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Accueil familial d'une personne âgée

Un métier en attente de reconnaissance

Le gouvernement souhaite développer l'"accueil familial" des personnes âgées et handicapées, alternative entre le maintien à domicile et la maison de retraite, mais les "accueillants", mal rémunérés et sans formation, voués à temps complet aux soins, sont encore très peu nombreux.

Vendredi, Xavier Bertrand et Valérie Létard, en charge de la Solidarité au gouvernement, ont confié à Valérie Rosso-Debord, députée de Meurthe-et-Moselle, une mission de réflexion sur le statut des accueillants familiaux et notamment sur la possibilité, offerte par la loi du 5 mars 2007, de les salarier. "Pour le moment, on n'est rien, +zéro+, on n'existe dans aucune convention collective, on n'est pas reconnu par le code du travail", témoigne Maurice Le Bechec, président de l'Union nationale des associations de familles d'accueil (UNAFA).

Actuellement, les quelques 10.000 accueillants familiaux, qui s'occupent chez eux, à temps complet le plus souvent, de personnes âgées ou handicapés - trois au maximum - à la demande des familles ou d'un juge de tutelle, reçoivent une "rémunération" dont le minimum est fixé à 2H50 payés au Smic par jour et par "accueilli".
"C'est un contrat de droit privé, de gré à gré, qui nous lie, alors que nous voulons une reconnaissance totale de notre métier, avec une formation diplômante et qualifiante, et le rattachement par exemple à la convention collective des employés de maison", précise M. Le Bechec.

"Alors qu'il constitue une forme d'accueil de proximité et une véritable alternative entre le maintien à domicile et un placement en établissement", l'accueil familial "reste très peu développé", constate le ministère dans sa lettre de mission. Mais donner un statut de salarié à l'accueillant "soulève des questions".

La mission devra évaluer les conséquences d'une mise en conformité avec le code du travail et la réglementation européenne : remplacement pendant les congés, sécurisation des rapports entre l'accueillant et l'employeur, rentabilité.

"En raison de la souplesse et du prix modéré de ce mode d'accueil au regard des autres formes d'hébergement, il sera intéressant d'examiner les conditions de rentabilité du salariat", s'interrogent les ministres. Du côté des accueillants aussi, la prudence est de mise, car il ne s'agit pas de "perdre la liberté de se choisir mutuellement, l'accueillant et l'accueilli, comme cela se passe pour les assistantes maternelles", explique M. Le Bechec.

"Personnellement, il est hors de question que j'entre dans ce schéma si je je perds la liberté d'accueillir qui je veux", affirme Jean-Paul Lepaule, président de l'association des accueillants familiaux du Calvados. Pourtant, il est lui aussi demandeur d'un meilleur statut. Depuis 10 ans, il a accueilli chez lui 23 personnes, âgées de 80 à 85 ans. "Je les garde en moyenne deux ans, et elles décèdent chez moi".

Ancien aide médico-psychologique dans un établissement de personnes handicapés physiques, il a la chance, dit-il, d'avoir "travaillé sur le deuil, sur la mort", "c'est pour cela que je me bagarre pour qu'il y ait une formation continue des accueillants". Son activité, il y tient comme beaucoup, dit-il, "parce qu'on a envie que les gens soient bien autour de nous, les contacts nous apportent beaucoup".

"Mais il faut avoir le coeur à l'ouvrage", ajoute-t-il, et la résistance. "On a droit aux congés payés, mais comment les prendre, je ne trouve pas de remplaçant".


MV
mis à jour le 25/02/2008

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