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Comment expliquer que des établissements et services dédiés aux personnes âgées n'arrivent pas à recruter ?
Comment expliquer que les écoles d'infirmiers et celles d'aides soignants (IFSI, IFAS) aient des milliers de places vacantes ?
Comment expliquer que les professionnels de la gériatrie aient tant de mal à parler de leur métier, à en être fiers ?
Souvent les réponses sont dans la question. Mais se pose-t-on les bonnes questions ?
Quels regards portons-nous sur ces métiers, ces services, ces lieux, les personnes qui y sont aidées ?
Lors du dernier débat sur la "dépendance" à Paris ce 27 mai, le sociologue Bernard Ennuyer, pendant longtemps directeur d'un service d'aide à domicile, insiste : "notre société a encore un regard déficitaire, catastrophiste sur la vieillesse."
Face au vide, la réponse se sur-médicalise.
Qui écoute la personne concernée, ses envies, ses projets, ses envies ?
Les pouvoirs publics mobilisent des moyens pour renforcer les équipes dans les établissements et services (et parfois les resserent cf. la dernière circulaire budgétaire et la convergence budgétaire). Faut-il encore que les postes budgétés soient pourvus.
Et pourtant
Accompagner les personnes qui vont mourir est aussi beau, émouvant, (sacré pour certains) que d'accompagner les personnes qui naissent. Ces deux moments clés de la vie nécessitent des savoirs, des savoir faire, des aides professionnelles et techniques.
Nous sommes loin d'être capables de partager les plaisirs que l'on peut rencontrer à travailler dans ces services dynamiques, vivants, motivants, ces milieux de vie, comme en témoigne le livre "je vous trouve si belles".
Oser regarder, oser parler des difficultés rencontrées, celles des professionnels (fatigue, épuisement, soins difficiles...), des personnes aidées, des aidants.
Oser parler aussi des plaisirs ressentis.
Oser, inventer... il va nous falloir collectivement prendre conscience des réalités et avancer.
Nous attendons les premiers travaux du plan des métiers du grand âge, lancé il y a trois ans, par Valérie Létard dans 3 régions pilotes.
Vaste travail.
Annie de Vivie, fondatrice d'Agevillage.com
mis à jour le 31/05/2011
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Vos réactions
3 réactions affichées dans cet article
Amandine : Humanitude
Bonjour, Je suis auxiliaire de vies sociale depuis 10 un peu plus de dix ans et quand je vois comment on nous demande de travail et les évolutions très lentes que nous connaissons puis toutes les difficultés ces dernières années pour conserver nos emplois, j'ai bien souvent envie de tout lâcher, les conditions de travail sont difficiles, les salaires sont bas, les amplitudes horaires sont de 11h00... J'ai choisi mon métier mais il devient urgent de changer nos conditions de travail, cela ma parait tellement évident que je ne comprends pas pourquoi cela est si long à se mettre en place. On nous disait que le secteur de l'aide à domicile était un métier d'avenir, très bien. Alors qu'on nous le démontre!!
le 16/07/2011 à 18:07
Commentaire modéré par l'administration du site 25/07/2011 à 13:07
moise : ou se former à la gériaterie
ou se former aux métiers de la gériatrie dans l'Oise ? merci de vos conseils
le 01/07/2011 à 18:07
Commentaire modéré par l'administration du site 04/07/2011 à 09:07
louis83150 : social contre médical?
Je suis tout à fait d'accord que la réaction de la société et des intervenants professionnels sanitaires et sociaux est (trop) tardive et timide. Il faut développer des actions de sensibilisation et d'accompagnement bien en amont des premiers signes de réduction de l'autonomie et de vie sociale. Comment? En proposant une vraie action sociale promotionnelle. C'est à dire favoriser toutes démarches qui visent à éduquer et soutenir les personnes qui vieillissent, ou leurs proches, pour qu'elles anticipent et prévoient les meilleurs conditions de vie matérielles, psychoaffectives, relationnelles et citoyennes. Cela est un vrai travail social de prévention dévolue à des professionnels spécialisés. Donc le curatif aux sanitaires et le préventif aux travailleurs sociaux. Je suis assistant de service social et je viens de créer une activité d'assistance aux particuliers pour aller au devant et au domicile des personnes vieillissantes, isolées et souvent désemparées face aux besoins divers auxquels, dans leur entourage institutionnel ou amical, personne ne semble prêt à répondre.
le 31/05/2011 à 01:05
Commentaire modéré par l'administration du site 31/05/2011 à 09:05
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