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"J'ai décidé de bien vieillir - Mobiliser son énergie vitale", de Claudine Badey-Robriguez, chez Albin Michel

Peut-on décider de bien vieillir ?


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Claudine Badey rodriguezClaudine Badey-Rodriguez, psychologue, psychothérapeute, dit oui. Elle affirme, comme le souligne le titre « Mobiliser son énergie vitale » que nous pouvons prendre une part active à notre destin, et sommes libres de nous ouvrir au changement pour faire évoluer ce qui peut évoluer dans notre environnement et dans notre psychisme. Après tout, bien vieillir, n’est-ce pas, au cours du chemin, veiller à nos conditions de vie et à notre santé au sens large, c'est-à-dire physique mais aussi psychologique ? Etre bienveillant avec soi-même donc, tout au long de la vie. Vieillir s’apprend.
Bien vieillir s'apprend,  précise l’auteur qui évoque de nombreuses et précieuses pistes pour réduire le stress, notamment et développer sa vie intérieure, ne serait-ce que pour trouver à la vieillesse son sens et sa valeur.
Il y a dans cet ouvrage en effet beaucoup à prendre, à apprendre et à mettre en apprentissage.

Bien vieillir« Contribuer à faire que la vieillesse soit appréhendée de façon constructive » était lorsqu’elle s’est engagée dans cet ouvrage le premier désir de l’auteur, qui abordait elle-même un tournant d’âge.  Elle a poursuivi sa réflexion, précise–t-elle avec un objectif encore plus ambitieux : « susciter l’envie de vivre cette expérience positivement ! ». Le maître mot pour Claudine Badey-Rodriguez est d’accepter le « processus de vie ». Il convient d’agir sur les facteurs susceptibles de contribuer à un « vieillissement réussi ».

En premier lieu, elle invite à résister aux omniprésentes injonctions  de rester jeune, à lâcher nos peurs et à tourner le dos aux représentations et discours qui font de la vieillesse et du vieillissement un désastre, un naufrage, une décrépitude, un fléau. Claudine Badey-Rodriguez ne se prive en effet pas de dénoncer cette société qui cache ses vieux, les maltraite, les dépeint  dépendants, inutiles, déments, à tel point que les vieux eux-mêmes détestent les vieux.
Elle dénonce aussi le manque de moyens mis au service des personnes âgées dans notre pays où un million de femmes de plus de 60 ans n’ont même pas le SMIC pour vivre.

Les représentations sociales de la vieillesse ont un impact désastreux
sur notre vieillissement affirme l’auteur qui incite à s’intéresser à ceux qui nous précèdent sur le chemin ici ou ailleurs, ceux qu’elle pu rencontrer dans son parcours et qui sont le témoignage que l’on peut être vieux, même fragile, même diminué et heureux.

"Bien vieillir, c’est aussi dans la tête" dit Claudine Badey-Rodriguez pour l’avoir constaté et surtout entendu par l’écoute de personnes âgées. Certes, en respectant les principes de base de la prévention, en se prenant en main par petits bouts. Mais c’est aussi à l’écoute de soi, de ses besoins, de ses priorités et de ses limites qu’il convent de s’atteler.

Il faut « travailler à vieillir » conclut l’auteur des pistes tracées par les personnes âgées qu'elle a rencontré et dont les témoignages émaillent l’ouvrage mais aussi des résultats de nombreuses études ou recherches portant sur les caractéristiques de personnes vieillissant bien. Elles sont proches de celles qui caractérisent les personnes qui surmontent de graves maladies : contrôle sur sa vie,  optimisme, esprit combatif, pratique spirituelle ou développement de sa vie intérieure, liens sociaux.

Des pauses sont nécessaires dans le processus de vie fait d' étapes successives à franchir « chacune permettant d’accéder à la suivante avec la richesse que l’on a cultivé pendant la précédente ».
Claudine Badey-Rodriguez en est convaincue pour l’avoir expérimenté, ces crises qui jalonnent l’existence, ces « périodes de transition », préfère t-elle dire, sont l’une après l’autre « l’opportunité de retrouver la sensation de soi, de s’ouvrir à de nouveaux espaces intérieurs, à la liberté que nous pouvons ressentir lorsque le passé ne nous encombre plus et que le futur ne nous obsède pas. »

La vieillesse est-elle la rencontre d’une plus grande crise encore ? Peut-être, cela dépend de la préparation tout au long de la vie que l’on en aura fait mais l’auteur en est intimement persuadée, la vieillesse peut aussi "être considérée avec son potentiel d’évolution, de changement". Le plus important alors peut être de se trouver en mesure de « gagner en force psychique ce que l’on perd en force physique.»

Claudine Badey Rodriguez ouvre des pistes pour réduire le stress que peut provoquer l'avance en âge au sein d'une société qui n'évoque la vieillesse qu'en termes de pertes et de manques. Des situations d'une part, des croyances, d'autre part sont génératrices de stress. Il convient de les repérer et d'"apprendre à les désamorcer". Des approches permettent de revisiter le passé pour se débarrasser de conditionnements encombrants du passé  ou d'aspects insatisfaisants du présent.

Le but est certainement d'être en mesure d'aborder la dernière ligne droite de l'existence en ayant précisément reconnu, soi-même et pour soi-même, en premier lieu, le sens de sa propre vieillesse, sa valeur. Est-ce possible sans développer, auparavant sa vie intérieure ?  Identifier sa mission, en quelque sorte. Comment en effet la vieillesse  pourrait-elle avoir un sens si la vie même en est dépourvue ? Le sens de la vie ne pourrait-il pas être juste de vivre bien et donc de vieillir bien ou de bien vieillir. "Oui, l'optimisme cela s'apprend!" conclut, l'auteur dans un dernier chapitre.

Ne manquez pas, chez votre libraire, dès le 1er avril.

J'ai décidé de bien vieillir. Mobiliser son énergie vitale
Claudine Badey-Rodriguez ; Editions Albin Michel, 278 pages; 15 €

Claudine Badey-Rodriguez, psychologue, psychothérapeute, consultante vit à Nice. Elle est l'auteur de "La vie en maison de retraite" et "Quand le caractère devient difficile avec l'âge"

Le site de Claudine Badey Rodriguez,psychologue, psychothérapeute, consultante

 


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Vos réactions

yvette

13/06/2011 20:06

j'ai décidé de bien vieillir


Je fais partie de groupe de soutien pour les "aidants". Peut-on aller plus loin pour notre préparation personnelle de la vieillesse (avec l'identification à notre parent sénile!). Merci




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