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Au lendemain de la publication du rapport du Médiateur de la République sur la maltraitance financière des plus âgés, souvent à domicile, la question de la place, du statut de la personne qui avance en âge, comme citoyen à part entière est réinterrogée. La question de la/des "maltraitance(s)" aussi.
Au coeur de la question, les moyens alloués (ou non) pour un prendre soin de qualité (taux d'encadrement, formations des personnels, qualifications, temps d'échanges sur les pratiques quotidiennes...). En parallèle des futurs indicateurs de qualité de l'ANESM, des indicateurs opposables de moyens sont aussi attendus.
L'association AVVEC qui allie les directeurs d'établissement (AD-PA) et la fédération des associations de familles (FNAPAEF) parle de "maltraitance budgétaire" quand les pouvoirs publics qui connaissent les difficultés de terrain ne répondent pas en terme de postes, de moyens.
Je fais un parallèle entre cette situation et la fronde actuelle des professionnels de la justice.
Mais chacun sait que pour un même taux d'encadrement, des crédits identiques, selon le management, la culture d'un établissement, d'un service, des situations de maltraitances sont plus ou moins fréquentes.
Les services d'aides à domicile continuent eux-aussi d'appeler au secours quant à leur situation financière : ils ont formé, qualifié, encadré leurs équipes, déployé des démarches qualité, mais ne sont plus financés par leurs tutelles elles-même exsangues. Ils assistent impuissants à des plans d'aides qui diminuent auprès de personnes de plus en plus fragiles. Ou le recours aux professionnels non-déclarés (crainte à nouveau formulée par l'Unccas).
Prendre soin de personnes vulnérables expose à des risques de maltraitances. Le 3977, numéro d'appel national, explose dès qu'une campagne de communication rappelle son existence.
L'expérience d'ALMA (Allo Maltraitance personnes âgées), d'AFBAH devenue HABEO montrent que les situations de maltraitance ne sont pas une fatalité.
Il s'agit de partager une culture, une éthique, une vigilance, individuelle et collective, pour que la fatigue, les négligences, les épuisements des uns et des autres, le manque de repères... ne dégénèrent.
L'affirmation de valeurs (dignité, citoyenneté, liberté, autonomie de la personne fragilisée, malade, qui reste maître de ses envies, ses désirs, jusqu'au bout) se décline en une démarche éthique (voir les travaux du EREMA pour l'accompagnement des personnes malades Alzheimer), appuyée par des "règles de l'art" connues, assumées (individuellement) et partagées (collectivement).
L'enjeu est d'éviter le grand écart entre les valeurs affichées et les pratiques quotidiennes.
L'enjeu est de se doter des repères, règles, indicateurs, outils, démarches... qui vont permettre d'expliquer et partager la nécessité de moyens au regard d'un prendre soin de qualité.
AdV
mis à jour le 14/02/2011
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