014. Il montrait une situation préoccupante en France, notamment pour les personnes âgées.

«La personne âgée accomplissant un geste suicidaire est en général animée d’une détermination forte comme en témoignent les moyens fréquemment employés (précipitation d’un lieu élevé, armes à feu, pendaison). L’intentionnalité plus grande du sujet âgé se conjugue souvent avec une fragilité organique sous-jacente plus grande». 

Les données s'aggravent quand on parle d'aidant familial d'une personne malade Alzheimer selon le mémoire du Dr Boudet.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a ainsi fait du suicide un problème de santé publique.

D'autant que le suicide des personnes âgées est souvent qualifié de "légitime", de "rationnel", comme un "choix sensé" étant donné les difficultés de vie... L'OMS appelle ainsi les médias à une "couverture responsable" des cas de suicide. Elle invite à ne pas "décrire en détail les actes suicidaires, et éviter toute dramatisation ou glorification, minimiser l'importance des reportages consacrés au suicide et éviter les simplifications excessives".

Sans parler des conséquences d'un suicide sur les générations suivantes.

"Je ne suis plus bon(ne) à rien". "Je n'en peux plus de cette vie. Laissez moi en finir".

Pas facile d'écouter, d'entendre ces discours dépressifs, déprimants et épuisants pour les proches.

Comment y répondre ? Vers qui se retourner, se ressourcer avant que le plainte ne cesse et que la personne ne passe à l'acte ?

Ne pas nier la plainte, l'entendre est déjà un premier échange. 

Le médecin traitant sera le premier à alerter. Il saura détecter une dépression pour la prendre en compte et la soigner. Il pourra faire appel à des experts (psychologue voire psychiatre).

Internet et des médias sociaux pourrait "constituer une stratégie universelle de prévention du suicide" avec des "forums de discussion en ligne avec des professionnels consacrés aux personnes suicidaires, les programmes d'auto-assistance et la thérapie en ligne" estime l'OMS.

Les raisons analysées de ces suicides sont l'isolement, la dépression, la démission.

En complément d'un accompagnement médical, l'enjeu sera de réfléchir avec la personne sur ses envies, ses projets, pour ne pas rester isolée (voir la mobilisation des Petits Frères des pauvres).
Malgré les forces qui s'amenuisent, la maladie et le handicap qui prenent le dessus, se sentir utile est important.
Il existe toujours des domaines où la personne peut aider (y compris en participant à ses propres soins).

des associations de soutien sont aussi à votre écoute : SOS Amitié, Suicide écoute au 01 45 39 40 00, ou encore SOS suicide phénix au 01 40 44 46 45

Quant à la toute fin de vie, personne ne veut mourir dans l'indignité. Le développement des services de soins palliatifs à domicile comme en institution devrait être une priorité pour rassurer tout à chacun.

Cela demande du temps, de la patience, des compétences, de pouvoir faire appel à des énergies locales... bref des moyens, des arbitrages.

Le suicide est tout de même un indicateur de l'état de nos sociétés et des rapports interindividuels.
Le suicide des vieux reste tabou dans notre société, il s'agit de rompre le silence et de se mobiliser (voir la mobilisation de SOS Amitié).
Le suicide des aidants, des plus âgés : une question individuelle mais aussi collective.


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