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Edito : Lauriers ou nez de Pinocchio ?

Collectif Vieux debout !


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La mobilisation des professionnels de l'aide à l'autonomie (les services à domicile, les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) ce 30 janvier est renforcée par des associations, fédérations de personnes âgées, de proches aidants, de familles (France Alzheimer, Fnapaef, collectifs...).

Annie de VivieJ'ai rencontré des représentants du collectif normand Vieux debout ! ce vendredi 26 janvier. En écho au titre de mon livre J'aide mon parent à vieillir debout, ils se mobilisent pour promouvoir la dignité des personnes jusqu'au bout de la vie. Ils alertent tous les citoyens, les personnalités politiques, via les médias, les réseaux sociaux.

Sans tomber dans le catastrophisme, le défaitisme, le collectif Vieux debout ! a décidé de remettre des Lauriers d'or, d'argent ou de bronze à des personnalités engagées, des équipes mobilisées comme les députés Caroline Fiat ou Sébastien Jumel, l'équipe du nouveau pavillon de l’Ehpad  Château Michel de Dieppe.

Les pistes ne manquent pas sur Agevillage pour décerner des lauriers comme cette semaine : la valorisation des aidants dans le rapport Dharréville, ces tous jeunes aidants, les artistes qui mettent en lumière les personnes malades Alzheimer, les personnes qui donnent leurs avis en ligne sur les maisons dans l'annuaire d'Agevillage (pour aider dans les choix), les produits et services sur des sujets difficiles comme l'incontinence.

Sans angélisme, le collectif Vieux debout ! a décidé de traquer la langue de bois, la malveillance des politiques vers les personnes fragilisées, les proches aidants, les professionnels qui prennent soin d'eux. Ils vont se doter d'un détecteur de mensonges et pointer les engagements non tenus. "Les menteurs se verront alors invités à recevoir publiquement un nez de Pinocchio de bronze, d’argent ou d’or selon le degré de la supercherie" souligne ce collectif.

J'en vois déjà quelque-uns :

  • déjà pour nous-mêmes, nous qui avons du mal à accepter notre âge, notre vieillissement, celui de nos proches, à anticiper, à imaginer de vieillir debout malgré tout.
  • pour les acteurs de la santé qui ne parviennent pas à repenser le parcours de prendre soin, le partage des données, le dialogue constructif avec la personne malade et ses proches, la maladie chronique, l'association des différentes thérapeutiques médicamenteuses ou non (voir la journée mondiale du cancer cette semaine)... en lien avec les professionnels de l'alimentation, de la vie sociale, culturelle, citoyenne.
  • pour les collectivités locales qui ne préparent pas les territoires à la révolution de la longévité durable en termes de transport (voir la belle initiative de covoiturage à Bordeaux cette semaine), de services, de solutions d'habitats, d'intergénération, de culture partagée...
  • pour les pouvoirs publics figés dans des calculs budgétaires malgré l'évidence démographique.
Malgré le fait que des services montrent qu'il est possible aujourd'hui de vieillir debout, même avec une pathologie neuro-dégénérative (voir Ama Diem par exemple comme les structures qui portent le Label Humanitude), je constate que cette vision n'est pas partagée.
Nous n'y croyons pas individuellement et collectivement.
Et tant que nous n'y croirons pas, nous ne pourrons faire bouger les comportements, les politiques publiques.

Allez découvrir ces lieux, rencontrer les services qui parviennent à aider à vieillir debout avec des professionnels formés en nombre suffisant.
Valorisez-les avec des lauriers.
Sinon les nez de Pinocchio continueront désespérément de s'allonger.


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