Ils sont près de deux millions, âgés de 20 à 59 ans, à vivre à domicile, et à avoir un taux d'invalidité ou d'incapacité reconnu par une instance administrative : la moitié d'entre eux a un taux d'incapacité déterminé par une Commission technique d'orientation et de reclassement professionnel (COTOREP), dont environ un quart le cumule avec une catégorie d'invalidité déterminée par la Sécurité sociale.Cette catégorie d'invalidité concerne plus d'un tiers de ces adultes handicapés. Ces deux millions d'adultes handicapés sont âgés, en moyenne, de 44 ans et 60% d'entre eux sont des hommes. Plus de 90% d'entre eux déclarent des déficiences motrices, sensorielles, intellectuelles ou mentales. Ils indiquent, en moyenne, 2,4 déficiences, 10% d'entre eux en déclarant 4 ou plus.La moitié de ces adultes handicapés (53%) citent une déficience motrice, associée ou non à d'autres types de déficiences. 28% déclarent au moins une déficience psychique relevant de retards ou de pertes de fonctions intellectuelles supérieures.
Les ascendants qui aident un proche handicapé sont en quasi-totalité des femmes. Leur âge moyen est de 63 ans. L'enfant ou le petit-enfant handicapé aidé est, quant à lui, âgé de 35 ans en moyenne. 81% d'entre eux cohabitent avec leurs ascendants, qui sont aidants depuis en moyenne vingt-sept ans.Les personnes aidées par leurs ascendants souffrent à 70% d’une déficience du psychisme. Et près d'un tiers d'entre elles sont placées sous régime de protection juridique. Les trois cinquièmes de ces adultes aidés par leurs parents ou leurs grands-parents sont inactifs. Parmi eux, 41% ont déjà exercé une activité professionnelle et 6 sur 10 disent avoir dû l’interrompre pour des raisons de santé ou d'invalidité. Près de 90% de ceux qui n'ont jamais eu d'activité professionnelle l'expliquent par leurs problèmes de santé.Les personnes handicapées aidées par leurs ascendants le sont le plus souvent pour les tâches ménagères. Gérer le budget, accompagner la personne aidée chez le médecin, faire les courses, défendre les droits et intérêts de la personne sont les autres activités que les ascendants réalisent le plus fréquemment.Plus de 4 ascendants sur 10 sont l'unique aidant qui intervient auprès de leur enfant ou petit enfant handicapé. Ils réalisent un nombre de tâches plus important que quand d'autres aidants interviennent aussi (8 activités contre 7) et l'aide qu'ils fournissent n'est pas la même.Les ascendants âgés de moins de 65 ans sont 36% à avoir une occupation professionnelle et déclarent, pour plus de la moitié d'entre eux, qu'ils ont aménagé leur activité professionnelle en raison de l'aide qu'ils prodiguent à leur enfant.
Si les ascendants et les conjoints de la personne aidée sont aussi nombreux à considérer que leur rôle d'aidant a, à la fois, des conséquences positives et négatives sur leur situation personnelle, en revanche, les ascendants y voient beaucoup plus fréquemment des conséquences exclusivement négatives (35% contre 17% des conjoints). À l'inverse, les conjoints déclarent beaucoup plus souvent que ce rôle n'a pas d'incidence (45% d'entre eux contre 21% des ascendants).Fatigue morale, stress, anxiété sont les principales conséquences négatives associées au rôle d'aidant (9 cas sur 10). La fatigue physique vient ensuite, mentionnée dans 6 cas sur 10.Parmi les aidants qui déclarent que ce rôle a pour eux des conséquences positives, 6 sur 10 affirment avoir acquis davantage de force de caractère, de patience et de tolérance, et 5 sur 10 ressentent un sentiment de satisfaction. Les ascendants de la personne aidée déclarent plus fréquemment avoir acquis davantage de force de caractère que les personnes qui aident leur conjoint (environ 8 fois sur 10 contre 5 fois sur 10).
Y.M.
mis à jour le 02/09/2002
Retour vers la liste des articles pour le dossier : Archives - Actualités