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L'assurance dépendance privée, individuelle, ne sera pas la réponse économique selon Mireille Elbaum, CNAM


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Mireille Elbaum est professeure à la Chaire de Politiques et économie de la protection sociale du CNAM (Conservatoire national des arts et métiers). Elle dirigeait auparavant la DREES : direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques au ministère des Affaires sociales.
Elle a étudié l'assurance dépendance et publié un article en novembre 2008 dans la revue
"Droit Social".

Depuis la publication de cette article, elle est intervenue plusieur fois auprès d'économistes (Université Paris Dauphine), acteurs médico-sociaux (Uniopss), et ce 26 janvier 2010 devant les conseils généraux de l'ADF (Assemblée des département de France).

Pour mieux analyser l'offre actuelle en matière de prévoyance facultative, d'assurance dépendance, elle regrette le manque de connaissances et de statistiques publiques sur la question malgré les 3 millions d'assurés et les 800 000 titulaires de contrats gérés par les mutuelles et institutions de prévoyance.
Face à l'absence actuelle de régulation du marché, Mireille Elbaum,  interroge les capacités de l'assurance dépendance privée facultative sur son équité, sa justice mais aussi son efficacité économique et sa complétude au regard des besoins. "En économie de la santé, le marché assurantiel est plus ou moins efficace selon l'intervention publique". Cette intervention publique peut aller de l'édiction de règles concernant la sélection des assurés à l'instauration d'une obligation d'assurance ou d'un système public de couverture.

Les critères qui vont poser problème à cette assurance dépendance privée, individuelle
- la myopie temporelle des assurés, qui n'évaluent pas suffisamment leurs besoins à long terme, qui se démotivent par une cotisation "à fonds perdus", qui tendent à se sous-assurer notamment pour des questions financières (le risque n'est alors, pas assez couvert, globalement)
- l'incertitude du risque à assurer
- la capacité des acteurs (assureurs privés) à investir à horizon éloignée
- le problème de la sélection des risques : contrats (cotisations) trop onéreux au regard des besoins, ou exclusion de personnes à hauts risques (quelle sélection médicale ?)
- aléa moral : rendre l'assurance obligatoire (cf.automobile), établissement d'une franchise pour éviter de couvrir un service que la personne aurait payé de toute façon (comme l'aide ménagère), contrôles des besoins, de l'utilisation des rentes

Pour Mireille Elbaum, l'analyse du marché américain de l'assurance dépendance montre que ce marché reste un marché à long terme difficile à appréhender (myopie des assurés).
Les questions restents :
quelles grilles d'éligibilité ? Quelle offre de services à terme ?
L'évolution du coût de ces services (tarif horaire des salariés à domicile par ex.) risque d'être déconnectée des rentes prévues.

Et pour les assurances collectives, quid de la portabilité du risque en cas de perte d'emploi, changement d'entreprise, départ à la retraite ?

Mireille Elbaum constate que "la réponse économiquent adéquate à ces problèmes de sélection consiste à garantir l'accès à une couverture universelle et obligatoire assortie d'une tarification indépendante des crières liés au risque".
"Un système ressemblant fort à la Sécurité Sociale", conclut Yves Daudigny, sénateur de l'Aisne, chargé des Assises Autonomie/Dépendance à l'ADF.


mis à jour le



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Vos réactions

MARITE

02/02/2011 19:02

La belle aubaine!!!


Faut pas se faire d' illusions ce sont les assureurs qui vont se remplir les poches !!! Les contrats sont très compliqués à comprendre ,on effaye tout le monde avec le soit disant grand âge que tout le monde n'atteindra pas et qui souvent est vécu en santé.Car aujourd'hui on vit en santé et avec autonomie plus longtemps.



abdon59

02/02/2011 08:02

assurance dépendance


en accord en partie avec l'article, mais comment faire actuellement..! nous avons un contrat dépendance,mais assez flou quant aux garanties...!




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