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Rompre les cercles vicieux du discours familial


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Les parents refusent souvent deprendre en considération les handicaps de leur âge et tentent de pérenniser leur mode de vie par tous les moyens. Et qui songerait à le leur reprocher ? Le changement dû au grand âge est rarement vécu comme une chose positive. Alors, la peur d'être abandonné, le refus de vieillir, la crainte de voir sa situation se détériorer peut les pousser à utiliser certains subterfuges.

La " manipulation " ou le " chantage " affectif font partie de leurs moyens d'actions au même titre que l'amour qu'ils nous portent. Il n'y a pas à s'en étonner, il faut faire avec... et tenter de rompre les cercles vicieux.

 

Petits rituels du "théâtre" familial 

  • Dissimuler ses difficultés : Une mère délirante peut dissimuler ses hallucinations aux psychiatres pour les réserver à ses enfants, un père peut dissimuler des chutes à répétition  pour éviter d'inquiéter sa famille....
  • Exagérer ses difficultés : Se plaindre pour susciter l'attention des enfants...
  • Pratiquer l'égocentrisme : Chantage à l'unité familiale, "si vous ne faites pas ceci ou celà, c'est que vous ne m'aimez pas..
  • Diviser pour régner ? : Jouer un enfant contre un autre...
  • Devenir l'enfant de son enfant : La culpabilité de ne pas en faire assez...
  • Chantage affectif : Les mères abusives n'ont pas d'âge...
  • Se dénigrer pour provoquer la compassion : Mais non, mais non..., mais si, mais si.
  • Régner par la terreur "Fais ceci !!! Fais cela !!! je suis ton père, tu me le dois..."
 
AUTRES EXEMPLES
Alexandre C., 91 ans

"Chacun me dit que je devrais aller dans une maison de retraite,. Mais en quoi ai-je besoin d'une maison de retraite ? Je vais bien, j'aime mon vieil appartement. J'ai de bons enfants - nous sommes une famille très unie - et ils sont heureux de me donner un petit coup de main de tempsen temps. " Alexandre C. se garde bien de définir la nature du " petit coup demain ", ni la fréquence du " temps en temps ". Tous les jours, Emilie, 50 ans,passe voir si son père a pris son déjeuner et n'a pas mis le feu à l'appartement. Francine, 49 ans, sa seconde fille, s'occupe de toutes les courses et du nettoyage. Pierre, 47 ans, passe faire du bricolage et supervise la préparation du dîner. En sus, une infirmière vient matin et soir faire la toilette et procéder aux cérémonies du lever et du coucher. Tous les enfants paraissent excédés de cette contrainte quotidienne qui est accrue le samedi et le dimanche. Mais nul n'ose rompre le contrat moral qui lie ensemble tous les membres d'une famillequi se veut solidaire.

 

Jeanne R., fille unique, 50 ans

Certains enfants adultes sont consumésde culpabilité à l'idée qu'ils n'en font pas assez. Jeanne R., fille unique, a50 ans. Outre son travail de documentaliste, elle fait chaque jour les coursespour sa mère, passe le matin l'embrasser et le soir lui préparer à dîner. Jeanne est hantée par la conviction dévorante qu'elle devrait en faire plus. Elle aime sa frêle mère de 80 ans et lui est reconnaissante des sacrifices qu'elle a consentis pour son éducation. Jeanne croit au mythe du " remboursement total " et aimerait rendre à sa mère l'ensemble des bienfaits qu'elle estime lui devoir. De son côté, la mère de Jeanne n'arrête pas de faire valoir qu'elle est de plus en plus âgée et de moins en moins résistante au plan physique comme au plan émotionnel. Jeanne, faut-il s'en étonner, est légèrement dépressive...

 

Léonard S., enseignant, 47 ans

Léonard doit quotidiennement affronter une mère qui "a compris que j'avais besoin de vivre avec l'idée que je suis un bon fils. Alors, elle en profite. Pour elle je n'en fais jamais assez, je ne lui prête pas assez d'attention, je ne m'occupe pas assez d'elle... bref, je ne l'aime pas vraiment ". Léonard appelle sa mère tous les jours mais, régulièrement, celle-ci lui laisse entendre que "s'il l'aimait vraiment ", il lui rendrait visite plus souvent. Quand elle voit "ce que les autres enfants font pour ses amies, elle n'a vraiment pas de chance ", affirme la mère de Léonard. Pareilles critiques provoquent l'agacement filial mais sans pousser à la révolte. En revanche, la femme de Léonard ne supporte pas que cette vieille femme lui vole son mari, ce qui place ce fils attentif et ce mari aimant au centre d'un terrible conflit. Sa femme d'un côté, sa mère de l'autre.

 

Corinne A. :
"Mon grand-père (94 ans) souffre de "démence sénile". Il rend la vie de mes parents impossible en en se montrant terriblement autoritaire. Il leur manque de respect, exige d'eux qu'ils soient hyper disponibles et se fait passer pour un malheureux, quand à bout de nerfs, ma mère refuse d'être menée à la baguette par son beau-père. Il est vrai que mon père a un mal fou à réagir, trop peiné par l'attitude de son père, qui le traite comme un enfant et a oublié tout le dévouement dont il a fait preuve. Résultat: mes parents sont très tendus à l'idée de la moindre rencontre. Leur appréhension va jusqu'à les empêcher de dormir. "  



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