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Les médicaments qui altèrent la sexualité des patients sont nombreux

En parler pour éviter l'arrêt du traitement


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Nombre de médicaments ont des répercussions sur la fonction sexuelle du patient. Leur effet est plus ou moins connu des prescripteurs, comme des patients. Les urologues recommandent de bien connaître ces effets secondaires afin d’en parler avec le patient, pour éviter l’abandon spontané d’un traitement, avec les conséquences que l’on imagine sur la santé. 

Les principales classes de médicaments qui peuvent induire des effets sexuels sont : 
 
Les anti-hypertenseurs : le trouble sexuel associé est la dysfonction érectile, qui concernerait entre 0 et 25 % des hommes traités. L’analyse de la littérature montre que seuls les diurétiques thiazidiques accroissent de manière significative le risque de dysfonction érectile (multipliée par deux, par rapport au placebo).L’effet nocebo (connaître les effets secondaires d'un médicament rend malade) est ici fréquent.
 
Les traitements de l’hypertrophie bénigne de la prostate : si les alpha1-bloquants n’altèrent pas la libido, certains d’entre eux peuvent être à l’origine de troubles de l’éjaculation (jusqu’à 28 % pour la silodosine), essentiellement des anéjaculations, réversibles à l’arrêt du traitement. Les inhibiteurs de la 5 alpha réductase (finastéride, dutastéride) sont quant à eux responsables de troubles de l’éjaculation (de 2,1 à 7,7 %), de dysfonction érectile (de 4,9 à 18,8 %) et d’une diminution de la libido (de 3,1 à 5,4 %). La combinaison des 2 traitements augmente les effets secondaires.
 
Les plantes (pygeanum africanum ou serenoa repens) n’ont pas d’incidence sur la sexualité.
 
Les traitements du cancer de la prostate : si la majorité des hommes sous castration chimique rapportent une baisse de  leur libido, la littérature n’établit pas de corrélation systématique entre taux de testostérone et activité sexuelle, sauf lorsque la testostérone est très diminuée.
 
Les médicaments d’action centrale : parmi les antidépresseurs, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) sont à l’origine d’effets secondaires sexuels, la sérotonine ayant une influence inhibitrice sur les fonctions sexuelles féminines et masculines. L’incidence de ces effets secondaires sexuels, de toute nature, de ces médicaments est importante (59,1 % selon une étude espagnole portant sur 1022 sujets traités par ISRS.
 
Les neuroleptiques comportent aussi des effets secondaires sexuels importants : dysfonction érectile chez l’homme, troubles du désir ou de la lubrification chez la femme. Mais ces symptômes peuvent aussi être attribués à la maladie psychotique traitée. Les neuroleptiques qui n’élèvent pas la prolactinémie entraînent moins d’effets secondaires sexuels (de 16 à 27 %). 
 
Les  anti-épileptiques peuvent entraîner une diminution ou une perte du désir sexuel, et/ou d’excitabilité, voire une anorgasmie. Les antiparkinsoniens à l’action dopaminergique sont parfois à l’origine d’une désinhibition voire d’une hypersexualité, nécessitant une révision de la posologie.
 
Enfin, les  antalgiques de niveau 3 (analgésiques opiacés ou opioïdes) sont parfois responsables d’une diminution du désir.
 
D’autres classes de médicaments peuvent avoir des effets sur la fonction sexuelle : tramadol sur l’éjaculation, traitements du cancer du sein chez la femme.


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