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Famille-Aidant
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Zoom sur l'association nationale des aidants, dont la nouvelle présidente est Florence Leduc
L'association s'est donnée deux missions d'ordre politique :
- porter une parole sur les aidants, sans les représenter, éviter que les aidants ne soient réduits à cette question de l'aide alors qu'ils restent citoyens; aider les personnes qui ont besoin d'aide pour qu'elles ne soient pas confondus avec leurs aidants.
- apporter un soutien plus concret dans les territores : développer des "cafés des aidants" avec des partenaires locaux
En savoir plus www.aidants.fr
Voir l'interview filmée de Florence Leduc
Chronique de Florence Leduc, du 4 octobre 2010
A l’initiative de la Secrétaire d’Etat aux Ainés, le 6 octobre prochain sera une journée réservée aux aidants.
Une journée, rien que pour eux, comme la journée des femmes, comme une fête, celle des grands mères, des pères ou des mères ; du coup, cela fera un doublon pour les mères et les grands mères ; car il se trouve qu’elles sont aussi des aidantes, une part réservée aux femmes.
Une journée de « célébration », une petite pensée pour ces presque 4 millions de personnes, d’hommes (un peu), de femmes (beaucoup) qui aident, c’est bien normal puisque on les appelle des aidants.
Mais qui sont les aidants ? En connaissez vous autour de vous amis, voisins ou familiers qui vous disent qu’il sont aidants ?
Pour la plupart d’entre eux, le 6 octobre, ils vont recevoir une bonne nouvelle, ils vont savoir qu’ils sont aidants, car s’ils sont ainsi nommé, notamment par le professionnels, les aidants ne se nomment pas en tous cas, pas ainsi ; il faut dire qu’il n’ont pas vraiment le temps d’y penser, car pendant ce temps, ils aident, dans un quotidien bien souvent très occupé, dans l’intimité des maisons ou des chambres, dans la sphère privée ;
alors pourquoi donc en faire une affaire publique ?
C’est que probablement, être, avoir été ou devenir aidant, cela concerne le plus grand nombre d’entre nous ; ça fait partie de la vie, des aléas de la vie, de cette vie qui ne nous annonce pas que de bonne nouvelles : la déficience du petit enfant à la naissance, la maladie chronique invalidante avec laquelle l’on vit de plus en plus longtemps, l’avancée en âge de l’adulte handicapé, l’accident de la route qui nous laisse la vie avec son lot d’incapacités, l’accident du travail, le grand âge lorsque parfois il est accompagné pour certaines personnes de déficiences ou d’incapacités ; en réalité, rien que du banal, rien que du quotidien, le quotidien de nos concitoyens, le nôtre aussi .
L’on dit parfois que c’est naturel d’être aidant, certains les appellent même des aidants naturels ; du reste, c’est décrété dans le code civil qui a érigé l’obligation alimentaire au nom des liens du sang. C’est aussi ancré dans l’engagement moral au sein d’un groupe familial ou amical, cela s’appelle aussi le devoir ou le sens du devoir ; on peut aussi le voir dans une histoire de don et de contre don, dans une volonté de soutenir l’autre dans son humanité, dans l’expérience du partage et de la réciprocité, du souci de l’autre aussi ; c’est aussi une manière de mettre en œuvre l’altérité dans un simple appel à l’autre.
Il s’agit donc essentiellement d’histoires privées, d’affaires privées, de relations interpersonnelles, de choix individuels (dans le meilleur des cas !).
Oui mais, lorsque autant de personnes sont concernée, lorsque l’on sait que parfois, que souvent, les aidants sont un peu plus isolés, un peu plus fatigués, un peu plus souffrants que le reste de la population, un peu moins enclins à s’occuper d’eux mêmes et de leur santé, de leurs relations sociales ou familiales, alors, il est bien normal qu’une société en fasse une question sociétale. Pas forcément un problème, dans cette tentation de tout transformer en problème, mais une question, pour de vrai qui concerne la sphère publique.
Alors, que faire ? aider les aidants comme l’on dit souvent !
Cela part d’une bonne intention, à condition que les aidant aient besoin d’aide, à condition aussi que l’on ne mette pas tous les aidants dans une même catégorie, à conditions que l’on prenne le temps de correctement identifier la situation de chacun pour apporter une réponse individuelle .
Mais avant, bien avant d’aider les aidants, il faut tout d’abord aider les personnes en difficulté de vie, concernées par la maladie ou la situation de handicap et leur apporter une juste aide, dans tous les registres requis : celui du soins en ayant un juste recours au système de santé, fait de diagnostics et des traitements appropriés ; celui de l’aide aussi, avec les dimensions de l’accompagnement dans le respect des attentes et des besoins des personnes concernées ;
et ensuite, les besoins des uns étant aussi légitimes que les besoins des autres, apporter une aide aux aidants, par rapport à leurs propres besoins ou attentes, en étant vigilants pour ne pas entrer dans la confusion des places et des paroles, en étant vigilant aussi à de pas confisquer la parole, ni des uns, ni des autres .
Aider les aidants …
C’est aussi penser une place qui ne soit pas réduite à la position d’aidant, c’est permettre de ne pas entrer dans la confusion des liens :
- en permettant à une personne aidante de rester à la personne qu’elle aide ce qu’elle est initialement pour elle ; une fille, un époux, un père ou un mère doivent pouvoir conserver à l’autre ce lien qui les unit initialement ; une fille ne peut pas être pour son père le médecin, l’infirmière, l’aide soignante et l’auxiliaire de vie réunies ! elle doit pouvoir rester fille, aidante certes, concernée, mise à contribution aussi, mais fille !
- en permettant à une personne aidante de conserver son lien initial à la société en restant aussi,( même en réaménageant sa vie pendant le temps de l’aide) un travailleur, un militant, un danseur, un parent ou un grand parent, un passionné de cinéma ou de la vie tout court !
Aider les aidants, c’est les re-connaître dans leur place, leur juste place, ni héros, ni martyr, juste comme un humain considéré et accompagné dans cette belle aventure d’humanité.
Florence Leduc est Présidente de l’Association Française les AIDANTS
Elle est aussi directrice du secteur formation et de la vie associative à la FEHAP (fédération des établissements hospitaliers et d'aide à la personne, à but non lucratif)
Florence Leduc
mis à jour le 11/10/2010
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Vos réactions
1 réaction affichée dans cet article
Une Famille : Aides aux aidants
Certes, il faut aider les malades et les handicapés eux-mêmes. Certes, il y a "aidant" et aidant : celui de courte durée et je dirai l'accompagnant au "long cours". Ces derniers sont, à mon sens, des "fourmis" de l'ombre qui ont grand besoin d'être aidés et reconnus dans une relation de partenariat triangulaire ( malade ou handicapé/ accompagnant/professionnel). Ils pallient le manque de professionnels et de structures permettant ainsi aux pouvoirs publics de faire "une sacrée économie financière " cela au détriment de leur qualité de vie, de leur santé voire de leur vie tout court. Certains accompagnants de personne atteinte de la maladie d'Alzheimer partent avant leur proche, notamment dans les couples. Les témoignages ( tous aidants confondus) sur le forum dédié à la préparation de cette journée en sont une belle illustration. Cela dit, sans dégagement de moyens financiers, les attentes et les besoins exprimés risquent fort de ressembler à des listes à un "Père Noël" dont la hotte est vide....
le 04/10/2010 à 19:10
Commentaire modéré par l'administration du site 05/10/2010 à 09:10
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