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Venir en aide à un proche : un acte de solidarité ? *

Une motivation à l'œuvre


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Lorsque l’on interroge les proches aidants sur leur motivation à s’engager dans une relation d’aide , les réponses fusent : naturel, devoir, contrainte, amour, pas le choix, ne savait pas ce qui l’attendait… le terme de solidarité est peu employé par les aidants eux-mêmes, mais davantage par les professionnels, ce qui est le cas de l’association française des aidants qui souhaite donner de la visibilité à cet engagement porté par des millions de gens ; elle parle donc de solidarité intra familiale ou intra amicale ; ce vocable est aussi utilisé par des instances publiques avec une connotation qui peut parfois paraitre moralisatrice.

Un concept noble


Ce concept daterait du quinzième siècle et a beaucoup évolué dans le temps ; pour autant il a toujours conservé une image de solidité, de capacité à répondre de tout, et cela, ça va bien aux proches aidants ! La solidarité, c’est un lien qui lie les personnes par une action solidaire ; c’est aussi une responsabilité que l’on retrouve dans le domaine juridique et qui pousse à se déclarer solidaire ; et là, on change de registre !

La solidarité, dans son évolution dans le temps, a eu à voir avec un besoin de lien social, dans un contexte libéral, qui donne toute sa place à la personne en tant que telle. La solidarité devient alors noble, portée par des valeurs humanistes jusqu’à devenir solidarisme, à savoir, une doctrine qui fonde la morale politique et économique basée sur la solidarité, à titre d’exemple, l’économie solidaire.

Une inscription dans les valeurs républicaines


La fraternité n’est pas très loin ; en latin classique, la fraternité est une relation entre frères et entre peuples, voire entre chrétiens (fraternus) ; en tout état de cause, il s’agit de personnes considérant qu’elles appartiennent à la famille humaine et que l’aide apportée à un proche constitue une contribution à l’humanité, dans son acception bienveillante ; la fraternité est d’autant plus proche qu’elle fonde les valeurs républicaines qui ornent les frontons des bâtiments publics.

Alors la solidarité, à double tranchant ?

Si l’on remet ce concept dans le contexte de la longévité, celle qui pousse à vivre de plus en plus longtemps, même avec les conséquences de la maladie, de la situation de handicap et de dépendance, la solidarité pourrait devenir prescriptive voire normative.

Si noble soit elle, la solidarité intra familiale ou amicale est porteuse d’engagement, mais aussi de contrainte, d’assignation à résidence d’aider, ou encore pour presque un quart des proches aidants de promesse de fatigue, d’épuisement, d’isolement… la notion de sacrifice n’est pas loin dans certaines de ces situations désormais bien connues ; du coup, n’y  aurait-il pas un conflit de légitimité entre un engagement solidaire et bienveillant avec une obligation de répondre de tout et parfois à n’importe quel prix ?

Du prix, parlons-en !

C’est celui qui raconte cette difficulté à concilier les fonctions de proche aidant avec les autres domaines de la vie, notamment l’activité professionnelle ! comment vivent les gens qui arrêtent de travailler pour s’occuper d’un proche ? Comment les gens arrivent à vivre en cumulant activité professionnelle, vie familiale et soutien solidaire de son proche ? Nous entendons régulièrement ces injonctions, au nom de l’humanité, de la fraternité ou de la solidarité qui contribuent à affaiblir la noblesse de ces valeurs.

Et puisque nous parlons de prix, il est grand temps de clarifier ce qui est de l’ordre de la Solidarité Nationale, de la Solidarité Familiale ou Amicale, et de la Solidarité Mutualisée !

Juste pour s’assurer que la solidarité est bien partagée par toutes les parties prenantes, chacune à sa juste place.

*Bibliographie : Dictionnaire historique de la langue française - L’origine et l’histoire des mots racontées par Alain Rey


mis à jour le



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Vos réactions

Louann97

21/03/2019 08:03

Mon expérience avec un proche


Bonjour, Solidarité plutôt naturel ou devoir ou contrainte ou amour ou pas le choix ou ... ? Mille et un termes peuvent convenir à ce choix que j'ai fait pour ma mère et maintenant pour mon père. J'ai choisi d'abandonner ma vie aux Antilles (où ma vie n'était pas toujours rose mais c'était MA vie) pour "profiter" de mon père tant qu'il était encore valide et en bonne santé. Voilà 5 ans que je suis rentrée. Je vis chez lui et avec lui (impossible de trouver un logement car peu de revenus). Voilà 1 an que sa santé s'est mise à décliner et chaque jour, je me félicite et je regrette amèrement ma décision. Entre la cohabitation, le quotidien à gérer (consultations médicales, courses, entretien du logement et du linge...), les incessantes plaintes pour des problèmes variés (tel qu'une névralgie faciale) que son généraliste se plait à ignorer..., certains reproches sous-entendus de ma famille et un travail ou je suis usée et abusée... Difficile de voir la vie en rose !




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