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Risque dépendance: les assureurs plaident pour un "partenariat public-privé"

Un entretien avec Gérard de la Martinière

A l'heure où débute une consultation gouvernementale sur la couverture du risque de dépendance, Gérard de La Martinière, président de la Fédération Française des sociétés d'assurance FFSA), plaide pour un "partenariat public-privé" laissant une large place au marché.

  • Q: Quel est votre rôle dans le débat sur le risque de dépendance?

R: Au même titre que les partenaires sociaux, nous sommes associés à la consultation en cours.Il y a déjà 25 ans que des produits couvrant le risque de perte d'autonomie du très grand âge sont commercialisés. Trois millions de personnes environ bénéficient d'une certaine couverture contre le risque de dépendance, ce qui représente un marché de 375 millions d'euros. C'est bien, mais c'est encore très faible. A titre de comparaison, le chiffre d'affaire de l'assurance pour frais d'obsèque est deux fois plus important.

C'est dire que le potentiel de développement du marché est important. Mais tant que l'Etat dira qu'il va s'occuper de tout et de tout le monde, la marge de développement sera restreinte. Depuis deux ans le marché croît moins vite car les gens sont dans une situation d'attente.

  • Q: Quel message voulez-vous faire passer au gouvernement?

R: Nous estimons que c'est un domaine dans lequel il faut monter un véritable partenariat public-privé. Je ne suis pas convaincu que la solidarité nationale doive couvrir des gens qui ont un important patrimoine financier ou immobilier.

Il faut que la prise en charge soit ciblée sur les populations qui en ont vraiment besoin et qui, sans cela, risqueraient de se retrouver dans une situation inadmissible. Pour les autres, il faut que le marché puisse se positionner. Ce serait pour les gens un élément de clarification de savoir qu'ils doivent s'assurer.

  • Q: Concrètement, que proposez-vous?

R: Pour les plus jeunes, la meilleure manière de couvrir ce risque, c'est de l'associer à la préparation de la retraite. Il faut permettre d'adjoindre un contrat d'assurance dépendance au contrat de retraite complémentaire, en y appliquant la même déductibilité d'impôts de 10% du revenu. Pour les gens plus âgés, il faut qu'ils puissent transformer une partie de leur contrat d'assurance-vie en un nouveau contrat couvrant la perte d'autonomie. Cette transformation doit bien sûr se faire sans intervention du percepteur.

Avec de tels dispositifs, on doit pouvoir augmenter de manière très significative la couverture de nos concitoyens. Le vrai besoin des personnes en dépendance, ce n'est pas une rente mais un paquet de services permettant le maintien à domicile ou la poursuite de la vie quotidienne: l'assureur pourrait proposer, en fonction du montant épargné, 3 heures de ménage tous les deux jours ou 1 heure d'aide soignante pour la toilette.


AFP
mis à jour le 09/04/2008

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