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ALD : la Sécu fait marche arrière

Un tollé sur les maladies longue durée

Après des critiques de toutes parts, le  directeur de l'assurance maladie a finalement retiré de son plan d'économies ses  propositions d'une moindre prise en charge des affections de longue durée (ALD),  tandis que le gouvernement tente d'enrayer la polémique. 

Le directeur de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), Frédéric van  Roekeghem, avait présenté mardi 24 juin, dans les Echos un plan, dont un volet sur les  ALD (cancer, diabète, sida, etc) a suscité l'indignation des syndicats,  associations, médecins et politiques, y compris de la majorité.  Un dernier coup de boutoir l'a contraint jeudi 27 juin à faire marche arrière: le  conseil de l'assurance maladie, instance politique de l'institution, composée  notamment de partenaires sociaux et des mutuelles, a demandé "à l'unanimité des  ses membres" le retrait des propositions sur les ALD.  

Le conseil, qui doit se prononcer le 3 juillet sur l'intégralité du plan, a  déploré avoir été informé par la presse sur un sujet aussi sensible et réclamé  "un débat de fond" au directeur de la Cnam, nommé par le gouvernement.  M. van Roekeghem a donc décidé de "retirer les mesures concernant les ALD de  ses propositions", a indiqué vendredi la Cnam, confirmant une information de la  Tribune.  Il proposait, pour les patients en ALD, de baisser le remboursement par la  Sécu des médicaments à vignette bleue ("dont le service médical n'a pas été  reconnu comme majeur") de 100% à 35%, comme c'est déjà le cas pour les autres  assurés.

Les 65% restants auraient été pris en charge par les complémentaires  santé, lesquelles ont d'ailleurs toutes dénoncé cet éventuel transfert.  Actuellement, les près de 8 millions de patients en ALD bénéficient d'une  prise en charge à 100% par la Sécu pour toutes les dépenses liées à leur  pathologie.  Le plan recommandait également une révision du dispositif pour en "réserver  le bénéfice aux pathologies qui sont véritablement longues et coûteuses".

Ces mesures, qui devaient représenter une économie de 250 millions d'euros,  s'inscrivaient dans un ensemble de propositions représentant 3 milliards  d'économie en 2009, alors qu'en 2008 le déficit de l'assurance maladie est prévu  à 4,1 mds d'euros.  Le gouvernement, qui pourra piocher à sa guise dans ces suggestions pour  préparer le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2009,  devrait se prononcer à la mi-juillet. Mais il a tenté d'éteindre la polémique  sans attendre.  

"Il n'est pas question de revenir sur la prise en charge à 100% des malades  atteints d'ALD, que ce soit pour les traitements qui sont le coeur de cible de  la maladie, ou pour les médicaments appelés indûment de confort", a déclaré  jeudi la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.  Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, s'est lui félicité vendredi du  retrait par la direction de la Cnam des propositions sur les ALD.  

Il n'en demeure pas moins que la réforme des ALD, qui concentrent plus de  60% des dépenses de l'assurance maladie et qui vont peser encore davantage avec  le vieillissement de la population, est dans les tuyaux du gouvernement.  Mme Bachelot avait indiqué en mars réfléchir à "des mesures de régulation  des dépenses" dans ce secteur.  Nicolas Sarkozy avait été plus direct en septembre dernier, déplorant des  dépenses qui "dérapent chaque année de manière parfaitement incontrôlée".  "Concernant les affections de longue durée, je souhaite que nous  concentrions nos efforts sur la prise en charge de ce qui est essentiel",  avait-il ajouté.  


CS
mis à jour le 29/06/2008

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