Ajouter Agevillage à vos favoris


Actualités Chronique

J'ai décidé de bien vieillir

Badey-rodriguezNos lecteurs vous connaissent par plusieurs chroniques dans nos colonnes et pour vos précédents ouvrages, fruits de votre expérience de psychologue en maison de retraite. Votre dernier livre « J’ai décidé de bien vieillir » qui vient de paraître, chez Albin Michel, traite davantage du mitan de la vie. Quelle a été votre intention ? A quoi correspond-elle ?

Il est important que chacun d’entre nous intègre la vieillesse comme une étape de notre parcours existentiel. Pour que cela soit possible, la vieillesse doit nous faire moins peur. Je me suis donc attachée à ce qui peut nous permettre d’appréhender l’avance en âge de façon plus positive et optimiste.
J'ai décidé de Bien vieillir3 axes peuvent être dégagés :
    - Les statistiques vont à l’encontre de l’image trop souvent véhiculée par les médias : vieillesse = déclin, déchéance, dépendance, maladie d’Alzheimer.
    - Le jeunisme ambiant a des effets désastreux sur les croyances collectives et les croyances individuelles. Il conduit à haïr la vieillesse et donc à se haïr soi-même un jour. Nous savons aussi, en psychologie sociale, que l’individu a tendance à se conformer à ce qu’on attend de lui et à la norme collective. Ainsi, si nous croyons que plus on vieillit, moins on est capable, moins on a de valeur, nous risquons, inconsciemment bien sûr, de développer des comportements allant dans ce sens.
    - Nombre de personnes âgées d’aujourd’hui vieillissent bien. J’ai donc voulu dégager les caractéristiques psychologiques communes à ces personnes et montrer que l’on peut se préparer à bien vieillir, non seulement grâce à son hygiène de vie sur le plan physique, mais aussi en « cultivant » une dimension plus psychologique. J’ai voulu me situer dans une approche intégrative de la santé et du vieillissement.
Plus on accepte la vieillesse tôt, plus on œuvre à sa santé physique et psychologique tout au long de sa vie, mieux on se prépare à l’avance en âge.


 
Cet ouvrage abonde de pistes susceptibles de favoriser à temps, un vieillissement accepté, serein. Mais, la perte d’autonomie d’une personne proche est source de préoccupations, de stress. Comment concilier alors les conditions d’un bon vieillissement pour soi même et l’accompagnement d’un parent âgé ?

Il n’y a rien d’antinomique. L’accompagnement d’un parent âgé, en particulier s’il souffre de différentes incapacités, peut être source de stress. Mais les pistes que je dégage sont justement, pour certaines, centrées sur la réduction du stress grâce à différentes approches. Ce qui est également générateur de stress, de fatigue, de souffrance chez l’aidant familial, c’est la réactivation de l’histoire familiale, avec ses évènements douloureux, ses vieux conflits… et la culpabilité qui l’accompagne souvent. Si nous avons appris à nous libérer de l’emprise du passé, si nous sommes en paix avec nous-même, si nous avons appris à être en contact avec nos besoins, nos ressentis, nos émotions, nous pourrons faire les choix qui s’imposent parfois quant à l’accompagnement de nos parents plus sereinement. Mon travail avec les familles m’a permis de vérifier que lorsqu’on donne la possibilité aux proches de s’alléger, c’est du « gagnant – gagnant » pour la personne âgée comme pour ses proches.


La vie est une succession d’étapes, de crises, de transitions, dites-vous, qui sont autant d’opportunité d’accéder en quelque sorte à davantage de soi, de liberté intérieure.  « La crise de la vieillesse, poursuivez-vous, ne se prépare pas quand on y entre ou dans la dépendance.
Si l’on ne s’est pas préparé à temps, serait-il donc un jour trop tard pour espérer une fin de vie sereine, apaisée ? 
 

Se préparer assez jeune, c’est bien, mais je dis aussi qu’il n’est jamais trop tard. Nous connaissons tous des personnes âgées qui s'engagent, au cours de leur vieillesse, dans ce travail de mise en paix avec elles-mêmes, dans le développement d’une vie plus intérieure, parfois même de révolution personnelle dans leur mode relationnel. Je reçois aussi à mon cabinet des personnes de 75 et même de 82 ans (comme la doyenne de mes patientes !) qui souhaitent l’aide d’un professionnel dans cette démarche. Anna Freud, comparant l’existence à une partie d’échecs, disait : « Les premiers coups sont très importants, mais tant que la partie n’est pas terminée, il reste de jolis coups à jouer. », ou encore George Eliot : « Il n’est jamais trop tard pour être ce qu’on aurait pu être. »

Propos reccueillis par Françoise Garcin

Retrouver notre précédent article sur le livre de Claudine Badey Rodriguez "J'ai décidé de bien vieillir. Mobiliser son énergie vitale" paru chez Albin Michel

Le site de Claudine Badey Rodriguez, psychologue, psychothérapeute, consultante 


Claudine Badey-Rodriguez
mis à jour le 22/06/2009

imprimer l'actualité envoyer l'actualité poster un commentaire (0)

Vos réactions

Il n'y a encore aucune réaction à cet article.

Réagir à cet article

Respectez les majuscules

Ceci est le captcha
* ne sera pas affiché - information disponible uniquement pour le modérateur

Retour vers la liste des actualités pour ce sujet: Chronique

* * * * * * * * * * * * * * * * * *

Nos services AgeVillage :
Newsletters Agevillage : Chaque lundi, suivez l'actualité du Grand Age en vous inscrivant gratuitement à nos newsletters

Forums Agevillage : échanger vos expériences et témoignages sur nos forums du Grand Age : Tutelle, Alzheimer, Maison de retraite, Conseil de la vie sociale, Bien vieillir, Aidants, Domicile, Aides financières...

Annuaire du Grand Age : 25 000 références pour vous aider à créer votre réseau d'aide local : hébergement, services à domicile, clic, ccas, centres de santé,... toutes les informations utiles pour les personnes âgées
DVD Maladie d'Alzheimer, comprendre pour aider au quotidien - les réponses de l'humanitude