La question des compétences affectives chez les malades d’Alzheimer par Louis Ploton
Retour sur l'intervention de Louis PLOTON, Professeur de Gérontologie, lors du séminaire d'Alzheimérologie, qu'il a organisé, en partenariat avec Agevillagepro.com, les 16 et 17 juin 2008, à Lyon.
La notion d’intelligence affectiveC’est le cheminement de décompensation cognitive dans la maladie d’Alzheimer qui amène à se poser la question d’un registre de fonctionnement psychique, spécifiquement affectif: ayant sa propre dynamique; intégré dans le fonctionnement psychique général, mais Robuste, pouvant perdurer pour son compte ; capable de modifier le fonctionnement cognitif et d’induire ou de ré induire des performances cognitives.
Primauté du registre affectif
Tout se passe comme si le malade gardait une forme de perception affective, assortie de capacités d’expression pertinentes du point de vue affectif.
Cela évoque un fonctionnement s’appuyant sur des noyaux affectifs de pensées (non formulées et non formulables) restant à l’état de cristaux, de germes, chez le malade d’Alzheimer, correspondant virtuellement à la dimension affective d’une pensée, désormais réduite à cette seule dimension.
Cette notion de trame affective de la pensée, peut être comparée à ce qu’est le rythme concernant le chant, tandis que la subjectivité correspondrait, elle, à la mélodie et la cognition aux paroles. Cela conduit:
- à travailler en s’appuyant sur l’hypothèse du maintien d’une forme inconsciente de mémoire et d’intelligence affective (dans une logique adaptative, défensive…).
- à rechercher des outils conceptuels différents pour appréhender le fonctionnement psychique du dément: par exemple les théories de l’attachement.
La question de l’accordage affectif
L’accordage affectif (hypothèse tirée de l’observation clinique):
- Base des phénomènes empathiques;
- Base de la communication implicite (inconsciente)
- Permet de percevoir intuitivement et de mobiliser (de s’appuyer sur?) les noyaux affectifs de pensées similaires chez autrui?
- Permet au thérapeute de travailler sur les pensées induites en lui, de modifier son climat affectif et, par un phénomène symétrique, d’exercer un effet de pare-excitation.
L’accordage affectif, dans l’hypothèse où il facilité la mobilisation des noyaux affectifs de pensées similaires:
-Est de nature à intervenir dans la part de communication infraverbale qui pourra être observée dans les: couples, familles, groupes, institutions…
-Peut être de nature à constituer le support de l’inconscient collectif par la mise en résonance des registres matriciels de la pensée des individus concernés;
- Peut expliquer les phénomènes de mobilisation psychique d’autrui (de la transe chamanique, au pouvoir de la foi) explication des phénomènes transgénérationnels, voire de l’inscription dans un possible projet métaphysique, qui nous dépasse (cf: JUNG ou TEILHARD de CHARDIN)…
Louis PLOTON, Professeur de Gérontologie
mis à jour le 30/06/2008
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