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Accueil familial : un dispositif plein d'avenir en Martinique

Une solution face au vieillissement accéléré de l'île


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Alors qu’aller vivre chez un proche en cas de perte d’autonomie est inenvisageable pour la plupart  des seniors européens, en Martinique, « l’Ancien » est encore perçu comme une personne « poto-mitan » (pilier) de la société. Dans ce contexte, « l’accueil familial » est  une « bonne formule d’hébergement ».

« Comparé à d’autres cultures, il y a chez nous plus de prise en charge familiale et de respects envers les aînés », souligne la directrice de l’Amdor (Association pour la promotion et l’insertion de l’âge d’or), Micheline Rieux, « mais il y a une Martinique d’hier et une Martinique d’aujourd’hui : l’éclatement de l’hébergement familial traditionnel est une réalité. »

Le manque d’anticipation politique autour des enjeux du vieillissement accéléré de la population entrainant un retard dans l’hébergement des seniors en perte d’autonomie, l’accueil familial apparaît comme un dispositif « gagnant-gagnant », pour l’accueillant comme pour l’accueilli : un service de proximité, qui rappelle la maison, un partage intergénérationnel, et une souplesse du point de vue financier (moins cher que l’Ehpad).

Besoin d’une coordination gérontologique


Encore faut-il éviter les écueils. Dans une région particulèrement touchée par le chômage, il y a beaucoup de postulants à l’agrément (renouvelé tous les 5 ans).

Or « aimer ne suffit pas ».

«  L’accueil familial, ce n’est pas du gardiennage », rappelle Micheline Rieux, « ce n’est pas seulement héberger et nourrir. La formation est au cœur du dispositif, l’accueillant devant saisir que la prise en soin et le respect du projet de vie de la personne font partie de son rôle. Il devient un "tuteur" pour les seniors (pas plus de trois) qu’il accueille dans sa maison. »

L’Amdor est mandatée par la CTM (Collectivé territoriale de Martinique, ex-région) pour effectuer le suivi médico-social des familles d’accueil.  Quatre personnes (sur une dizaine de salariés) constituent une équipe de terrain qui travaille en lien avec les services sociaux.

Pourtant, ce dispositif a aussi ses limites. Il faut l’adapter en fonction du contexte martiniquais, ce qui signifie revisiter les pratiques pour l’ouvrir à des personnes plus handicapées.

Il y a nécessité de structurer l’offre de cet accueil, pouvant être relayé par des structures mobiles  « multiservices » pour coordonner une aide efficace et éviter l’effet « millefeuille » autour de la personne dépendante. Les perspectives ne manquent pas, pourvoyeuses d’emplois. Les associations sont prêtes à relever le défi mais ont besoin de l’impulsion des pouvoirs publics.



Une approche globale intergénérationnelle

La force de l’Amdor, l’une des plus anciennes associations du secteur social et gérontologique, c’est une approche globale : formation continue et universitaire dans le champ social, groupes de paroles, « école des parents » et écoute des jeunes, rallye des familles inter-âge, déjeuners familiaux, croisières gérontologiques à thèmes, stages de préparation à la retraite, Centre d’écoute et de lutte contre la maltraitance, etc., et aussi un réseau de partenariats avec des universités françaises.

Chaque année l’association organise des Rencontres gérontologiques. Les prochaines auront lieu en octobre 2019 sur le thème « L’habitat et l’environnement des personnes âgées ». Pour plus d’infos, consulter le site ici.

D’autres structures agissent sur le logement intergénérationnel et créent du lien entre seniors et jeunes. C’est le cas du Cllaj (Comité local pour le logement autonome des jeunes) et sa plate-forme de services D’clic (« jeunes et propriétaires, une voie d’insertion par le logement »).


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