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L'évaluation de la situation de la personne ayant besoin d'aides est vraiment une des clés des débats qui s'ouvrent aujourd'hui.
Entre les grilles des uns (APA/Aggir) et celles des autres (assurances dépendances/AVQ-AIVQ), les citoyens ont le droit d'être perdus.
La CNSA (caisse nationale de solidarité pour l'autonomie) avance 12 propositions pour un "partenariat public-privé pour l'évaluation des situations de perte d'autonomie des personnes âgées".
Elle recommande un "glossaire commun pour décrire les situations de perte d'autonomie" et un "recueil d'information qui portera au moins sur les cinq activités de la vie quotidienne (l'habillage, la toilette, les transferts, l'alimentation, les déplacements à l'intérieur du lieu de vie)".
Mais elle ne nous indique toujours pas quel recueil privilégier.
Les limites des grilles : déclencher une prestation (APA, Assurance), des crédits.
La grille AGGIR permet d'accéder à l'APA (aide personnalisée à l'autonomie). Portée notamment par le Dr Vetel, elle est issue de l'ancienne démarche Géronte. Elle a ses faiblesses, pointées notamment dans le rapport Colvez, particulièrement quand il s'agit d'évaluer les situations complexes, les conséquences de maladies neuro-dégénératives.
Selon les situations des financeurs, selon la formation des évaluateurs, des écarts de "girage" existent.
Le département de la Dordogne complète AGGIR avec le SMAF (système de mesure de l'autonomie fonctionnelle), venu du Québec, jugé plus détaillé, plus fiable, notamment pour les personnes en GIR 4, selon le sénateur Cazeau. Le SMAF est testé actuellement dans une majorité de MAIA (Maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades d’Alzheimer).
Pour mesurer la charge en soin (et les crédits afférants), le législateur a introduit le modèle PATHOS utilisé par les équipes soignantes en EHPAD (Etablissement pour personnes âgées dépendantes) et demain en SSIAD (services de soins infirmiers à domicile).
De leur côté, les assureurs tablent sur des grilles appelées AVQ (activités de la vie quotidienne comme se laver, s'habiller, se nourrir, aller aux toilettes et contrôler ses sphincters) et aussi les AIVQ (activités instrumentales comme utiliser le téléphone, faire ses courses, préparer le repas, faire le ménage ou la lessive, utiliser les moyens de transports, prendre des médicaments, tenir son budget) pour déclencher, ou non, la rente.
Mais de quelle évaluation parle-t-on ?
Prendre en compte la parole de la personne fragilisée, ses envies, ses besoins, analyser son environnement, le soutien de son entourage, exige du temps, des compétences, des référentiels "multi-dimensionnels".
En France, on connaît mieux le SMAF, cité plus haut et utilisé pour l'étude PRISMA, que le RAI (Résident Assessment Instrument) pourtant implanté dans 30 pays et décliné pour les résidents en établissement et à domicile. Il est lui aussi en test dans quelques MAIA.
L'UNA avait déployé sa démarche DESIR, qui cherchait tout particulièrement à enregistrer la parole de la personne évaluée à leur domicile.
La CNSA a analysé début 2010 le GEVA : Guide d'évaluation des besoins de compensation des personnes handicapées utilisé notamment par les professionnels des MDPH.
Des évaluations, pour quoi faire ?
Sont-elles utiles, partagées, mises à jour ? Aujourd'hui, il n'est pas rare qu'une personne réponde aux même questions des évaluateurs des clic, des services du conseil général pour l'APA, du ou des services d'aides à domicile auxquels elle a fait appel, de la CRAM/CNAV...
Sans oublier le très attendu DMP : dossier médical personnalisé.
Et encore un point : évaluer qui, quoi ?
Aujourd'hui, en gérontologie, on évalue surtout les "incapacités" des personnes aidées, acueillies. Rapidement la personne peut être réduite à son Gir, sa maladie. Comment évaluer l'autonomie fonctionnelle, le fait de rester un "homme debout jusqu'au bout", en projets ? Comment la partager avec la personne elle-même, ses proches, les différents professionnels ?
Entre l'efficacité d'une grille rapide, l'évaluation multidimensionnelle partagée, et la vision des personnes qui vieillissent (debout) dans des milieux de vie, les débats vont aller bon train !
A suivre
Annie de Vivie, fondatrice d'Agevillage/Agevillagepro.com
mis à jour le 01/03/2011
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