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Douze gériatres en colère dénoncent les maltraitances à travers le monde

Rendre visible ces invisibles, ces "non-personnes"


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Gériatres en colèreEn 2006,  le professeur Soubeyran de Marseille et la journaliste Dominique Prédali publiaient le très explicite "On tue les vieux"  pour dénoncer les maltraitances aux plus âgés et vulnérables.
En 2009, ils interpellent à nouveau les consciences en donnant la parole à douze gériatres en colère à travers le monde.
La maltraitance financière (justifiée par certains professionnels car les vieux sont difficiles), physique (viols, tortures), psychologique, des vieux n'est pas un phénomène isolé, occidental, de pays riches ou pauvres.

C'est un tabou. Caché. Volontairement ignoré.
Deux chiffres
- la diminution du nombre d'autopsies qui passent de 50% en 1940 à 10% en 1985, et 1% sur les personnes âgées dans le monde (p.85)

- le coût des repas en maisons de retraite : 5 dollards par jour contre 15 en prison, en Australie, comme en Hongrie

Les douze gériatres en colère dénoncent les faits, chiffres à l'appui (même si le manque de données est patent), à partir d'études scientifiques dûment répertoriées et ce sur tous les continents
- Afrique : l'image d'épinal, les proverbes évocateurs ("quand un vieux meurt c'est une bibliothèque qui brûle")  sont sombrement entachés de "chasses aux sorcières" : ces veuves de familles très pauvres qui "portent malheur" (p.42) et doivent payer les malédictions qui s'abattent sur les vivants.
- Russie où les vieux regretteraient le temps du communisme où l'on ne mourrait pas de faim, où les soins étaient accessibles à tous.
- Europe : Italie où l'on craint l'abandon des vieux par ces familles sans enfants, Angleterre, France... et Etats Unis avec ces polymédications pour abrutir, calmer voire euthanasier
- Etats Unis
: les lois contre la maltraitance des enfants sont passées en 1974, des femmes en 1994, mais les personnes âgées attendent depuis 2002. Les maisons de retraites privées sont des sociétés morcelées. On ne peut les attaquer et dénoncer un coupable en cas de maltraitance (p.269). Il y avait plus de bras pour aider les animaux que les personnes hanidcapées et isolées autour du 11 septembre 2001. 70 000 abandons aux urgences en 1991 : le "granny-dumping".
- Inde : la loi de 2007 contre l'abandon des parents n'est pas appliquée (p.68)
- Australie : une émeute en maison de retraite (p.242) semble salutaire face à la dégradation du prendre soin
- France : l'ouvrage dénonce ces tarifications qui peuvent favoriser les mauvaises pratiques : la T2A  exclut les malades chroniques, polypathologiques. La  tarification au GMP peut être lue comme une prime à la grabatisation.

Espoir ? Résistance ? Militance ?
Le Pr.Soubeyran milite à nouveau pour un retour à la pratique clinique
des médecins et professionnels de santé, sur le terrain, confrontés aux situations toutes particulières, comme ce vieux monsieur de 73 ans pour lequel un test du sida, non demandé, s'est révélé... positif (p.158),
Il martèle le besoin d'évaluations pluridisciplinaires, partagées (comme l'EGS : évaluation gériatrique standardisée), le besoin de formation à la gériatrie des médecins, des professionnels, des aidants, l'intégration des gens âgés dans la cité (comme à Cuba), l'apprentissage du parcours de vie dès le plus jeune âge.
Il espère une réflexion éthique, sociétale, démocratique, citoyenne, sur le sens de cette dernière partie de la vie, sur une culture du prendre soin, aux "non-personnes" fragilisées, démentes , vulnérables qui pourrait avoir pour certains "le devoir de mourir", comme la philosophe anglaise Mary Warnock. La vie serait côtée en points selon d'autres : les nouveaux-nés, personnes âgées et handicapées vaudraient peu... une mesure idéologique. Une personne de 30 ans vaudrait neuf de 70 ? (p.318). Vous demain ?
Rappelons le philosophe Edmund Burke "pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien".p.218

Douze gériatres en colère
La mondialisation de la maltraitance des vieux
Dominique Prédali et Pr. Jacques Soubeyrand
Chez Fayard, 2009
330 pages
20 euros TTC
Pour commander en ligne


mis à jour le



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Vos réactions

mamijo

18/05/2011 14:05

ces non-personnes


Ily a 2 ans nous avons retiré notre mère et grand-mère de la maison de retraite médicalisée où elle avait été placée après ungrave incident cérébral. Le foyer où elle est resté de 82 ans à 94 ans où elle été très bien. Mais dans cette maison médicalisée elle n'était pas lavée car elle refussait. L'infirmier de garde au quel je demandais pour quoi maman avait une plaie au bras à la limite de la gagrène sa réponse à était qu'il n'était pas au courrant !!!! J'ai donc fait venir le médecin traitant,mais comme je n'habitais pas sur place, il est venu dés le lendemain, il a était reçu par ces mots " Nous ne vous avons pas appelé" Maman avait un semblant de pensement qui avait une odeur caractéristique !!! C'est la 1ère fois que je témoigne Avec ma fille qui habitte à 1km de chez nous et a une grande maison . Nous l'avons ramené elle pesait 46kg pour 1.49m. maintenant elle a repris des couleur et des formes mais c'est un gros poids. je remerci tous les jours ma fille car je ne peux que très peu l'aider mon mari est "parkinsonien"




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