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Edito : loi ASV, grande oubliée des médias

Réflexes âgistes


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Annie de VivieQu'il est difficile de parler "vieillissement". La loi d'adaptation de la société au vieillissement, en débat au Sénat, ne passionne pas les plateaux TV.

D'un côté le mot fait peur, il renvoie toujours une image encore très négative, notamment quand le vieillissement est associé aux pathologies invalidantes, neuro-dégénératives (ou neuro-évolutives). L'âgisme nous guette tous. Le vieux : c'est l'autre.

De l'autre, on veut croire en la "Silver Economie" triomphante. On valorise ces seniors au pouvoir d'achat enviable. On fait la promesse de centaines de milliers d'emplois dans les services. A juste titre au vu de l'évolution démographique. Et puis la vieillesse n'est pas une maladie !

La loi d'adaptation de la société au vieillissement (ASV) nous concerne tous. Elle devrait nous interpeler, nous passionner.
Elle mise sur la prévention, le "bien-vieillir" : elle va favoriser les coopérations entre les acteurs territoriaux avec des conférences départementales des financeurs pour mutualiser les crédits, les actions.
Elle va renforcer l'accès aux aides techniques pour adapter le logement, aider à diversifier l'offre d'habitats dits intermédiaires entre le domicile et la maison de retraite médicalisée.
Elle va aussi renforcer la recherche du consentement pour l'entrée en établissement d'accueil.
Elle va légèrement améliorer l'APA à domicile (Allocation personnalisée d'aide à l'autonomie), favoriser la lisibilité des services d'aide (régime d'autorisation unique) et le rapprochement entre les services d'aides et de soin à domicile (Spasad).
Elle va créer un droit au répit pour les aidants soumis aux situations d'aides les plus difficiles (500 euros/an pour 200 000 cas environ).

Cette loi d'ambition sociétale sort le vieillissement des seules politiques de santé et d'action sociale pour les ouvrir aux politiques d'urbanisme, de  logement (voir les lauréats du Prix HLM Partenaire des âgés  dont je suis membre du jury).

Elle valorise le vieillissement comme source d'innovations, de nouveaux services, de nouvelles dynamiques territoriales.

Mais vieillir s'accompagne aussi de situations de fragilités, de handicaps, de maladies.

Et là le courage politique fait défaut, quel que soit le gouvernement.

On regarde ailleurs.
On maintient une barrière d'âge discriminatoire entre les personnes handicapées de plus ou moins 60 ans. On ne veut pas voir les restes à charge qui pèsent sur les personnes fragilisés (et leur proches) pour compenser les besoins d'aides tant à domicile qu'en établissement.

Or l'urgence est déjà là : des services d'aides à domicile sont en redressement judiciaire, les aidants se sont pas suffisamment reconnus, soutenus, les professionnels s'épuisent.

Voir la Tribune de Sylvain Denis du CNRPA (comité national des retraités et personnes âgées) qui alerte sur un risque de nouveau détournement de la CASA qui sert à financer la loi ASV (Casa pour Contribution Additionnelle de Solidarité pour l'Autonomie).

Qu'il est difficile de défendre les enjeux du vieillissement.
Mais ne baissons pas les bras. Les personnes âgées fragilisées ont besoin de notre énergie.


mis à jour le



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Vos réactions

alré56

07/10/2015 18:10

BRAIN UP


QUE PENSEZ-VOUS DU RESEAU ASSOCIATIF WWW.BRAIN-up.fr



FERIEL F.

03/10/2015 11:10

Juste un sourire, juste un bonjour (un peu fort), un signe, un geste en passant devant la chambre qui prélude au tombeau où je suis déjà précipitée...


Merci beaucoup de vos interventions... on pourrait proposer de la formation bénévole à tous les professionnels en sus pour sourire encore, parler et non hurler aux "relégués"dans la vieillesse et les coûts sociaux... il faut encore souligner l'angoisse qui nous étreint lorsque l'on observe que même sans pathologies plurielles la dure loi d'airain de la "logique" face aux vieux s'impose... Voici des paroles recueillies en oct 2015.... 99 ans sans nulle famille, malentendante non appareillée, déminéralisée au maximum en EHPAD depuis 10 ans cependant incapable d'adaptation car curieuse, grande lectrice, éveillée à l'esprit vif cependant confrontée à une institution autistique : Personnel impoli, non formé maltraitant surmené, un turnover inoui...imaginant des abus de toutes sortes... Semi autonome en dépit de mon grand âge une chute récente et la négligence globale a suffi pour que la fonde musculaire m'immobilisent et justifie une hospitalisation antichambre de la morgue : dans cet emmurement, mouroir autre me voilà contrainte d'attendre avec la claire conscience cette mort en accéléré.. Assise au fauteuil jour et nuit.. je me dégrade rapidement plus rapidement que les multiples goutte à gouttes permanents...Mon transfert en EPS sans la moindre pièce de vêtement (une paire de chausson au minimum) ou 1 affaire personnelle couverte de la camisole de l'institution.. Revues et livres m'assuraient et me rassuraient en permanence et au quotidien....A ce très grand âge je demandais pourtant de m'en aller avec simplement quelques gestes, quelques paroles, un sourire... c'est tout : cependant je suis déjà ensevelie par les "robots" et les rares sourires de compassion des intervenants du carcan institutionnel...Et cette société est parfois fière d'exhiber ses centenaires encore "lucides" tout en les précipitant dans la fosse aussi brutalement et l'humanitude de la fin de vie dans la dignité (pléonasme volontaire...



kataidante

01/10/2015 09:10

22!!!


22 députés présents dans l'hémicycle lors de la dernière lecture de la loi ASV!!! est-ce que nos députés ont oublié qu'eux aussi allaient vieillir?



fresnel

29/09/2015 15:09

avocat


Bravo pour ce coup de gueule! il en faut d'autres et d'autres encore pour soulever ces montagnes d'indifférence ou de peur devant ce sujet de société
ou inviter des médias à visiter des EHPAD, des services de psychiatrie où sont hospitalisés car on ne sait où les mettre des personnes de plus de 80 ans, sans compter les aidants au bord du burnt out; on comprendrait peut -être que ce sujet est explosif aussi...



richard-pierre

29/09/2015 11:09

Président ANCCLIC


Merci à Annie De Vivie pour son analyse toujours aussi pertinente, critique, sans langue de bois, réaliste et malgré tout .... enthousiaste ! je poursuis.... Comment la loi ASV a t'elle pu ignorer à ce point les CLIC, portes d'entrée (exceptionnelles) des RPA, des aidants, des acteurs du soutien à domicile ... ? Avec une CNSA à 78 millions de recettes en + en 2015, un plan maladies Neuro DG de 470 millions, une CASA abondante ...il suffirait que petits millions parmi ceux ci soient réaffectés aux CD qui ferment, ou réduisent les subventions et les missions des CLIC.
Bonjour tristesse !




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