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La vieillesse. De quoi avons-nous peur ? par la philosophe Véronique Le Ru chez Larousse

Réfléchir ensemble au vieillir, au mourir


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Vieillesse de quoi avons nous peurLa philosophe et enseignante à l'université de Reims Véronique Le Ru nous propose un ouvrage à la fois riche et accessible accessible sur les questions autour de la vieillesse.
Elle s'empare sans tabou des questions qui fâchent, qui font peur comme la place des séniors, des vieux dans notre société, la décrépitude des corps, l'approche de la mort...

Pour se faire elle questionne des auteurs de référence notamment Cicéron (De senectute) et Simone de Beauvoir ("La vieillesse") sur les même thèmes : uune vieillesse sereine est-elle possible? Vieillesse-sagesse : mythe ou réalité ? comment vivre à l'approche du mourir?).
Simone de Beauvoir est particulièrement pessimiste. Elle pose la question de la place des grands vieillards, de l'angoisse de la mort, du "ressentiment devant l'injustice de son destin" avec comme échappatoire possible la maladie neurodégénérative comme la maladie d'Alzheimer.

Véronique Le Ru revisite, précise, met en perspective en ce début du XXIème sièvle, le siècle de la longévité , Montaigne et ses pensées ("philosopher c'est apprendre à mourir" qui, voyant l'angoisse montée sur la question, préfère "vivre comme un paysan", au rythme des saisons, contemplatif)), Maisondieu et ses analyses de la démence ("tuer l'image de ce que l'on est devenu au regard de l'image rêvée de soi" p153. Si l'homme se considère et est considéré comme un déchet, il se comporte comme tel. Comment répondre à ces appels à l'aide : je ne veux pas mourir, y compris dans la dignité. On défait alors les codes, les normes. Ces comportements sont efficaces. Les aidants les rejettent.), le Pr Ploton qui souhaite un accompagnement social, collectif, de l'angoisse de la mort (médias, n° d'appel) avec une relation de sujet à sujet et non de mort-vivant parmi les morts-vivants.

Elle insiste sur la perspective thérapeutique : être considéré comme un semblable (p 157) (Cf.Philosophie de soins de l'Humanitude, ndlr). Les aidants, les soignants ont besoins de se rassurer "du hasard de leur moi". Et quand on rejette les vieux, on rejette se qui se fait en nous, sans nous. On rejette le fait qu'il nous faut construire , toujours, le sens de notre vie d'humain qui va mourir.

Véronique Le Ru estime que la vieillesse c'est "goûter la saveur de vivre, ne serait-ce qu'un jour de plus", dans une "conscience densifiée de la vie"

Les propositions de Véronique Le Ru
- Apprendre à réfléchir ensemble au sens du vieillir, au sens du mourir, car il n'y a pas d'âge pour apprendre à vivre (p 133). Une des grande questions : "vivre avec un corps qui se dérobe"
- Eviter l'exclusion des vieux, au coût astronomique, remettons les en contact (écoles, entretiens, témoignages, lectures...)
- Forte impulsion politique sur l'intergénération et la volonté réèlle de valoriser la vieillesse,de la traiter plus "tendrement" (Montaigne)
- Que la mort retrouve sa place comme phénomène naturel, indépendant de notre volonté, recadrée dans la vie (Maisondieu).

Comme le Roi Lear de Shakespeare (cher à l'anthropologue Bernadette Puijalon), à sa vieillesse, le roi se retrouveve nu. Véronique Le Ru en appelle aux artistes "pour nous faire sortir de nos perceptions usées". 

La Vieillesse. De quoi avons-nous peur ?
Véronique Le Ru
Edition Larousse Philosopher
224 pages
17 euros
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