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Amour, sexualité et grand âge : les droits à l'épreuve de la réalité


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« Parce qu’on est vieux et moches, il paraît qu’on n’aurait pas le droit de tomber amoureux. Mais alors, deux femmes, vous n’imaginez pas ! » Ces mots de Laurent Garcia, ancien cadre de santé cité par Le Monde dans un formidable article paru vendredi dernier, résume le regard posé par notre société sur les amours au grand âge.

En Ehpad comme ailleurs, que l’on soit ou non sous tutelle, chaque homme, chaque femme est libre de ses relations amoureuses ou sexuelles, dans le respect du consentement de l’autre.

En théorie… Car dans la pratique, les professionnels, les proches des ces personnes souvent très âgées ont parfois du mal à accepter que l’amour n’ait pas d’âge.

D’autant plus quand il s’agit de relations homosexuelles. « Malgré mon âge, je ne suis pas libérée du jugement des autres », témoigne ainsi Jeanne Dobbs dans l’article du Monde.

D’où les initiatives visant à instaurer un label « LGBT friendly » pour les Ehpad (association GreyPride) ou à construire un lieu de vie ouvert à tous.

« Tout sauf un ghetto communautaire ou une cage aux folles », explique son initiateur Stéphane Sauvé.

Car aujourd’hui, comme le rapporte l’article de Victor Castanet, les seniors LGBT tendent à faire profil bas, de peur de la stigmatisation, de l’homophobie. Avec un impact réel sur leur estime d’eux-mêmes, leur santé psychique.

Le poids de l'âgisme


Rappelons pourtant que la Charte des droits et libertés de la personne âgée en situation de handicap ou de dépendance stipule dans son article premier que « toute personne âgée devenue handicapée ou dépendante est libre d’exercer ses choix dans la vie quotidienne et de déterminer son mode de vie », mais aussi de mener la vie sociale qu’elle souhaite (article 3).

Quant à la Charte des droits et libertés de la personne accueillie, elle indique article 12 que « le droit à l'intimité doit être préservé ».

Le personnel est tenu, par exemple, de frapper à la porte avant d’entrer et devrait attendre la réponse du résident avant d’entrer…

Les droits sont là. Reste maintenant à faire changer les regards sur le vieillissement. Pas si facile, quand les Français comptent parmi les plus pessimistes au monde en la matière : 78 % d’entre eux redoutent en effet de prendre de l’âge…*

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* Source : étude Ipsos et Centre for Ageing Better, mars 2019.


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