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Lune de miel, récit de vie par François Cavanna


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Lune de MIel de François CavannaUn récit acidulé où les mots s'empoignent, se renversent, se culbutent, insolents.

François Cavanna dans Lune de miel joue avec le langage, les humeurs et bien sûr on y retrouve son humour caustique. Il partage des tranches de vie : la période du STO en Allemagne, sa rencontre avec un elfe de 18 ans sur le pont de Millau ou encore sa collaboration avec Choron. Chaque description est comme un indice, une virgule, une pièce d'un puzzle gigantesque dont l'illustration finale se dessine délicatement, doucement.

Puis vient Melle Parkinson. "Entrée furtive dans ma vie", à quatre-vingt berges. "Peut-être quatre-vingt-deux ou trois." "Quand je compris que c'était elle qui serrait ma main droite dans ses petits doigts glacés, ses petits doigts d'os et qui interdisait à ma main de m'obéir, quand je compris que c'en était fini de ma grande belle écriture sauvage, quand j'en vins enfin à comprendre que ma vie basculait cul par-dessus tête, je ne sais pas si mes cheveux se dressèrent sur mon crâne, mais s'ils ne le firent pas là ils ne le feront jamais".

D'allers en retours, d'avancées en reculs historiques, il livre de furtives informations par petites touches illustrées. Des images si criantes de vérité que la maladie s'infiltre dans nos veines, notre chair, nos nerfs, les recoins de notre cerveau. "Vous la sentez parce que ça vous fait très mal (...). Elle se déplace à l'intérieur de moi comme une dormeuse qui se retourne. Et bien, ça me déséquilibre. Je me casse la gueule à droite, à gauche, en avant, en arrière, sans que rien l'ait fait prévoir".

Si le combat est rude et semble parfois désespéré, François Cavanna offre ici un magnifique témoignage, vivant et  habité. "Tant que je pourrai écrire une ligne, je serai présent parmi les vivants. Elle ne m'aura pas".

Lune de miel, de François Cavanna
Editions Gallimard (1 février 2011)
18,50 €, 279 pages

Pour commander en ligne Lune de miel


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Vos réactions

xtiane

09/03/2011 09:03

un compagnon de route


il ne le sait pas, mais depuis "les ritals", Cavanna est un compagnon de ma route, si les livres sont des compagnons. Toujours émue, puisant dans chacun de ses livres un peu plus d'humanité, jamais déçue, je vais lire celui là aussi.



Emmanuelle

08/03/2011 00:03

Très douloureux


Je ne peux encore lire ce livre car mon père vient de mourir du Parkinson et je compatis avec la douleur de François Cavanna, car à l'inverse des malades d'Alzheimer ou assimilés ils gardent leur lucidité, leur notion du temps et de l'espace et souffrent d'autant plus. Merci pour ce témoignage et dès que la douleur sera moins vive je lirai son ouvrage très émouvant.




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