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Edito : très chères maisons de retraite


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Annie de VivieElles sont chères, nous le savons, vous le savez, chers lecteurs.

Combien de résidents et leurs proches repoussent l'entrée en ehpad (quitte à épuiser l'aide à domicile) ou décident de quitter leur maison de retraite faute de pouvoir continuer de payer les 2200 euros mensuels (en moyenne en France selon une étude de l'IGAS) alors que les retraites plafonnent à 1200 euros ? Le mouvement risque de s'accroître dans les années à venir.
La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a donné un avertissement à 180 Ehpad sur 311 visités concernant leurs contrats, la lisibilité de leur prix...

Sachant que les tarifs des maisons de retraite ne sont pas d'une simplicité redoutable (tarif hébergement / tarif dépendance /tarif soin), Jean-Marc Borello, le fondateur du groupe SOS (économie sociale et solidaire) s'étonne que rien ne change.
Il remarque que les établissements les plus chers (majoritairement privés commerciaux) ne remplissent plus aussi facilement leurs chambres.

Quant aux maisons de retraite habilitées à l'aide sociale, elles ont des listes d'attente qui s'allongent et doivent quémander des subventions pour prendre soin dignement de leurs résidents.
Cet entrepreneur du social suggère de fonctionner comme avec les enfants en crèche : la même prestation offerte à tous mais un paiement selon les revenus des personnes accueillies. Surtout pas de maison de retraite à bas coûts (low-cost) qui réduiraient leurs prestations sans tenir compte des besoins.

L'enjeu est aussi sur le regard que l'on porte sur les établissements.

Pourquoi parle-t-on toujours de "placement" ?
Combien de professionnels sont prêts à proposer à leur parent de venir finir leur jour dans l'établissement ? Combien de professionnels hurlent dans le vide leur épuisement face aux injonctions contradictoires : qualité versus tensions budgétaires, liberté versus sécurité, prime à la grabatisation ?
Pourquoi tant de familles, de voisins, d'élus savent que le prendre soin de certains établissement laisse à désirer mais n'agissent pas ?

Nous militons chez Agevillage pour que la parole des personnes accueillies soient écoutée et entendue via le développement des conseils de la vie sociale (CVS). Notre "boîte à outils des CVS" est à votre disposition. La Fédération des associations de familles et personnes âgées (FNAPAEF) cherche à organiser des formations pour créer, animer, faire vivre ces CVS. En Essonne, le conseil général soutient les CVS du département.

En tant que résident, famille, vous pouvez donner votre avis sur votre maison de retraite dans notre annuaire en ligne. Des professionnels utilisent ce service comme un "questionnaire de satisfaction". Oser parler, libérer la parole. Mais sans intimidations, pressions... quitte à réflechir aux recours en cas de conflits. Sans oublier la valorisation que nous ferons de toutes les démarches qualité, label, comme le label Humanitude dont nous sommes particulièrement proche. L'idée : avoir plus à gagner d'y entrer que de rester chez soi.

Peut-être que les maisons de retraite nous deviendront chères quand elles seront investies par les médias, les artistes, avec humour et légèreté (comme Rémi Gaillard).

Pour aller plus loin et découvrir d'autres initiatives : Festival de films de maisons de retraite : des images qui interpellent et émeuvent


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