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Choquantes poupées auprès de malades âgés ?

Faux bébés, vraies questions estime Libération


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diversion poupées alzheimer bébésPlusieurs médias (Libération, L'Obs) se sont interrogés sur la proposition de poupons plus ou moins ressemblants, pour les personnes malades, désorientées atteints de pathologie neurodégénératives (Alzheimer), en Ehpad, établissements pour personnes âgées dépendantes.
"Qu'est ce qui choque ?" interroge le Pr. Emmanuel Hirsch, directeur de l'Espace de réflexion éthique de la région Île-de-France et de l'Espace national de réflexion éthique sur les maladies neurodégénératives.

Pourquoi proposer des poupées à des personnes désorientées ?
Agevillage a interrogé plusieurs établissements où des poupées, poupons (plus ou moins ressemblantes, "reborn") sont proposés à des résidents désorientés, agités.

A Limoges, les équipes les appellent les "poupées d'empathie" que certains résidents ou résidentes s'approprient. Elles leur apportent un réconfort visible au moment des couchers notamment ou lors de troubles du comportement. De nombreuses équipes témoignent de résidents apaisés, qui se sentent retrouver un rôle, une place voire la parole en s'adressant au poupon, en lui chantant des berceuses.

Communication, évaluation et prudence
"Lorsque un résident s'approprie la poupée, nous en parlons aux familles", explique Marie-Noëlle Lajudie, cadre de santé à l'Ehpad du Mas-Rome de Limoges. "Nous expliquons aussi nos pratiques en réunion des familles. Ce qui est le plus important pour nous c'est que le résident se sente bien, apaisé, souriant. Mais il faut être prudent, vraiment en discuter en équipe lors de l'attribution de cette poupée. Nous devons régulièrement évaluer la situation. Après un bien-être, on peut parfois observer une montée de l'anxiété voire un mal-être".

Nathalie Floymont, infirmière référente de la démence à l’Institut Saint-Thomas à Lustin en Belgique et Anne Peyrière, infirmière chef du Cantou constatent que "certaines familles sont parfois réticentes au départ, mais lorsqu’ils voient les résultats sur leurs parents, Ils sont alors convaincus. Nous disons toujours aux familles qu’on n’impose jamais une poupée-bébé au résident. Nous lui laissons le possibilité d’accompagner la poupée-bébé et nous laissons le choix de la considérer comme un bébé ou une poupée. Il y a effectivement parfois des « altercations » entre les  résidents moins avancés dans la maladie au regard de ceux qui prennent la poupée- bébé.  « Mais c’ est une poupée ! »  « Tu es ridicule ! ». Il suffit de prendre la personne à part et de lui expliquer qu’effectivement c’est une poupée mais que le résident la considère comme un bébé et que ça lui fait du bien. Et ça marche !"

Qu'est-ce qui choque ? demande le Pr Emmanuel Hirsch
Peur de l'infantilisation, peur du mensonge, peur de relations, peurs de liens artificiels ?

Ces craintes sont fondées mais elles doivent être confrontées à la solitude, à l'anxiété, au sentiment d'abandon de ces personnes désorientées qui vivent au sein des unités "de vie" dédiées.

Quelles propositions, quelles relations, notre société propose-t-elle à ces résidents malades et aux professionnels qui prennent soin d'eux ?
Quels liens autorise-t-elle avec la vie extérieure, avec les autres générations, avec la nature (jardins,  animaux) ?

Regardons la réalité telle qu'elle est et accompagnons ces équipes qui testent, innovent et cherchent un prendre soin de qualité.


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