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"Pour l’instant, écrit Christophe Trivalle dans son introduction, notre société dans son ensemble, y compris nos hommes politiques, considère que les vieux sont bons à jeter ". Dans ce court ouvrage, il dénonce à force d’exemples significatifs la politique de santé française engagée depuis plus de 10 ans et fournit quelques pistes pour que cela change.
« Notre société de consommation ne répare plus, ne reprise plus, elle jette » dit Christophe Trivalle. Il en est de même pour les vieux, affirme ce gériatre de l’Hopital l'Hôpital Paul Brousse (APHP). Pour lui le fait d’associer cessation d’activité à vieillesse a entrainé une perception négative des personnes âgées. Ceux qui ne travaillent plus ou ceux qui ne sont pas considérés comme de seniors-aisés-capables-de-consommer, y compris leur dépenses de santé (cf la déclaration d’A.Minc sur France Infos), coutent cher à la société. Il s’agit d’une discrimination par l’âge, signale l’auteur. Voir aussi notre article.
Pour illustrer son propos sur cette pratique à l’œuvre de rejet des vieux, Christophe Trivalle précise que pour faire suite à la loi "Hôpital, patients, santé et territoires" (HPST), -l'-APHP pour faire des économies ferme des services. Dans le cadre du regroupement de l’hôpital Bicêtre et de l’hôpital Paul-Brousse, la première mesure a été de fermer/transférer le service de gériatrie de Bicêtre.
Alors que les besoins de structures adaptées vont augmenter de 30 à 50% d'ici à 2025, on continue de fermer des lits de soins de longue durée. L’auteur cité de nombreux exemples à l’appui.
A l'heure de l'hôpital-entreprise et de la tarification à l'activité qui selon le rapport du député UMP Flajolet, rappelle Christophe Trivalle a déjà aggravé les inégalités puisque l’objectif de rentabilité implique de faire sortir le plus rapidement possible (moins de 40 jours) les malades, qu’en sera-t-il des patients âgés atteints de la maladie d’Alzheimer dont la durée de séjour se compte en mois
Pour ces malades d’ailleurs selon que l’on considère qu’ils relèvent de la psychiatrie ou de la neurologie la tarification varie de 4800 à 7800 euros, indique-t-il.
L’hopital représente un milieu hostile pour les personnes âgées signale l’auteur. Elles encombrent. Lorsqu’elles sont admises, après souvent de longues heures passées aux Urgences et parquées sur des brancards, c’est au mieux dans un service inadapté à leur pathologie. « Au final beaucoup deviennent dépendants et ne récupèrent jamais, mais aussi, beaucoup de malades d écèdent dans des conditions très médiocres ». Christophe Trivalle se réfère sur ce point à la lette du 7 février 2009 du professeur Pfitzenmeyer au Président de la République qui dénonçait toute « l’inhumanité » de la situation.
Ces propos affligeant sont étayées de plaintes de familles de malades âgés, de bénévoles et de témoignages de soignants, les variables d’ajustement économiques, qui expriment leur honte. Leur ratio est le plus bas d’Europe. C’est dans les soins de longue durée qu’il était le plus élévé, justement là où, depuis 2006, le nombre de lits est réduit de façon drastique. Décision toutefois ralentie par la pétition « viellir digne » et l’association SOSLD du docteur Pradines à Albi.
La sous médicalisation des Ehpad –Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes- explique le transfert des malades aux Urgences. Mais le nom même de ces établissement est révélateur relève l’auteur qui, précisant le rôle des médecins coordinateur, indquei « ils ont beaucoup de responsabilités mais peu de marge de manœuvre pour les appliquer ».
« Cependant, même si on a tendance à traiter les vieux malades et dépendants comme des déchets, il reste très rentable de construire des maisons de retraite ». "Et les grands groupes privés qui possèdent 35% des capacités d'accueil l’ont compris".
Pour que cela change et que notre société moderne cesse d'exclure plus du quart de sa population, Christophe Trivalle suggère quelques pistes de réflexion. Des principes généraux, tout d'abord, puis des propositions concernant l'hopital, les institutions, les aides et les financements. Parmi les principes généraux, on relève notamment : "Une éducation civique, dès le plus jeune âge sur la richesse que représentent les personnes âgées".
Au sommaire
Le Docteur Christophe TRIVALLE est gériatre à l'Hôpital Paul Brousse (APHP) depuis 1997. Il y est responsable de l'unité Alzheimer et de l'unité
de Soins de longue durée. Il est également coordonnateur du Diplôme universitaire de Prévention du vieillissement pathologique à la Faculté de médecine Paris-Sud. Rédacteur en chef de la revue NPG (Neurologie-Psychiatrie- Gériatrie) il a dirigé l'ouvrage intitulé Gérontologie préventive.
Eléments de prévention du vieillissement pathologique dont la deuxième édition est parue en 2009.
Vieux et malade : la double peine !
de Christophe Trivalle ; 136 pages
Edition L'Harmattan Collection : La gérontologie en actes
Pour commander en ligne Vieux et malade : la double peine !
FG
mis à jour le 17/05/2010
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Vos réactions
2 réactions affichées dans cet article
Fredparis : Changer de regard
Un ouvrage pouvant contribuer à changer le regard sur la vieillesse qui touche tout le monde
le 11/05/2010 à 12:05
Commentaire modéré par l'administration du site 11/05/2010 à 12:05
Bernard Pradines : A lire
Un livre urgent à lire par ces temps où l'on peut déclarer impunément que les vieux devraient payer pour être soignés.
le 10/05/2010 à 21:05
Commentaire modéré par l'administration du site 11/05/2010 à 10:05
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