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Dans nos sociétés où tout change rapidement, les pratiques funéraires aussi évoluent. La diminution des pratiques religieuses, entre autres raisons, bouleversent peu à peu la cérémonie mortuaire. 80 % des décès passent par un lieu de culte alors que seuls 18 % des Français sont pratiquants. L'église est choisie pour son caractère rituel, rassurant, réconfortant.
Selon une récente étude du Crédoc « les Français délèguent de moins en moins l’organisation de leurs funérailles », non seulement financièrement, mais en réglant jusqu’aux moindres détails de la cérémonie. En 2005, 35 % des plus de 40 ans avaient laissé des instructions concernant le déroulement de leurs futures obsèques, ou envisageaient de le faire ; ils sont 41 % cette année.
Les « contrat obsèques » auprès d’entreprise funéraire ou de compagnie d’assurance permettent d’avancer les frais de son enterrement et d’organiser la cérémonie. Les plus de 70 ans, notamment optent pour cette formule.
« Ne pas être une charge financière pour ses enfants » est la motivation de 58 % des personnes interrogées. La crémation est aujourd’hui envisagée (41 %, 50% dans les grandes villes) plutôt que de l’inhumation (39 %). Mais paradoxalement, parallèlement, à ce comportement soucieux de ne pas déranger on peut entrevoir aussi un souci plus personnel : s’assurer du respect de ses propres volontés.
La créativité des entreprises funéraires depuis une dizaine d'année ne cesse de croitre. En France, ailleurs en europe mais surtout aux Etats-Unis l'imagination est sans limite...Cercueils en forme de guitare, de chausson de ballerine, de chaussure de foot, de skate-board, oeuf en bois pour être enterré en position foetale ; sans oblier bien sûr la transformation des cendres en bijoux de famille. Une entreprise texane propose à ses clients d'envoyer quelques grammes de leurs cendres dans l'espace et envisage même de satelliser des cercueils autour du soleil. D'après elle, vers 2012, près de dix mille funérailles spatiales seront organisées chaque année. Les européens visent moins haut. On peut ainsi se rendre au cimetière en side-car, disperser les cendres depuis une montgolfière ou lors d'un feu d'artifice.
D'une manière générale, "Les mises en scène de soi sont assez rares" selon Bérangère Véron, chercheuse à l'Observatoire sociologique du changement. La plupart des gens ne souhaite pas rompre avec "ce qui se fait d'habitude". A Paris, chacun s'organise selon ses normes et ses rites.
La prédominance culturelle. Si les parisiens sont plutôt sobres, les portugais ou les espagnols préfèrent les cercueils en bois précieux, verni avec poignées dorées. Les protestants préfèrent la boîte à dons aux couronnes de fleurs. Les musulmans demandent à être enterrés tournés vers la Mecque. Les bouddhistes consacrent une journée entière à la cérémonie, de l'aube au crépuscule. Les juifs rigoristes foncent pour inhumer le plus vite possible le défunt. Les entreprises funéraires s'adaptent.
Prendre soin de ses morts, c'est concevoir l'existance d'un au-delà, c'est envisager la vie comme un simple passage ... Les comportements religieux découlent de là. Pour découvrir les rites dans le monde : cliquez ici
FG
mis à jour le 27/10/2009
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