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Prendre soin de nos aînés c'est déjà prendre soin de nous par Pascal Champvert


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Prendre soin de nos aînés c'est déjà prendre soin de nousPascal Champvert est le président de l'AD-PA (Association des directeurs au service des personnes âgées). Il dirige des établissements d'hébergement pour personnes âgées "dépendantes" (EHPAD) et des services à d'aide et de soin à domicile.
Militant, impliqué sur les questions politiques, les enjeux de l'aide à l'autonomie, il interpelle régulièrement les pouvoirs publics. Il se fait le porte parole des familles, des personnes âgées et des professionnels brimés par les arbitrages budgétaires.
Un de ses crédos : "Les besoins des personnes âgées sont couverts à moitié", selon la Cour des Comptes (rapport 2005).
Son ouvrage ouvre sur des enjeux collectifs mais aussi individuels : Changer la société, c'est d'abord agir sur soi-même.
Trois questions à Pascal Champvert.

Agevillage : Pourquoi cet ouvrage aujourd'hui ?
Pascal Champvert :
Il est le fruit d'une rencontre avec l'auteur Edouard de Hennezel qui m'a permis de rassembler mes discours, notes et interviews en un essai structuré.
L'ouvrage vise à interpeler les politiques, les décideurs politiques, à la veille d'une échéance présidentielle mais aussi à faire réfléchir tout à chacun sur son rapport au vieillissement.
Je rappelle les enjeux démographiques, économiques, éthiques, la chance de vieillir (et donc de grandir), le fait que la vieillesse est une des étapes de la vie avec ses qualités et ses défauts, comme les autres moments. Que tout être humain reste digne, quel que soit son état de santé, sa maladie, sa faiblesse, même si cela fait eur. (cf page 98  "le déni de mort qui est devenu moins fort que le déni de fragilité").
Je souligne à nouveau les besoins de nouveaux services, les manques de temps (pour soi, pour les autres, pour les professionnels), les manques de financements, les attentes des différentes parties prenantes (personnes âgées, aidants, acteurs de terrain) pour un prendre soin de qualité, jusqu'au bout.

Agevillage : Mais votre discours s'enrichit par une interpellation de chacun de vos lecteurs
Pascal Champvert
: en effet Changer la société, c'est d'abord agir sur soi-même. Je poursuis mon engagement associatif et collectif (voir sa récente prise de position pour le livret "Investir sur la solidarité"), mais est-ce ma toute récente formation de coach, je la complète d'une réflexion plus personnelle, plus impliquante, car chacun d'entre nous fait société. Penser que l'autre (ici le vieux, là le jeune, la femme, l'immigré...) est un autre, différent, qu'il ne nous enrichit pas, est mortifère. Pour faire évoluer les décisions politiques, il faut une prise de conscience sociétale, individuelle et collective.
Je propose donc en conclusion de l'ouvrage, un exercice pratique pour changer le regard sur l'âge : commençons par nous interroger nous-même sur notre regard sur l'âge.
Engageons nous à
- pacifier notre propre rapport à l'âge, à notre vieillissement;
- changer notre vocabulaire quant on parle de l'âge (paraître "encore jeune") ou des vieilles personnes (bannir les mots "dépendant" ou"légume"), éviter de parler à leur place, rechercher leur consentement
- participer à des actions collectives en faveur de la prise de conscience du vieillissement, comme une chance.

Agevillage : vous parlez de coaching pour accompagner la dernière partie de la vie
Pascal Champvert  : le coaching professionnel, personnel voire familial peut être pourquoi pas, une voie nouvelle, à l'occasion de crises particulières comme celle de l'arrivée de la fragilité, de la maladie... dans la vieillesse. Le coach va aider chaque personne à se poser, s'interroger sur cette "crise existentielle" de la vieillesse, trouver des réponses (en lui, avec ses proches). Le coaching est une intervention plus légère, par la forme et la durée, qu'un travail thérapeutique.
En raison de nombreuses fragilités, d'un lourd besoin d'aide, il va s'agir de passer un contrat entre la personne âgée, ses proches, les professionnels pour que les uns et les autres s'engagent en "connaissance de cause", en osant poser les limites.

Prendre soin de nos aînés, c'est déjà prendre soin de nous
Pascal Champvert
Aux éditions Carnet Nord / Montparnasse
144 pages
12 euros
Sortie en librairie le 2 février 2012.
Pour commander en ligne Prendre soin de nos aînés, c'est déjà prendre soin de nous


mis à jour le



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Vos réactions

Une famille

18/01/2012 12:01

Coaching.....


Un coaching pourquoi pas ? Pour les professionnels du soin et du prendre soins cela peut être dans le cadre de la formation continue. Mais pour le malade et ses proches "aidants" à moins que cela ne soit peut-être dans cadre des soins palliatifs, le "coût financier" direct et indirect ( transport etc..) va être entièrement à leur charge. Il me semble que c'est aussi le cas pour des appels à des psychologues hors établissements, alors le coaching familial..... Cela sans compter que dans certaines maladies à des stades sévères, les malades ne sont plus en état de participer et dans ce cas "l'aidant familial" doit en plus payer un professionnel le temps de son absence.




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