|
Actualités
Santé
|
Le 2ème Global Forum sur l'incontinence s'est tenu à Nice les 2 et 3 avril dernier. A l'initiative de la société SCA (TENA), il rassemblait les acteurs, experts et professionnels internationaux sur ces questions.
Le vieillissement de la population mondiale, l'évolution de la démographie médicale, les tensions sur les finances publiques, les contraintes des aidants, la montée familiaux, la montée du consumérisme... pose l'incontinence parmi les enjeux majeurs qui doivent allier économie de la santé et qualité de vie des patients, des aidants, des soignants.
La prévalence de l'incontinence urinaire augmente avec l'âge (35% des personnes hommes ou femmes de plus de 85 ans notamment atteintes de troubles neurologiques) et commence dès 30 ans en particulier pour les femmes ayant accouché par les voies naturelles.
Les problème d'incontinence urinaire entrainent des levés la nuit (risques de chutes, fractures), une dégradation de la qualité de la vie (stress, déprime, annulation de sorties, volonté de départs anticipés du travail....
Le coût est évalué à 2% des dépenses de santé en Suède. En 1995, le coût global (soins, produits et pertes de production) avait été estimé à 800 euros par patients. Une étude est en cours pour l'évaluation du coût en Europe.
Malgré le nombre de personnes concernées, l'incontinence (urinaire et plus encore fécale) reste un tabou dont les conséquences médicales, sociétales et économiques sont importantes
- diagnostics difficiles car le tabou empêche les femmes et les hommes de s'exprimer,
- les connaissances médicales doivent s'amplifier pour accompagner la parole et proposer des prises en charges techniques (protections), médicaments, chirurgie
- une prise en charge globale (médicale, sociale, administrative) assise sur des évaluations régulières et rigoureuses des besoins peut être génératrice d'économies pour les patients et les finances publiques (ex. de communauté urbaine au Danemark qui gère l'ensemble des budgets : soins, protections...)
L'ensemble des experts militent pour
- une prise de conscience , un changement de regard sociétal. On pourrait facilement éviter ce qu'ils appellent par exemple "l'incontinence architecturale" avec des WC inexistants, insalubres, inaccessibles. Ils s'agit de repenser la question dans les habitats individuels, les lieux collectifs : écoles, entreprises (pauses pipi), les villes, avec des implantations réfléchies de toilettes publiques, propres. Ils reposent aussi la question de l'apprentissage précoce de la propreté pour les enfants
- des informations dès l'école sur l'incontinence, les moyens de prévention (renforcement du périnée pour les filles, hygiène de vie, activité physique adaptée : éviter le surpoids, la toux avec le tabac, certains médicaments...)
- une meilleure formation des équipes de soins pour des prises en charge "pluridisciplinaires" autour d'un "case manager" (coordinateur des soins) et de bonnes pratiques médicales partagées
- des actions de lobbying des personnes incontinentes elles-même pour peser sur les arbitrages, dépasser le tabou : être fier de gérer ses problèmes (les "baby-boomers" incontinents arrivent sur le marché).
- une prise de conscience du rôle des médias en tant que vecteur d'informations, mais aussi de publicités pour les protections qui mettent en scène et dédramatisent l'incontinence féminine et masculine.
Les débats, les interviews d'experts seront rapidement en ligne en anglais et bientôt en français sur www.globalforumincontinence.com
Retrouvez ces questions
- des fiches infos patients, le témoignage d'experts sur le site de l'Institut TENA
- les 10 propositions du rapport du Pr HAAB sur l'incontinence en France remis en avril 2007
AdV
mis à jour le 09/04/2008