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L' actualité du secteur des services d'aides et de soins à domicile interroge : souhaite-t-on ou non professionnaliser ce secteur ?
D'un côté la convention collective de branche (CBB) qui a mis 10 ans à se négocier entre employeurs associatifs et syndicats de salariés, est enfin agréée et étendue. Elle va permettre aux 210 000 salariés des services associatifs de bénéficier de primes de dimanches revalorisées (pour mieux garantir un service 7 jours sur 7), un encadrement renforcé et des heures de réunions (pour éviter l'isolement des salariés d'un domicile à l'autre), une offre de prévoyance obligatoire (pour améliorer l'accès aux soins de ces travailleurs salariés souvent précaires et pauvres).
Cette convention collective devient opposable aux financeurs... exsangues.
Par ailleurs, en parallèle de la démarche d'autorisation, un nouveau cahier des charges impose les conditions pour obtenir l'agrément qualité permettant aux opérateurs de s'adresser aux publics fragiles (enfants de moins de trois ans, personnes âgées fragilisées). A nouveau, des obligations de moyens sont posées, obligations qui ont un coût... dont il faudra bien trouver le financement.
De leur coté, les entreprises de service à domicile, qui se sont multipliées avec les plans Borloo, militent pour ne pas être discriminées dans les politiques publiques locales. Elles revendiquent la qualité de leurs prestations... pour des publics solvables.
Les différents acteurs (publics, associatifs, privés commerciaux) se retrouvent sur la question de la solvabilité de leurs services. Les besoins d'aides ne sont pas suffisamment couvert par les aides de la CNAV pour les moins fragilisées, par l'APA (aide personnalisée d'autonomie). Les aides sociales, fiscales octroyées sont aujourd'hui revues par les pouvoirs publics exsangues.
Les services associatifs qui s'adressent aux publics non-solvables, inaccessibles (domiciles isolés), compliqués (poly-pathologies) souffrent particulièrement de cette impasse financière.
Ils ont investi le champ de la professionnalisation de leurs salariés suivant la dynamique de la loi du 2 janvier 2002 notamment.
Ils ont déployé des démarches qualité pour améliorer le service rendu aux populations fragilisées. Leurs coûts de revient ont augmenté, au moment où s'aggravait la tension sur les finances des collectivités locales et des caisses des services d'Etat. Plus de 10 000 emplois ont déjà été supprimé en 2011 dans certains réseaux, alors que le besoin d'aide ne fait qu'augmenter (vieillissement de la population, situations complexes...
Notre pays se donne bonne conscience en imposant une meilleure professionnalisation des salariés, des démarches qualité au regard de publics fragiles, vulnérables.
Mais les moyens ne suivent pas.
Si des gains de productivité et d'efficience sont à trouver (mutualisations, groupements de coopération, labellisation des services, optimisation des filières de l'évaluation, aux plans d'aides et leurs coordination), il n'est pas sûr qu'ils soient suffisants pour financer l'augmentation des salaires, des conditions de travail de ces salariés de l'aide à domicile.
Dernière péripétie pour ces services à domicile mis à mal : l'accès au fond d'urgence de 50 millions d'euros annoncé par Roselyne Bachelot-Narquin et ramené à 25 millions en 2012 et 25 millons en 2013. La circulaire qui doit permettre d'obtenir ces fonds n'est pas encore publiée officiellement ce 9 janvier mais elle annonce que les dossiers argumentés et conséquents devront être envoyés aux ARS (Agences régionales de santé) au plus tard le 20 janvier !
Veut-on vraiment aider ces services ?
