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Edito : du consentement à l'impôt

Financer les services d'aides à l'autonomie


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La lettre du Président de la République aux Français parle de "l’exigence d’entraide et de solidarité plus forte. (...) Chez nous, ceux qui travaillent financent les pensions des retraités. Chez nous, un grand nombre de citoyens paie un impôt sur le revenu, parfois lourd, qui réduit les inégalités. Chez nous, l’éducation, la santé, la sécurité, la justice sont accessibles à tous indépendamment de la situation et de la fortune."

Le mouvement des gilets jaunes est parti d'une taxe sur les carburants pour ouvrir à d'autres revendications.

Les doléances qui remontent pointent "des impôts trop élevés et des services publics insuffisants", le tout dans un monde contraint qui vit notamment trois transitions : la transition écologique (voir l'impact du climat sur les plus fragiles), la transition numérique (voir les innovations du salon CES à Las Vegas) et la transition démographique avec 4 à 5 générations qui vont maintenant se côtoyer dans les familles, sur les territoires.

"L’impôt est au cœur de notre solidarité nationale. C’est lui qui finance nos services publics." rappelle le chef de l'Etat dans sa lettre "Il vient rémunérer les professeurs, pompiers, policiers, militaires, magistrats, infirmières et tous les fonctionnaires qui œuvrent à votre service. Il permet de verser aux plus fragiles des prestations sociales mais aussi de financer certains grands projets d’avenir, notre recherche, notre culture, ou d’entretenir nos infrastructures. C’est aussi l’impôt qui permet de régler les intérêts de la dette très importante que notre pays a contractée au fil du temps."

Concernant l'aide à l'autonomie des personnes qui avancent en âge, notre société s'entête dans ses discriminations âgistes avec l'APA (Allocation personnalisée d'autonomie) pour les plus de 60 ans, la PCH (Prestation de compensation du handicap) pour les moins de 60 ans.

Prendre soin dignement des personnes en respectant le travail des professionnels et en soulageant les proches aidants : cela demande des moyens. Des moyens humains, en formations, en professionnalisme.

Glaucome, maladie à corps de Lewy, idées reçues sur les troubles cognitifs, Agevillage poursuit sans relâche son travail d'information et de réponses concrètes à vos questions : comme celle de Guy B. "Que faire quand une personne désorientée chasse brutalement l'aide à domicile à coup de poêle ?".

On le voit : prendre soin de ces personnes demande, ici et maintenant, des connaissances sur les droits et les devoirs (les conseils de la vie sociale), des idées (ateliers et recettes de cuisine), des savoir-être, des savoir-faire, du doigté, du tact, des compétences fines et précises pour toujours tisser du lien (intergénérationnel), avec un encadrement compétent, humainement et juridiquement.

Si le crédit d'impôt vient justement d'être versé cette semaine, la question du financement de l'aide et des soins aux plus âgés, tant à domicile qu'en établissement d'accueil,  revient sur la table.

Un projet de loi doit être débattu en 2019 après une consultation citoyenne qui a mobilisé 415 000 personnes fin 2018.

Les pistes pour financer un 5ème risque de protection sociale sont sur la table : impôts, cotisation obligatoire, maintien de la CRDS, taxes (succession, droits de mutation), journée de solidarité (pour les salariés), assurance dépendance, mobilisation du patrimoine (viagers anciens et nouveaux), révisions des niveaux d'aides...

Il s'agit de repenser nos réponses, nos organisations avant de poser des financements.

Quant au consentement à l'impôt, il interroge notre contrat social, pour tous les âges.
A nous de nous en saisir.


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