Agevillage

Edito : Financer la perte d'autonomie, financer sa perte d'autonomie

Quand la retraite ne suffit pas


Partager :

Alors que l'aide à l'autonomie a été une grande absente des débats présidentiels, Agnès Buzyn et Emmanuel Macron ont décidé d'ouvrir le chantier du financement de la mal nommée "dépendance".

Annie de VivieIl va s'agir de trouver des pistes pour financer des services de qualité et des professionnels en nombre suffisant, au lendemain des mouvements sociaux dans les établissements d'accueil pour personnes âgées, dans les services à domicile.

On va surement ressortir les pistes du Cese, les travaux de 2008-2011 : de la mobilisation d'un ou plusieurs jours fériés travaillés à la taxation des successions en passant par la CSG, l'impôt, en passant par l'assurance individuelle, collective... jusqu'à un vrai 5ème risque de protection sociale ?

En tout cas, on ne pourra pas dire que l'on ne savait pas.

Ces "Papys qui font boom" vont révolutionner la démographie des villes, des villages, et les finances publiques, dès aujourd'hui,  avec une accélération dès 2025.

Cet enjeu financier est à la fois individuel et collectif.

Les seniors qui voient leur pouvoir d'achat rétrécir sont de plus en plus nombreux à chercher des compléments de revenus, en se tournant même vers des solutions autrefois rejetées comme les nouvelles formes de viagers.

S'il est important de regarder ses vieux jours en face, s'il est important de s'y préparer (en inventant son habitat collectif, partagé comme les Babayagas qui fêtent leurs cinq ans), s'il vaut mieux prévenir que guérir, il faut aussi reconnaître que financer sa perte d'autonomie ne peut se faire seul.

On ne vieillira pas de la même manière selon son environnement, adapté, accessible... ou non (et ce au lendemain de la décision du gouvernement de ramener à 10 % le taux d'accessibilité dans les logements neufs, les 90 % restant devenant "évolutifs", dans le projet de loi Elan, au grand dam d'un collectif de 13 associations de personnes en situation de handicap).

Vieillir bien, avec et malgré des maladies invalidantes, neuro-dégénératives ou neuro-évolutives (Alzheimer, Parkinson) demande des moyens mais aussi un environnement favorable :
- des proches aidants disponibles (un collectif vient d'ailleurs d'écrire au Président de la République pour demander cinq jours de congés rémunérés pour s'occuper d'un proche fragilisé),
- des professionnels formés, compétents, en nombre suffisant (voir l'importance de savoir prende tout simplement la main cette semaine),
- des technologies adaptées, accessibles,
- une mobilisation citoyenne, nationale et locale (voir la mobilisation de cinq jeunes rennaises).

Vivre et vieillir jusqu'à la toute fin de vie exige aussi une réflexion individuelle et collective pour oser s'y préparer, écrire ses directive anticipées, désigner sa personne de confiance et bénéficier de services palliatifs, compétents, suffisants partout sur les territoires. Les débats sont relancés avec le dernier avis du Cese.

Il serait trop facile de circonscrire le vieillissement à sa médicalisation. La question est à la fois médicale, sociale, culturelle (voir le Street art en maison de retraite) et citoyenne (Journées citoyennes en Alsace et ailleurs).

Il serait trop facile de culpabiliser les personnes défavorisées qui n'auraient pas de quoi financer leurs vieux jours.

Il serait trop facile aussi de penser que tout viendra des autres, de la ville, de l'Etat.

C'est un enjeu politique au sens noble du terme, interministériel que de prévoir et financer les services pour aider à vieillir debout, dans des villes amies des aînés.

Et c'est possible !


mis à jour le



Partager :


Vos réactions

Il n'y a encore aucune réaction à cet article.


Réagir à cet article :

* ne sera pas affiché


HAUT DE PAGE

© Eternis SA -