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Ma maman désorientée a chassé l'aide à domicile. Que faire ?

Pistes de réponses


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Question de lecteur

« Ma maman, atteinte d’une maladie dite neurodégénérative, a mis dehors l’aide à domicile à coup de poêle... Que faire ? »
Guy B.

Réponses
Agevillage a interrogé plusieurs services à domicile potentiellement confrontés à cette réalité difficile et souvent brutale, suite à l'aggravation des symptômes alors que jusque ici le plan d'aide se déroulait très bien et que l'aide à domicile était acceptée de la personne désorientée.

Pour Vincent Vincentelli de l'UNA (Union nationale de l'aide, des soins et des services aux domiciles) si la personne désorientée est l'employeur, la situation est tendue. La salariée agressée peut porter plainte voire exercer son "droit de retrait" (si elle se sent en danger grave et imminent) jusqu'à attaquer son employeur (et derrière lui ses héritiers) aux Prud’hommes.

Cette situation précise pose la question : comment une personne très désorientée peut-elle être employeur ?

Peut-être le moment est-il venu de demander une mise sous protection juridique de la personne pour que le tuteur désigné devienne employeur et agisse pour elle.

Seuls les services d'aides professionnels (mandataires ou prestataires) peuvent déposer un signalement auprès de leur autorité de tarification, le conseil départemental.

Autre éclairage de Dafna Mouchenik du service Logivitae,
auteur du livre "Derrière vos portes : la vie d'un service à domicile"

"Est-ce la première fois que votre maman se montre violente ? Comment se conduit-elle les autres fois avec les aides à domicile ? Est-elle, habituellement d’accord pour recevoir l’auxiliaire de vie ? Quel est le niveau de la perte d’autonomie de votre maman ? Connaissait-elle bien l’aide à domicile qu’elle a flanqué à la porte ? La dame fait elle appel à un service d’aide ou est-elle en emploi direct ? Peut-elle se passer d’aide quelques jours ? Difficile d’apporter des réponses sans plus de précision.

Je dirige un service d’aide à domicile. C’est souvent que nous voyons fils et filles confrontés à de telles situations. (Je le dis parce que ça fait du bien de savoir qu’on n’est pas seul à vivre pareille complication). Des aides à domicile qui se font dégager manu militari par de vieilles dames, de très vieux messieurs, c’est tous les quatre matins que ça nous arrive. Nos services professionnels doivent régulièrement consoler, rassurer, apaiser tant nos intervenantes à domicile que les personnes que nous accompagnons, qui peuvent brutalement se mettre très en colère...

A ces évènements je n’ai pas de réponse toute faite.

Chaque situation est singulière et nos services doivent faire du sur-mesure avec les moyens du prêt-à-porter. Les familles sont souvent démunies et font ce qu’elles peuvent.

Comment faire pour aider ceux dont la perception est altérée ? Comment accompagner des personnes se pensant en pleine possession de leurs capacités, lorsqu’elles mettent en échec  les interventions indispensables à leur maintien à domicile ?

Dans nos métiers, ce qui fonctionne avec une personne, ne va pas forcément marcher pour une autre. La qualité du lien entre l’aide à domicile et la personne accompagnée peut permettre de surmonter ces difficultés. Encore faut-il parvenir à ce qu’il se tisse une jolie relation.

La façon dont l’aide à domicile est accompagnée dans ces difficultés par son service peut aussi parfois permettre de dénouer ces tensions et de poursuivre l’aide mise en place.
Si ça ne fonctionne pas avec cette intervenante, on peut tenter avec une autre...

Je n’ai pas de solution toute faite mais quelques règles :

- Ne jamais exposer l’aide à domicile à un véritable danger. Il nous faut savoir si votre maman est une vieille dame redoutable au revers de poêle puissant, capable de blesser et d’assommer (et il en existe. Auquel cas nous ne renverrons personne et le maintien à domicile est fortement compromis) ou si se munissant d’ustensiles ménagers, elle se veut effrayante pour chasser l’ennemie de son domicile, incapable en réalité de faire du mal.

- Toujours associer et faire avec les intervenantes, les aides à domicile.

Celle qui s’est fait mettre dehors consent-elle à y retourner ? Si nous confions l’intervention à une de ses collègues, toujours l’informer de ce qu’il s’est passé et s’assurer qu’elle est d’accord, malgré cela, pour prendre le relais.

Il peut être judicieux de revoir si sur un plan médical un traitement peut apaiser les angoisses de votre maman.

Enfin vous dire que ces troubles du comportement agressif ou violent sont une phase terrible pour les proches et les professionnels, mais que très souvent elles passent pour laisser place à un accompagnement à domicile moins compliqué".

Eclairage du service Alenvi

"Cette situation est la conséquence d'une chose : le lien n'a pas été créé entre l'aide à domicile et la personne accompagnée.

Un des symptômes des maladies neuro-dégénératives est la désinhibition, dès lors la personne âgée a une manière un peu particulière de lui signifier cette absence de lien.

Conseils : il est très important que le profil, le caractère et la personnalité de l'aide à domicile corresponde à ceux de la personne accompagnée.

Pour l'aide à domicile, il n'est pas aisé de dire en quelques lignes comment créer un lien vertueux avec une personne ayant des troubles cognitifs : l'enjeu pour l'intervenant est de préserver au maximum l'autonomie de la personne aidée, d'aider à faire et non faire à la place de, de l'encourager, la valoriser, d'éviter de la contrarier et mettre en avant tout ce qu'elle peut encore faire."


mis à jour le



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