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Famille et maltraitance

L'académie de médecine s'inquiète des mauvais traitements domestiques


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L'aggravation de la situation en matière de Les violences familiales touchent femmes, enfants et personnes âgées et se généralisent, s’alarme l'Académie nationale de médecine, qui a consacré sa séance hebdomadaire du mardi 4 juin à ce fléau

Les maltraitances envers les personnes âgées

"La famille, loin d'être cet espace protégé, privilégié et heureux qu'il devrait être, est paradoxalement le lieu où s'observent les violences les plus fréquentes, sinon les plus graves, envers les êtres les plus faibles, qu'ils'agisse des femmes, des enfants ou des personnes âgées", a indiqué le 2 juin, le professeur Roger Henrion, membre de l'Académie de médecine et auteur d'un rapport sur les femmes victimes de violences conjugales publié en 2001."Récemment s'est développée une nouvelle forme de violence : celle d'enfants ou d'adolescents vis-à-vis d'un membre de leur famille, le plus souvent la mère. Manque de respect, arrogance, insultes, menaces puis agressions, le mineurdevient peu à peu un véritable tyran", souligne le Pr Henrion."Les maltraitances envers les personnes âgées deviennent préoccupantes en raison du vieillissement de la population. Négligence passive ou plus rarement active, détournement d'argent ou violences physiques caractérisées sont en constante progression", déplore-t-il.Les violences en privé, fréquemment dissimulées, ne sont pas un phénomène réservé à des couches de population défavorisées, avertit le Pr Henrion ensoulignant l'"aggravation de la situation".Dans les pays industrialisés, selon plusieurs enquêtes nationales, une femme sur cinq est victime de violences conjugales au moins une fois dans sa vie. "Les femmes enceintes ne sont pas épargnées. Des violences conjugales sont observées, dans tous les pays industrialisés, au cours de 4% à 8% des grossesses", relève le Dr Jacques Lebas (Institut Humanitaire, Paris) d'après une étude de Marie-Josèphe Saurel-Cubizolles (Inserm) de 1997.

Sévices

Source de lésions, d'isolement et de dépression, et d'une augmentation des dépenses de santé, cette violence domestique peut aussi entraîner la mort : "sur un échantillon de 441 cas en 7 ans, 31% des homicides de femmes reçus àl'Institut médico-légal de Paris sont perpétrés par le mari de la femme, 20% par son partenaire sexuel et dans seulement 15% des cas, le meurtrier est inconnu de la victime", note le Dr Cécile Morvant (Inserm)."Ces chiffres sont très proches des statistiques nord-américaines, où 40% à60% des meurtres de femmes sont perpétrés par leur partenaire masculin", notent les Drs Lebas et Morvant. Mais "la mortalité totale liée à ces violences reste inconnue dans la plupart des pays : à ces décès par homicide il faudrait, en effet, ajouter les décès par suicide des femmes victimes et la mortalité maternelle associée aux violences faites aux femmes enceintes", selon eux.<



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