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Actualités Santé

Polémique autour du Di-Antalvic

Le retrait du médicament contre la douleur ne fait pas l'unanimité

L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a recommandé jeudi 25 juin 2009 de ne plus prescire de médicaments contenant du dextropropoxyphène, comme le Di-Antalvic, le plus connu. Le retrait définitif du Di-Antalvic et des génériques est prévu d’ici un an.
Cette recommandation intervient après une autre recommandation de l’agence européenne des médicaments (EMEA).

La France est un des derniers pays européens à prendre cette décision. Le dextropropoxyphène a déjà été rétiré du marché en Suisse en 2003, en Suède en 2005, en Angleterre et au Pays de Galles, fin 2007. En janvier 2009, un comité de spécialistes réunis par la Food and Drug Administration (FDA) s’est prononcé pour son retrait du marché américain.
Certains spécialistes dénonçaient la lenteur de la décision et avaient depuis plusieurs années attiré l'attention sur les risques de ce médicament.  «Plus de 500 jours pour la réévaluation de l’association dextropropoxyphène et paracétamol alors que les risques mortels sont connus depuis plusieurs années», s’indigne la revue scientifique Prescrire (revue sans publicité consacrée aux médicaments) dans son numéro de juillet, en dénonçant «les lenteurs de l’agence européenne du médicament». «Enfin!», a dit à l’AFP le Dr Bruno Toussaint, de la reuve Prescrire, à propos du retrait du dextropropoxyphène associé au paracétamol.

Le dextropropoxyphène est un anti-douleur très prescrit en France par les médecins. C'est un opiacé "faible" (dérivé de la morphine) et il peut s’accumuler dans l’organisme en particulier en cas d’insuffisance rénale et chez les patients âgés, provoquant une intoxication. En 2005, le Royaume-Uni et la Suède décident de retirer ce médicament en raison d'un nombre élevé de décès par intoxications volontaires (suicides) ou accidentelles. Deux cents morts par an sont comptabilisés en Suède et entre 300 et 400 au Royaume-Uni (dont 80 % par surdose volontaire). En France, les résultats sont moins catastrophiques que chez nos voisins européens. "En surdosage, lors d'intoxications volontaires, le nombre de décès dus à ce médicament est estimé à 65 par an", indique l'Afssaps.

Des professionnels de santé regrettent le retrait de cet antalgique puissant. L'Afssaps en 2006 avait maintenu le médicament sur le marché, après des études auprès des centres antipoison et des centres de toxicovigilance, concluant que le profil de sécurité du produit est «satisfaisant dans les conditions normales d'utilisation».


FL
mis à jour le 06/07/2009

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