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La surveillance régulière de la mortalité menée par l’Institut de veille sanitaire (InVS) a mis en évidence une hausse de la mortalité
en France au cours de l’hiver 2008/2009. A partir des décès transmis par l’Insee et des estimations de population entre 2003 et 2009, les taux de mortalité pour 100 000 habitants de l’hiver 2008/2009 ont été comparés aux taux des années
précédentes. L’analyse est réalisée par classe d’âges et par région. Les résultats de l'étude sont publiés dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l'INPES de ce 14 avril.
En considérant la mortalité enregistrée dans les seules communes informatisées de l’Insee, une première estimation indique un excès de mortalité proche de 6 000 décès (+14 %) sur les six premières semaines de l’année 2009.
Ce résultat s’observe plus particulièrement chez les personnes les plus âgées (85 ans et plus) et se distribue de façon hétérogène entre les régions. La mortalité avait déjà atteint un niveau analogue entre les semaines 4 et 12 de l’année 2005
"La survenue concomitante de plusieurs facteurs (vague de froid, pathologie respiratoire et épidémies saisonnières) sur la même
période peut au moins en partie expliquer ce phénomène, sans qu’il soit possible aujourd’hui d’évaluer leur part respective dans cette augmentation", dit l'INVS.
L’analyse par classe d’âges de 10 ans montre que l'augmentation concerne en particulier les personnes de plus
de 95 ans pour lesquelles l’indicateur de mortalité est nettement supérieur à celui des trois années précédentes : pour cette classe d’âges, le pic de mortalité s’observe pour les mêmes semaines que pour le taux tous âges et atteint un maximum proche de 550 décès pour 100 000 habitants. L’évolution démographique de la population ne suffit pas à expliquer entièrement cette augmentation, précise l'INVS.
La vague de froid et les évènements épidémiques peuvent être directement ou indirectement responsable d’une partie de la mortalité, avec parfois un décalage de plusieurs jours à plusieurs semaines. Outre leur effet direct sur la mortalité, ces différents évènements peuvent entraîner une déstabilisation de l’état général pouvant conduire au décès chez les personnes les plus vulnérables, notamment en cas de pathologies chroniques, et chez les personnes âgées.
Les auteurs de l'étude indiquent "Grâce à la mise à disposition en temps réel des certificats incluant les causes médicales des décès, la compréhension d’une augmentation de la mortalité sera plus rapide et permettra, le cas échéant, une réponse de santé publique adaptée."
Ce à quoi Pascal Champvert, Président de l'AD-PA -Association des directeurs de services à domicile et d'établissmeents pour personnes âgées - répond, dans un communiqué de ce 14 avril : "Des aides professionnelles de qualité restent la réponse la plus adaptée dans un pays comme le nôtre, car on ne peut se satisfaire au début du XXIème siècle de la mort de personnes âgées qui n’ont pas pu sortir de chez elles, compte tenu des intempéries ; qu’aurait-on dit en cas de surmortalité de 6 000 enfants ?"
FG
mis à jour le 14/04/2009
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