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Ma mère risque de chuter : j'ai demandé qu'on la contraigne

Le curseur entre sécurité et liberté


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La question de Jean-Pierre V.


Ma mère est très fragilisée. Elle ne tient plus bien sur ses jambes. J'ai toujours peur qu'elle chute.
J'ai demandé aux professionnels de la maison de retraite de la contraindre pour qu'elle ne glisse pas de son fauteuil.
Ils m'ont dit que cela s'appelait une contention.
Je ne comprends pas. Que faire ?

La réponse d'Agevillage


Les professionnels de l'établissement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) où vit votre maman ont posé un mot qui est difficile à entendre mais qui est juste : la contention.

Face au risque de chute, face à la peur de glisser, de se faire mal, le réflexe peut être de limiter la liberté d'aller et venir de la personne fragilisée jusqu'à poser une contention physique, architecturale (portes à codes), médicamenteuse (médicaments qui endorment)...

Or il n'existe aucune preuve scientifique de l’efficacité de ces contentions, au contraire. Les études montrent une augmentation du risque de perte d’autonomie, de la durée d’hospitalisation, du taux de mortalité (x 8), aggravation de la confusion ou de l’agitation, augmentation du risque de chute (x 3), du syndrome d’immobilisation (contractures, troubles trophiques, escarres, douleurs physiques, fausses routes, infections, incontinence sphinctérienne, déconditionnement musculaire et sarcopénie, perte d’appétit…), risque d'étranglement, de suffocation, de blessures sérieuses (fractures, lacérations cutanées), douleur morale, agressivité, révolte...

Vous le voyez la contention n'est pas anodine. Elle porte atteinte à la dignité de la personne, à sa santé et personne ne la souhaite... pour soi.

Ainsi face au risque, sachant que le risque zéro n’existe pas, seule compte l'évaluation de ce niveau de risque acceptable.

La contention doit être vue comme un échec à toutes les autres prises en soin relationnelles.

Avec les différents professionnels (médecin, psychologue, ergothérapeute, animateur...), il va falloir rechercher toutes les alternatives possibles avant sa prescription. Car en effet toute contention relève en France de la prescription médicale qui en définit la durée, pour maximum 24 heures (en Allemagne, seul un juge peut permettre de la poser).
Si elle est posée, la contention doit être assortie d'un "plan de compensation". Il vient compenser l'immobilisation et récupérer la station debout, la marche et aussi la confiance de la personne contrainte, attachée, dans ces professionnels et ces aidants.

Agevillage et Agevillagepro regorgent de conseils, de bonnes pratiques, pour trouver des alternatives à toute forme de contention.

Voir les articles sur la contention, les stratégies pour l'éviter et les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS)


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