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Edito : La peur de l'Ehpad

Attraper sa peur pour la comprendre et la dépasser


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Alors que des ouvrages arrivent pour parler de la "vraie vie des Ehpad" ("J'ai rendu mon uniforme" de Mathilde Basset), ce scandale d'état pour Frédéric Pommier auteur de "Suzanne", "Une honte française" pour Anne-Sophie Pelletier aux éditions Plon... Alors que la grippe y est aussi mortelle (dans le Loiret)... Comment ne pas avoir peur d'aller vivre en Ehpad ?

Peur des situations à risque de maltraitance, dans des lieux inadaptés, avec des professionnels insuffisamment nombreux, insuffisamment formés, soutenus, managés, pour prendre soin de situations de plus en plus complexes (polypathologies, désorientations, troubles du comportements, fin de vie...). "Mieux vaut prévenir que guérir" ces risques de maltraitance, souligne cette semaine Florence Leduc, présidente de l'association française des aidants.

Peur de ne pouvoir faire face aux tarifs de ces Ehpad (voir notre dossier de présentation de ces tarifs complexes). Peur de devoir peser sur ses proches. Et si demain ces tarifs dépendaient des revenus comme le suggère des gestionnaires de l'Economie sociale et solidaire ?

Peur de se retrouver seul, entouré de personnes ne pouvant plus communiquer, face aux derniers instants de la vie, moments délicats, parfois douloureux physiquement et moralement.

Aussi chacun va-t-il tenter de prévenir les risques de fragilité : en mangeant bien pour éviter la dépression cette semaine, en s'équipant pour bien voir, en écoutant de la musique pour stimuler son cerveau, en pratiquant une activité physique même étonnante au grand âge, en aménageant intelligemment son domicile.

Chaque aidant va faire de son mieux pour accompagner son proche, comme le montre de plus en plus le cinéma.

Et quand le domicile historique devient vraiment inadapté, trop isolé, trop cher... Chacun va tenter de trouver des habitats adaptés, intermédiaires, collectifs. Je pense aux petites unités de vie (comme les Marpa), aux familles d'accueil, aux résidences autonomie, aux résidences services, aux projets qui poussent un peu partout sur les territoires (Lachpa).

Ces solutions ne sont pas ou peu médicalisées. Elles s'appuient sur les professionnels et les services d'aides et de soin locaux... qui peuvent aussi faire défaut sans une politique réfléchie du vieillissement (voir les prix du Réseau Villes Amies des Ainés).

C'est pour répondre à cette exigence de besoins en soins quotidiens que les Ehpad ont, eux, des personnels soignants salariés. Ces derniers dépendent du niveau d'aides et de soins requis par les résidents "hébergés" (ils ne sont plus chez eux ?). On voit les risques d'injonctions contradictoires entre trop de soins et abandons de soin, entre sécurité et liberté, entre respect des choix et droit aux risques, entre domicile privé, intimité et institution collective.

Les professionnels eux-mêmes ne trouvent plus de sens à ces organisations qui imposent leurs exigences, leurs rythmes alors que les résidents fragilisés, parfois désorientés, ne peuvent plus s'y ajuster...
Ils demandent d'autres conditions de vie, de travail (plutôt que des primes sélectives). Ils demandent des arbitrages qui ne peuvent reposer sur les seuls revenus des résidents et de leurs proches.

Ils demandent à notre société de revoir sa politique d'accompagnement du grand âge fragilisé.

Et justement cette société bouge. Elle invente des alternatives, des séjours de répit en France et à l'étranger cette semaine.

Elle suggère des accueils temporaires pour tester ces Ehpad, pour les comprendre et les faire évoluer afin de dépasser nos peurs.
Voir les adresses des 7 700 ehpad, les avis des clients, les structures engagées et labellisées Humanitude dans l'annuaire d'Agevillage. Ce label a été présenté par le Magazine de la santé de France 5 et le journal de 20h de France 2 récemment.

A nous de soutenir ces équipes d'Ehpad qui innovent, bougent, se connectent aux technologies (comme à Yvetot cette semaine) et veulent garantir la qualité de leur prendre soin.

Ca tombe bien : le Président de la République nous demande de participer au grand débat.

Partageons-donc nos rêves d'accompagnements, debout jusqu'au bout !


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