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Alice au pays de l'assurance dépendance


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Alice est une vieille dame, comme plein d’autres vieilles dames, mais avec son histoire à elle ;

Elle est née en 1918, dans le centre de la France, ses parents étaient ouvriers, la  fratrie était composées de 3 enfants ;
Elle était bien jeune Alice quand sa maman a quitté ce monde ; à 14 ans, elle était orpheline de mère.
Elle a passé son certificat d’études, le diplôme dont on était bien fiers à l’époque dans les familles ; après son certificat, elle a passé un CAP de couture, et grâce à cela, elle a pu exercer le métier de couturière, tout en restant à la maison.
Elle a rencontré Gustave, lui aussi, ouvrier et ils se sont mariés, juste après la guerre, en février 1946 ; ils ont eu deux enfants, une fille et un garçon, nés en 1949 et 1951 et sont restés au même endroit jusqu’en 1954 .

Pour avoir un meilleur travail, Alice et Gustave ont déménagé
; ils ont posé leur vie dans le même endroit avec leurs enfants, jusqu’à leur retraite, et en 1975, poursuivant leur rêve, ils sont revenus tout prêt de l’endroit où Gustave a grandi, dans une petite maison, histoire de se poser où ils voulaient.

Pendant ce temps, les enfants sont partis, se sont mariés et eurent des enfants ; ils ont quitté leur région, prenant régulièrement des nouvelles de leurs parents, et comme bien des gens de leur génération, ils ont posé leur vie là ou leur carrière professionnelle les a poussés !
Ce furent des années agréables ; Gustave partageait son temps entre le jardin, la maison, et aussi, l’engagement, c’était un militant ; il n’aura pas profité bien longtemps de sa retraite ; quand la maladie est arrivée, un cancer, Gustave s’en est allé en 1981 en laissant Alice seule, veuve, rejoignant ainsi les statistiques relatives au veuvage : les veufs de France sont des veuves.

Alice, digne et courageuse, a continué sa vie seule à la maison, ses enfants  se préoccupant régulièrement d’elle, de sa santé et de ses conditions de vie. Elle a même pu voir ses petits enfants, et plus récemment ses arrières petits enfants ; une histoire comme tant d’histoires !
Après le décès de son mari, Alice a reçu des propositions de la caisse de retraite, c’était il y a longtemps, c’était même au début ; les veuves faisaient l’objet de toutes les attentions (nous n’avons pas dit convoitises !)
C’était le tout début des assurances dépendance, portées par les caisses de retraite, ces organismes qui pensent au bien être de leurs ressortissants ; Alors, Alice, elle a été sensible à leurs arguments, veuve qu’elle était, elle n’allait pas embêter ses enfants, occupés comme ils sont, au cas où un jour ça irait moins bien ;
Mais que contenait ce contrat ? Alice est bien en peine de l’expliquer ; elle sait seulement qu’elle est prélevée depuis des années, tous les trimestres, elle le voit sur son relevé de banque ; elle le regarde quand il arrive, sa retraite n’est pas bien grosse, mais bon, ça lui suffit pour vivre, et elle a l’habitude de faire attention, c’est ce qu’elle a fait toute sa vie ;
Elle est restée chez elle sans trop de difficultés, des petits soucis comme cela peut arriver aux vieilles personnes ; en 2002, une auxiliaire de vie sociale d’un service prestataire d’aide et d’accompagnement à domicile est venue lui prêter main forte, car là, pour le coup elle ne pouvait plus marcher ; ses enfants ont trouvé ce qu’il fallait, sans difficultés ; mais comme la vie n’est pas un long fleuve tranquille, la santé s’en est mêlée, opération, rééducation, et puis, le temps des décisions, vivre à la maison n’était plus de mise ;
Alice a accepté, assumé son entrée dans un établissement où vivent les vielles personnes ayant des difficultés de vie et ne pouvant plus ou ne voulant plus vivre à la maison ; ses  enfants ont fait le nécessaire pour lui trouver une bonne maison, c’est ça qu’ils font les enfants pour  leurs parents, ils cherchent ce qu’il y a de mieux pour que la vie qui reste à vivre soit une vrai vie, faite de projets, de joie, dans un lieu où les gens sont respectés, pris en compte ; ça existe, bien sûr, Alice l’a rencontré, une maison de retraite associative.
Ce n’est pas que c’est cher, ces maisons, c’est juste qu’il faut que ce soit compatible avec le budget, avec une petite retraite de femme d’ouvrier veuve, il faut aussi compter avec les financements publics, ceux du conseil général, ceux de la sécurité sociale …
Il y a bien l’assurance dépendance, d’ailleurs, les enfants y avaient pensé pour trouver une belle maison de retraite, sans succès !
Alors, on ressort le contrat ; les enfants ne connaissent jamais les contrats, les parents ne veulent pas en parler lorsque ils ont pris un contrat ;
Demandez à vos parents s’ils ont une assurance dépendance, et si oui, demandez leur à quelles conditions cette  assurance va un jour pouvoir les aider ; c’est intéressant quand on le fait !
Alors, on sort tout le cérémonial : les items, les grilles, ce que Alice peut faire, une peu, à la folie, pas du tout ! si elle se débrouille bien Alice, elle pourra gagner ; il faut juste qu’elle ait trois difficultés totales sur quatre, ce n’est pas bien  difficile ! surtout qu’elle en a des difficultés Alice ! Pourtant, elle ne se plaint jamais, elle fait des efforts tout le temps, pour ne pas peser sur les autres, parce que, elle est comme cela Alice !
Mais là, vraiment, elle exagère ! il lui manque un item ! elle ne va pas pouvoir l’avoir sa rente dépendance ! elle en aurait bien besoin pour payer sa maison, et  puis elle ne l’a pas volé depuis le temps qu’elle paye pour ça ; elle ne demande rien d’autre ;
La prochaine fois, Alice, il ne faudra pas avaler la nourriture toute seule, si vous voulez la toucher votre assurance; allez un petit effort !


mis à jour le



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Vos réactions

clara94140

09/09/2013 13:09

Histoire identique à celle de ma tante


Un cas malheureusement similaire. Paulette 93 ans vieillit et ne plus subvenir à ses besoins (marcher, se laver etc.) son assurance privée dépendance serait bien utile mais comme dans le cas décrit elle arrive encore à boire avec une paille et porter une cuillère à sa bouche. Donc la clause "ne peut plus se nourrir" n'étant pas remplie 150 euros vont continuer à être prélevés sur sa toute petite retraite d'employée de maison. C'est l'Etat qui va subvenir aux besoins de cette dame car son fils unique est décédé et qu'elle a de faibles revenus. Tristesse pour cette dame et bon bénéfice pour l'organisme d'assurance.



abdon59

28/09/2010 06:09

mimi44:c'est bien vrai...


dans le même cas...les prélévements sont"clair" et mis au goût du jour,mais qu'en seront les prestations..? difficile d'apprécier.!



stupeur

09/05/2010 23:05

comment trouver une assurance ?


Comme pour tous les contrats d'assurance il faut lire attentivement les contrats mais dans ce cas ils peuvent facilement jouer sur les handicaps et qu'en est-il de la rente pour la maladie d'Alzheimer ?



Mimi 44

04/05/2010 10:05

C'est bien vrai...


Nous cotisons mon mari et moi à une assurance auprès de la caisse Malkoff depuis leur regroupement avec mederic aucune information mais ils continuent de prelever...Seule la cotisation augmente...Pas de nouvelle bonne ..Nouvelle PAS SURE....




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