Agevillage
  >   Actualités  >     >   Accès aux soins : l'UFC-Que...

Accès aux soins : l'UFC-Que Choisir tire la sonnette d'alarme

et plaide pour la fin du secteur 2


Partager :

Santé seniorL’Union fédérale des consommateurs s’est penchée sur la question des déserts médicaux et de l’accès aux soins, et le constat est sans appel : par rapport à 2012, la fracture sanitaire s’est aggravée, pour des raisons à la fois géographiques et financières. Et la situation ne devrait pas aller en s’améliorant.

14,6 millions de Français, près du quart de la population, éprouvent des difficultés pour consulter un médecin généraliste à moins de 30 minutes de route de leur domicile. Un chiffre qui augmente pour ceux qui cherchent un professionnel pratiquant des tarifs conventionnés : 30 % de la population vit dans une zone où l’offre au prix remboursé par la sécurité sociale est insuffisante.

Ces difficultés sont encore plus importantes quand il s’agit de consulter un spécialiste. Dans certaines spécialités, comme l’ophtalmologie, 83 % des Français sont confrontés au manque de médecins de secteur 1 (consultation entièrement remboursée) à moins de 45 minutes de chez eux.

Une situation qui se dégrade, souligne Mathieu Escot, responsable des études à l’UFC-Que Choisir. « Il n’y a jamais eu une bonne répartition des spécialistes, mais avant, on trouvait des généralistes sur tout le territoire. En 4 ans, l’accès aux soins s’est considérablement réduit, y compris dans des zones fortement peuplées comme la grande couronne parisienne ou la Côte d’Azur. »

Désert des villes, désert des champs

En ville comme en zone rurale, les médecins sont de moins en moins nombreux, et les dépassements d’honoraires de plus en plus fréquents.

Le conseil national de l’ordre des médecins indiquait ainsi début juin avoir observé une augmentation constante des départs à la retraite, qui engendrait « une baisse préoccupante du nombre de médecins généralistes [et] pourrait se traduire par la perte d’un médecin généraliste sur quatre sur la période 2007-2025. »

Les autres secteurs de la santé ne sont pas en reste, puisque les fermetures de pharmacies s’accélèrent d’année en année. L’ordre des pharmaciens en dénombrait 181 en 2015, contre 123 un an plus tôt. Entre 2010 et 2015, 800 officines ont ainsi mis la clé sous la porte, dans les grandes villes comme les plus petites. Comme pour les médecins, le mouvement va se précipiter dans les années à venir du fait des départs à la retraite et du manque d'attrait de l'officine pour les jeunes pharmaciens.

Deux propositions  pour réduire la fracture

Pour enrayer le phénomène, Alain Bazot, le président d’UFC-Que Choisir, plaide pour une suppression pure et simple du secteur 2, c’est-à-dire de la possibilité de demander les honoraires de son choix pour les nouveaux praticiens.

Au moment de leur installation, ils auraient uniquement le choix entre le secteur 1 ou le contrat d’accès au soin*, qui autorise les dépassements d’honoraires tout en les encadrant, et ce seulement dans les territoires sous-dotés.

« Toute nouvelle installation dans un territoire où l'offre est surabondante ne doit pouvoir se faire qu'en secteur 1, ce qui permettra une meilleure répartition géographique des médecins », préconise Alain Bazot.

Des propositions auxquelles les syndicats de médecins ont immédiatement fait connaître leur opposition. Selon eux, « les difficultés d’accès aux soins sont multifactorielles, et vont bien au-delà des questions de coût ou de distance géographique ».

« Nous sommes dans un vrai état d’urgence sanitaire, aujourd’hui, les cataplasmes ne suffisent plus », rétorque le président de l’association.

A noter : selon une enquête récente**, les plus de 65 ans se préoccupent de plus en plus de leur santé (59 %, + 5 points par rapport à décembre 2015 et  se montrent moins satisfaits de la prise en charge (- 2 points).

Consulter la carte de L’UFC-Que Choisir

Fracture sanitaire - enquête que choisir



Consulter la carte de l’ordre des médecins


* Les médecins signataires de ce dispositif, en place depuis 2012, s’engagent à ne pas augmenter leur tarif moyen, avec un  taux moyen de dépassement d’honoraires sur l’année qui ne peut dépasser 100 % (par exemple, 56 € pour une consultation de spécialiste à 28 €). En contrepartie, ils bénéficient d’un certain nombre d’avantages financiers.

** Baromètre du moral des seniors, DomusVi/BVA pour la presse régionale, 29 juin 2016.


mis à jour le



Partager :


Vos réactions

Il n'y a encore aucune réaction à cet article.


Réagir à cet article :

* ne sera pas affiché


HAUT DE PAGE

© Eternis SA -