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Edito : Comment financer sa "dépendance" ?

Plutôt ses besoins d'aides et de soins


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Le rapport Libault qui va servir de base de travail au gouvernement pour une future loi Autonomie-Grand Age ose poser les chiffres sur la table.

Oui financer l'aide à l'autonomie pèse. Les "restes à charge" pour faire appel aux services d'aide à domicile, pour vivre en établissement pour personnes âgées dépendantes sont lourds (1850 € par mois en moyenne en Ehpad).

Oui il faut mobiliser des moyens pour assurer la qualité du prendre soin avec des professionnels formés, compétents, encadrés, soutenus, en nombre suffisant.

Oui il faut regarder la démographie en face : nous vivons cinq générations côte à côte dans les familles, dans les quartiers, dans les villes, dans les villages.

Si perdre son autonomie du fait de handicaps, de maladies reste un risque (qui touchera un quart des 85 ans et plus), il faut s'organiser dès maintenant pour le financer, l'anticiper.

Et ce risque se chiffre à plus de 9 milliards d'euros... et en centaine de milliers d'emplois à valoriser  !

Ce risque reposera demain, comme aujourd'hui, à la fois sur les personnes elles-mêmes (leurs revenus, leur patrimoine, leurs assurances, leurs familles, leurs obligés alimentaires) mais aussi sur les aides publiques que la République devrait revaloriser, tout comme elle aura à définir la qualité attendue et les moyens afférents sur la base d'une solidarité universelle.

Il nous faut préparer demain, c'est-à-dire 2030, quand les babyboomers arriveront au grand âge.

Ils auront d'ici là, il faut l'espérer, misé sur les politiques de prévention pour vieillir le mieux possible : ils auront pratiqué une activité physique comme la boxe contre Parkinson cette semaine et auront surveillé leur hygiène bucco-dentaire, tout comme leurs seins pour ces dames.

Ils seront des citoyens actifs jusqu'au bout (voir notre dossier pour les élections européennes).

Ils auront été des proches aidants non indemnisés à ce jour, sauf en Polynésie française, cette semaine. Ces proches aidants qui crèvent l'écran (cf. le film : Chamboultout), qui sont aidés d'initiatives primées et qui mobilisent les générations.

Et il leur sera difficile, il nous sera difficile de partir sans avoir pu, sans avoir su exprimer notre gratitude comme nous le rappelle magnifiquement Delphine le Vigan dans son livre.

Parce que nous sommes des êtres fragiles, sociaux, totalement dépendants de nos proches, de nos soutiens, de nos sauveurs, des acteurs de la cité...

Alors oui : à nous tous de regarder ce risque, et le financer de manière solidaire.

Pour ne pas avoir peur de grandir, de vivre, de vieillir. Pour une société pour tous les âges.


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