Annie de Vivie, fondatrice d'Agevillage.com
mis à jour le 09/01/2012
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Vos réactions
2 réactions affichées dans cet article
chris : Une catastrophe sanitaire se prépare
l'organisation des soins à domicile est extrêmement complexe: elle juxtapose une offre de soins verticale, ssiad, had et une autre horizontale, les infirmiers libéraux, dont la mission auprès des plus âgés a été complètement mise de côté depuis 10 ans alors qu'elle aurait due être adaptée aux réalités. Les auxiliaires de vie sont effectivement mal informées et formées et ne sont en mesure de faire face en matière de prévention des risques encourus par une population de plus en plus vulnérable. Elles ne sont pas en mesure non plus de comprendre les besoins réels des personnes. Car il est bien évident qu'un plan Apa suivi d'un plan d'aide ne peut en aucun cas répondre à l'ensemble de ces besoins. Ils apportent une réponse minimale. Enfin les infirmières libérales se consacrent de plus en plus essentiellemnt aux soins techniques et n'ont plus, pour beaucoup, les réflexes des plus âgées assurant une prise en charge globale, beaucoup plus proche des réalités et surtout assurant une bonne prévention des risques liés à l'état médical, vous l'avez de plus en plus complexe, exigeant une compétence clinique extrêmement fine,ainsi qu'à la situation sociale, matérielle et humaine. Je trouve grave cet irréalisme politique à ce sujet. L'intégrité morale des infirmières libérales est menacé. On ne peut pas accepter que 77 000 infirmières libérales travaillant sur le territoire ne soient pas missionnées pour apporter leur contribution, leur engagement,leur compétences afin de protéger les plus vulnérables, de "superviser", contribuer à informer et former, dans les situations ou un syndrome de fragilité est diagnostiqué, les auxiliaire de vie. L'organisation des soins est donc très aléatoire, manque d'homogénéité, de bon sens. Combien d'infirmières libérales connaissent le guide de bonne pratique sur la bientraitance? Pardonnez moi d'insister en tant qu'ex libérale sur cette béance dans notre système de soins, la menace qui pèse sur l'intégrité morale de ma profession. Personnes âgées, aidants naturels, auxiliaires ou aide ménagére, ma profession doit relever le défi du domicile et affirmer sa présence..
le 11/01/2012 à 00:01
Commentaire modéré par l'administration du site 11/01/2012 à 09:01
Modigliani22 : Bien d\'accord
Une excellente synthèse de la situation de ces acteurs de terrain si indispensables que ceux du domicile : on peut également ajouter Que la politique de diminution des "durées moyennes de séjour" a pour effet le renvoi prématuré des personnes fragiles à domicile. Que l'HAD, d'accès étroit , ne souvent peut pas être mis en place. On peut encore dire que dans le contexte de désertification des professions soignantes, l'aide à domicile intervient dans des situations de plus complexes, précaires, difficile. Le manque d'infirmiers libéraux et les réticences (ou manque de place) des SSIAD et des centres de soin ont pour conséquence le report sur l'aide à domicile de soins à la marge des compétences actuelles des services. Ceci est vrai notamment pour le secteur rural. Nous pourrions enfin évoquer le fractionnement des "plan d'aide APA" à la demi heure voire au quart d'heure. Épuisant pour les personnels (toujours en milieu rural), l'aide à domicile parcourt beaucoup de kilomètres : il est vrai qu'il existe encore des services où les temps et dépenses de transport ne sont encore pas indemnisés.. Ce fractionnement est inquiétant tant elle témoignent d'une évolution "rationnelle-budgétaire". Nos vieux sont désormais découpés en rondelles de besoins élémentaire et bénéficient de "passages" pour changement de protection, mise au lit, préparation( réchauffage) du repas "porté" par un service extérieur, mois coûteux que le temps de l'aide à domicile. On se demande bien comment cette nouvelle convention collective pourra être mise en oeuvre. On s'interroge sur une vision en contradiction avec les discours en vigueur sur la qualité de vie, la bientraitance, les "principes éthiques...pour des plans d'aide éthiques... En attendant, les salariés de ce secteurs jouent un rôle considérable auprès de nos aînés et de nos proches handicapés. En général avec coeur et compassion, et il est évident qu'elles ont tout à gagner à croître en compétences et à bénéficier de temps collectifs de partage et d'analyse de leurs pratique.... Bonne année quand même, Marie
le 09/01/2012 à 22:01
Commentaire modéré par l'administration du site 10/01/2012 à 09:01
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