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Maltraitance
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A l'occasion de la journée mondiale sur la maltraitance Alma France*, organisait ce 15 juin une conférence débat "Maltraitance chacun peut être concerné". Regards croisés d'experts : psychologue, médecins, juriste.
L'occasion fait le larron. Le Professeur R. Moulias, gériatre, rappelle que l'isolement est naturellement un facteur à haut risque de maltraitance et évoque le confinement à domicile, dans un lit d'hopital, en prison ... Toutes les "petites" maltraitances ne sont pas nécessairement le fait de grands criminels mais celui de gens apparemment sans problèmes. Heureusement, précise-t-il la loi sanctionne plus lourdement les faits de maltraitance auprès de ces personnes plus vulnérables.
Au delà des "indélicatesses invisibles" dit-il, citant à titre d'exemples du temps de travail écorné, des travaux inachevés, bâclés, les surfacturations, les conseils intéressés, les vols intra-familiaux, le gros du bataillon des maltraitances relève de négligences, "heureusement plus accessibles à la prévention. Il s'agit de négligence par absence de conscience du besoin (cas de diagnostic non établi) ou d'ignorance du bon geste ou encore due à l'épuisement.
Les obstacles à la bientraitance indique R. Moulias sont en effet la routine, le travail en milieu fermé, les erreurs d'objectifs, la démotivation, le harcèlement, le manque de formation et .. les media.
Comment éviter à la victime d'être maltraitée ? poursuit le professeur Moulias qui distingue 3 types de victimes. Victimes de l'inconscience ; victimes de leur comportement (agressif, acariatre ou au contraire apatique) ; victimes du silence car "celui qui ne peut parler est transformé en objet".
La qualité des soins, la déontologie et la formation continue, la prise de conscience des besoins et de l’humanité de la personne qu’on aide même si elle ne peut parler, contribuent à la bientraitance.
Peut on définir la bientraitance ? Elle ne peut être qu’une finalité. Elle implique que la personne qui aide soit consciente de son rôle , soit compétente et expérimentée, qu’elle respecte la dignité de la personne dont elle s’occupe, qu’elle soit capable de réfléchir sur le sens de son action ou de son inaction, qu’elle soit consciente de ses limites et sache demander à ceux qui en savent plus, qu’elle soit capable de travailler collégialement, et qu’elle sache aussi se remettre en cause.
La bientraitance est ce qui permet de vivre peut être « dépendant mais avec dignité. La meilleure façon d’éviter qu’il y ait des victimes de maltraitance serait d’avoir des conduites de respect mutuel. Respect de la personne aidée, de l’aidant naturel, des personnels responsables, de la société.
Ecouter un extrait de l'intervention du Pr. R.Moulias
"Le droit pénal, dit le Pr. Veron, juriste-pénaliste à la Faculté de Droit Paris XIII, ne se leurre pas avec des formules imprécises mais incrimine des faits et sanctionne des personnes. Pour lutter, connaître sanctionner, il faut savoir. Mais comment si ceux qui savent ne disent rien ? Une série de textes oblige certaines catégories de personnes à parler mais une série de textes obligent à se taire".
Le code pénal ne parle pas de signalement mais de dénonciation et de délit de non dénonciation précise-t-il. Les médecins sont tenus au serment d'Hypocrate. Mais par ailleurs quiconque a connaissance de mauvais traitement est tenu de les dénoncer.
Des infractions ne sont punissables que si la victime est une personne vulnérable, si les actes sont commis par abus de faiblesse, "à l'insu de son plein gré" se plait à dire le Pr. Veron. La maltraitance est quelque chose de sous jacent à des actes d'une extrème diversité qui recouvre presque la totalité du code pénal. C'est un sujet d'une extrème complexité.
Ecouter un extrait de l'intervention du Pr. Véron
Sébastien Doutreligne, enfin a présenté Mobiqual, l'outil bientraitance élaboré par la société Française de gériatrie et de gérontologie -SFGG, qui vise à donner du sens aux pratiques professionnelles, valoriser le soin relationnel et faire converger les convictions de chacun vers une vision commune de la bientraitance.
S’appuyant sur les notions de lenteur, de fragilité, de frugalité et de disponibilité par lesquelles on définit les vieux, Geneviève Laroque, Présidente de la Fondation nationale de gérontologie, et Afbah, conclut cette conférence en disant que « le vieux » en situation de handicap plus ou moins lourd peut aussi devenir maltraitant totalement involontairement . Et, n’importe lequel d’entre nous peut se trouver en situation de vulnérabilité à un moment quelconque, pour une raison quelconque et être alors à la fois en situation de mal traitement et de maltraitance. « Ce nous oblige à nous regarder dans la glace peut être même avec un miroir grossissant pour pouvoir retirer les points noirs et les extirper. »
Ecouter la conclusion de Geneviève Laroque
* en coopération avec le laboratoire d'Ethique de l'Université Paris Descartes, l'Afbah, la FNG, la SFGG, la Solres
Des vidéos de la journée sont mises à disposition par l'ALMA à l'adresse : http://dl.free.fr/lobOcQIb2
FG
mis à jour le 25/06/2010
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